Réunions en série en ce mois de juillet et début août à la préfecture de l’Essonne, en vue de préparer la rentrée et le renforcement du dispositif Vigipirate sur l’Essonne. L’Etat entend impliquer un maximum d’acteurs dans la lutte anti-terroriste, à commencer par les maires, que la préfète Josiane Chevalier a réuni lundi matin en présence des directions de la Police et de la Gendarmerie en Essonne. Villes, Education nationale, mais aussi centres commerciaux, grands services publics, établissements culturels, bailleurs sont appelés à prendre toute leur place dans la « co-production » de sécurité publique telle que voulue par la préfète.

Foires commerciales, forums des associations, brocantes ou encore fêtes de rentrée sont particulièrement concernées par les mesures qui vont être prises d’ici septembre. « On est passés à la vitesse supérieure » assure le directeur de la sûreté publique de l’Essonne Luc-Didier Mazoyer, qui annonce que chaque événement verra « l’étude de la configuration des lieux » et impliquera les communes comme les organisateurs : « il pourra par exemple faire ouvrir les sacs ». A partir de 1500 personnes, toute manifestation nécessitera une réunion en préfecture. Mais pas question pour la préfète de mettre un terme à certaines événements : « nous ne sommes pas favorables aux annulations, nous avons un message d’union et nous ne voulons pas tomber dans le piège de la division ».

La coopération entre les différents services sera « renforcée » indiquent les services du préfet, qui ont demandé à chaque maire de signaler « en amont » tous les rassemblements prévus. « Même si on a conscience que le risque zéro n’existe pas, on veut diffuser la culture de la vigilance, c’est un changement radical de culture » prévient le DDSP. Pour le colonel Michelet de la gendarmerie, il s’agit « d’adapter le dispositif de sécurité à la menace » et de bénéficier d’une meilleure « capacité de réaction » en cas d’attaque. Tandis que les forces de l’ordre organisent également des opérations de barrages routiers sur les axes essonniens (lire notre article), les lieux d’accueil du public sont appelés à se former face aux éventuelles menaces.

Dans les établissements scolaires, les personnels se verront proposés à la rentrée des formations sur le risque terroriste, et les enfants auront droit à des « exercices pédagogiques » dont le but sera de les préparer en cas d’attaque, « sans les apeurer » tient à rassurer Béatrice Pili de la direction académique de l’Essonne. Le département va également continuer à bénéficier de deux compagnies militaires du dispositif Sentinelle, pour un total de 200 hommes mobilisés.