Le Grand stade de rugby à Ris-Orangis verra-t-il le jour? Le projet porté par la Fédération française de rugby (FFR) et fortement soutenu par les collectivités locales essonniennes, pourrait aboutir à l’horizon 2021, avec la sortie de terre de ce qui pourrait être la plus grande enceinte sportive de France, avec 82 000 places et un toit rétractable. Estimé à 600 millions d’euros, ce projet de stade fait l’objet de toutes les attentions de la part de l’Etat, qui s’est engagé à hauteur de plusieurs dizaines de millions d’euros à travers la Caisse des dépôts et consignations.

La signature du contrat constructeur fin juin avec le groupement Ibelys marque un pas supplémentaire dans l’avènement du projet. Côté financement, la FFR doit apporter 200 M€ de fonds propres afin de lancer un emprunt. Le sujet est également devenu l’un des points de cristallisation de la campagne des instances de la FFR. Pierre Camou concourt à un troisième mandat, et trouvera comme concurrent, notamment, l’ancien sélectionneur national et ministre Bernard Laporte. Ce dernier déclare vouloir remettre en cause le projet, alors que Serge Blanco, soutien de la candidature Camou, défend la pertinence du Grand stade pour le rugby français (lire notre article).

C’est maintenant au tour de Pierre Camou de sortir du silence, avec une interview au journal sportif L’Equipe, publiée samedi 30 juillet. Il y évoque les différents chantiers du rugby français, du XV à l’organisation du championnat, en passant évidement par la campagne fédérale, et le point central du projet de Grand stade. D’ici à l’élection du nouveau président par l’AG de la FFR le 3 décembre prochain, l’actuel président entend défendre son bilan, comme l’installation du CNR à Marcoussis, « un investissement de 15 million d’euros totalement réussi » selon lui, mais aussi convaincre sur le cap à suivre.

Revenant sur les critiques à l’encontre du projet, notamment le rapport de la Cour des comptes plutôt critique sur le modèle économique et ses répercussions sur le Stade de France (lire notre article – abonnés), Pierre Camou se veut au contraire confiant : « la Banque de France vient de nous accorder la note de crédit 3, l’une des meilleures cotations ». Il justifie la cohérence du projet dans le cadre du développement du rugby français et ses 1900 clubs, plaidant : « cette ambition n’est pas pour moi, mais pour les générations futures » et assure que la décision finale reviendra à l’assemblée générale des clubs « et uniquement si un bouclage financier sain a été fait ».

Questionné d’ailleurs sur le montage financier, le président de la FFR livre un point d’étape sur la recherche des 200 millions d’euros nécessaires pour constituer les fonds propres du projet. « Si le tour de table était bouclé, ce serait beaucoup plus simple, or je n’ai jamais dit qu’il l’était. On est à 85%, il manque donc 15% », indique-t-il, précisant sur ses objectifs vouloir « un maximum de fonds propres pour diminuer l’emprunt au maximum ». Pierre Camou termine en parlant de « l’audace » qu’ont eu les nations britanniques en se dotant de leur propre stade de rugby, « pourquoi la France, avec ses 66 millions d’habitants, ne le pourrait pas? » se demande-t-il.