Qui se rappelle aujourd’hui de celui qu’on surnommait jadis le Maréchal de Fer ? Qui se souvient de cet homme qui a marqué de son empreinte l’Histoire de France, mais aussi celle d’une commune du département ? Visiblement, peu de monde. Pourtant, son nom est sans doute familier à plusieurs centaines de Saviniens, vu que l’une des plus grandes places de Savigny porte aujourd’hui encore son nom. Cette personne, c’est le maréchal Louis Nicolas Davout.

D’abord engagé dans l’armée aux côtés de l’Empereur Napoléon Ier comme maréchal d’Empire, ce dernier a aussi énormément compté pour sa ville d’adoption. Une ville qui porte encore aujourd’hui la trace de son passage, lui qui y a vécu pendant près de 25 ans et dont il a été maire.

Dans le cadre des Journées du Patrimoine, le petit musée consacré à sa personne va notamment ouvrir ses portes au public. L’occasion pour nous de revenir sur le parcours de ce grand homme de Savigny.

Le Maréchal de Fer

Avant de rejoindre la commune de Savigny-sur-Orge, c’est sur les champs de bataille que Louis Nicolas Davout s’est illustré. Né en Bourgogne en 1770, celui-ci va rapidement embrasser une carrière militaire, d’abord dans l’armée de l’Ancien Régime avant de se ranger sous les ordres d’un certain général Bonaparte à la fin du XVIIIe siècle. L’une de ses premières campagnes napoléoniennes va être la très célèbre campagne d’Egypte entre 1798 et 1801. C’est d’ailleurs peu de temps après son retour en France qu’il s’installe à Savigny en 1802, au sein du domaine qui est aujourd’hui devenu le lycée Corot. Quasiment au même moment, il est élevé au rang de général durant cette campagne, avant de devenir maréchal d’Empire en 1804. C’est là que commence sa légende, celle d’un homme qui va rester invaincu sur le terrain militaire.

Les dernières épaulettes de maréchal de France, datant de la Restauration (JL/EI)

Les dernières épaulettes de maréchal de France, datant de la Restauration (JL/EI)

Après avoir participé avec brio à la batille d’Ulm et d’Austerlitz, cette série de victoires va prendre de la hauteur en 1806 avec la bataille d’Auerstaedt. Lors de cette dernière qui se déroule le même jour que la fameuse bataille de Iéna, ce tacticien hors pair met en déroute l’armée prussienne, pourtant deux fois plus nombreuse que les troupes françaises. En reconnaissance de cette bataille héroïque, l’Empereur le fait Duc d’Auerstaedt. « C’est pourquoi en 2006, pour fêter le bicentenaire de cette bataille que les communes de Savigny et d’Auerstaedt ont signé une déclaration d’amitié », explique-t-on à la direction du musée.

S’en suivent de nombreuses campagnes se terminant toutes par des succès. Il se distingue ainsi sur les champs de bataille de Ratisbonne, Wagram ou Eckmühl face aux Autrichiens. Suite à cet énième succès, Davout est nommé prince d’Eckmühl. Au sein du musée de Savigny, une superbe statue de bronze est là pour rappeler ce moment.

Alors que l’Empire chancèle suite à la retraite de Russie en 1812, il assure en partie le commandement de l’arrière garde de l’armée avec un certain succès. La seule chose qu’il perd finalement, n’est autre que son bâton de maréchal d’Empire. Un bien que l’armée russe a d’ailleurs conservé. « Dans la fin des années 1950, début des années 1960, quand la municipalité de Savigny était communiste, le maire de l’époque avait fait un courrier à Nikita Khrouchtchev en personne pour faire en sorte qu’il redonne le bâton de Davout à la commune, relate-t-on à la direction du musée. Mais la réponse ne fut pas celle attendue. Khrouchtchev répondit que c’était un butin de guerre et qu’il ne le renverrait pas. A la place, il a envoyé une gravure sur papier représentant le bâton ». Si cette dernière est aujourd’hui visible au musée, le vrai bâton, lui, est exposé au musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg.

Derniers grands faits d’armes en 1813, suite aux défaites de ses collègues et de Napoléon lui-même, il doit se replier dans le secteur militaire de Hambourg qu’il fait fortifier. Assiégé pendant près d’un an par les Russes notamment, le maréchal s’est finalement rendu au Roi de France Louis XVIII, revenu sur le devant de la scène après le premier exil de Napoléon à Elbe. Ainsi, ce maréchal pourtant moins connu que Ney, Masséna, Lannes ou Bernadotte reste néanmoins le seul maréchal d’Empire invaincu, ce qui lui vaudra donc son surnom de Maréchal de Fer.

Le « grand homme » de Savigny

Après la période des Cent Jours en 1815 où il occupe le poste de Ministre de la Guerre, il se retire sur ses terres saviniennes après la défaite de Waterloo. « Il va véritablement devenir le grand homme de Savigny à ce moment-là », affirme-t-on au musée. En effet, c’est à l’obstination de sa famille, notamment de sa femme et son fils que les Saviniens doivent aujourd’hui le passage de la voie ferrée et la présence de la gare en centre-ville notamment. Idem, sa femme, Aimée Leclerc, va notamment être à l’origine de la construction la première école pour filles de la commune, l’école Joséphine, et également la mairie-école-presbytère devenue aujourd’hui l’école d’arts plastiques de la ville. Attaché à sa commune, plus qu’aux cérémonies de la capitale ou autres, il va d’ailleurs devenir maire de Savigny de 1822 à sa mort un an plus tard.

Le musée de Savigny ouvre ses portes ce samedi 17 septembre (JL/EI)

Le musée de Savigny ouvre ses portes ce samedi 17 septembre (JL/EI)

Ainsi, le petit musée du maréchal Davout retrace la vie de cet homme tant sur le champ de bataille que sur son lien particulier qu’il entretient avec Savigny. Ce samedi, dans le cadre des Journées du Patrimoine, le musée ouvre exceptionnellement ses portes aux visiteurs de 8h30 à 18h. Les autres jours de l’année, le musée est ouvert sur rendez-vous aux horaires d’ouverture de la mairie.