C’est à la fête de l’Humanité, qui a eu lieu le week-end dernier au parc départemental de la Courneuve, que l’adjoint au maire de Grigny en charge de la culture et de la formation professionnelle, a officialisé son engagement au sein de la « France insoumise », le mouvement de soutien pour la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon. Pascal Troadec y participait dans le cadre d’un débat organisé sur le stand du PG, le parti de l’ancien sénateur de l’Essonne, sur la thématique des « radicalités concrètes pour les élus insoumis ». L’élu grignois s’est investi sur la question des quartiers populaires dans le début de campagne, afin dit-il que « les idées portées par les dirigeants d’associations, culturelles, sportives, et militantes atterrissent dans un programme ».

Il a ainsi participé cet été à la caravane des insoumis, qui a parcouru le pays pour promouvoir l’inscription sur les listes électorales dans les quartiers. C’est ainsi pour lui « une continuation » de son engagement de s’impliquer aujourd’hui dans le coeur de la campagne de Jean-Luc Mélenchon. Celui qui a réalisé 11% des suffrages au premier tour de la présidentielle 2012 possède selon Pascal Troadec « une opportunité de faire entendre la voix des quartiers, pour créer des contre-feux au climat ambiant ». Et si il connaissait déjà le candidat déclaré « depuis longtemps », il le suit particulièrement cette année car dorénavant « il joue dans la cour des grands ».

Cette annonce ne manquera en tout cas pas d’avoir des répercussions à l’échelle locale. Le maire de Grigny (PCF), Philippe Rio, défend également pour sa part les quartiers populaires, mais n’est pas encore encore impliqué dans la présidentielle. « On a une seule chose à dire, Grigny est à un virage déterminant pour l’avenir, tout le monde est mobilisé pour ce cap » réagit-on ainsi dans l’entourage du maire, en ne préférant pas commenter l’information. Du côté du PS, on est cependant plus prolix. L’élu grignois et secrétaire de section Saïd Laatiriss juge ainsi que Pascal Troadec a « encore tourné sa veste, depuis 1995, rose, vert, rouge, Pdg (Parti des Grignois), rose, rouge, ça fait une dizaine de fois qu’il tourne sa veste au gré du vent, au niveau local comme au niveau national ». Puis saignant, n’hésite pas à le qualifier de « girouette », en regrettant « une nouvelle fois que son intérêt personnel prime sur l’intérêt collectif ». Une procédure disciplinaire pourrait avoir lieu pour l’élu, qui se sait en sursis au niveau de son parti : « ils vont sûrement m’exclure. Je n’ai pas envie d’abandonner le parti, mais je sais que c’est un positionnement invivable ».