Membre de France active, Essonne active est la branche départementale de ce réseau financeur solidaire. En 10 ans, l’économie sociale et solidaire a fait ses preuves en Essonne. Gérard Lejeune, le président d’Essonne Active, dira dans son discours d’ouverture « la force des projets » portés depuis la naissance du dispositif. Et en 10 ans, les projets soutenus par ct acteur de la finance solidaire ont été aussi nombreux que différents, dans des domaines aussi variés que l’écologie, la solidarité, la création… Selon les chiffres de la structure, près de 700 d’entre eux ont été accompagnés, soit financièrement, soit professionnellement. Le réseau d’Essonne Active explique également avoir été à l’origine de 6000 emplois dans le département. Et depuis 2010, 177 entrepreneurs essonniens ont bénéficié des services de la structure essonnienne (lire notre article).

« Entreprendre pour transformer la société »

La soirée a été l’occasion de revenir sur l’action de l’association essonnienne, en donnant aussi la parole à ses partenaires. Christian Sautter, président de France Active et chantre de la finance solidaire, résume l’objectif de son réseau : « Nous avons tous la vision d’une société en progrès. » Car la finance solidaire, dans les faits, peut prendre plusieurs formes. Ce soir-là, tous ses aspects ont été passés en revue : accompagnement dans les quartiers « politique de la ville », les appels à projets du département pour les bénéficiaires du RSA, la place des femmes très importante dans l’économie sociale et solidaire… « [L’économie sociale et solidaire] est une manière de lever tous les freins, indique ainsi Marc Benadon, de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte). Dans une période où l’emploi se raréfie, on a besoin de toutes les structures qui puissent être dans le mouvement, d’où la notion d’ « active ». »

Jeudi soir, donc, Essonne Active fêtait ses 10 ans en grande pompe. En plus des élus et du préfet à l’égalité des chances, les organisateurs de l’événement ont souhaité présenter au public un certain nombre de créateurs de projets et d’entrepreneurs qui ont été accompagnés par la structure. Parmi eux, Anne Charpy, fondatrice de Voisins malins, un dispositif solidaire dans les quartiers populaires de l’Essonne. Dans une ancienne vie, Anne Charpy était à la tête du GIP de la rénovation urbaine de Viry-Grigny. A la suite d’un voyage au Chili, elle abandonne son métier et soutenue par le financeur local, elle met en place son réseau de voisins solidaires. Le métier qu’elle a ainsi inventé est celui du service et de l’information au niveau de l’immeuble ou de la cage d’escalier. Les « voisins malins » font le relai des institutions comme le bailleur, EDF ou la commune, et constituent de véritables réseaux d’habitants qui participent à la vie des quartiers populaires.

D’autres porteurs de projets témoigneront de leur accompagnement ce soir là, comme Guillaume Boulier, qui œuvre avec « Soliha Aif Idf » contre le mal logement. Les financements lui ont permis de regrouper plusieurs associations oeuvrant dans la lutte contre l’habitat indigne, et ainsi de répondre de manière plus efficace à la demande de résorption de logements dégradés, là où se déroulent notamment des opérations de rénovation urbaine. Des centaines de milliers d’euros levés à travers les différents mécanismes de prêts de France Active, qui s’appuie pour cela sur les épargnants qui placent leur argent dans divers mécanismes d’épargne solidaire (assurances vie, livrets).

Mais la soirée a également mis à l’honneur des créateurs de projets plus modestes, que nous rencontrons soir-là. Adrien Petra, créateur de « Classic vintage France », à Étampes, en fait partie. Son projet ? L’achat et la revente d’objets anciens. « Ça faisait dix ans que je voulais me mettre à mon compte, explique-t-il. Orienté vers Essonne Active par sa banque, il a pu créer sa boutique et honore aujourd’hui ses premières commandes. « Après le passage de mon projet devant une commission, j’ai pu monter mon entreprise en six mois. Le passage entre la décision et la concrétisation a été très rapide. Je commence à avoir de gros clients ! Vu comment ça se développe, je vais pouvoir employer des gens. » Sa boutique située à Etampes attire ainsi un public spécialisé.

Les 10 ans d'Essonne active à Evry. Adrien, entrepreneur. (MH/EI)

Les 10 ans d’Essonne active à Evry. Adrien, entrepreneur. (MH/EI)

Annick Andrianjafy, quant à elle, est à l’origine de « Autour des mets », un service de traiteur qu’elle a réalisé en 2013 avec le soutien d’Essonne Active. « Mais c’est un projet que j’avais depuis très longtemps, nous raconte-t-elle. Traiteur malgache et français, Annick a désormais son laboratoire de cuisine. Elle propose ses plats sur les marchés de Brétigny et de Morsang-sur-Orge. « Ça marche, mais il faut laisser le temps au temps ! »

Les 10 ans d'Essonne active à Evry. Annick, traiteur. (MH/EI)

Les 10 ans d’Essonne active à Evry. Annick, traiteur. (MH/EI)

De la cuisine à l’écologie, il n’y a qu’un pas. Dans le domaine de l’écologie, ce sont les « Isabelle » qui nous relatent à leur tour leur aventure. Ces « recycleuses de matière » dont l’atelier est basé à Saint-Jean de Beauregard récupèrent récupèrent papiers et bâches en fin de vie pour en faire des supports de communication et des cabas. « Ce qu’on appelle l’économie circulaire, expliquent-elles. Nous y travaillons depuis quatre ans, et Essonne Active parraine notre projet. On est de plus en plus sollicitées sur le département. Dans notre activité, la dimension locale fait sens ! »

Les 10 ans d'Essonne active à Evry. Isabelle et Isabelle, créatrices. (MH/EI)

Les 10 ans d’Essonne active à Evry. Isabelle et Isabelle, créatrices. (MH/EI)