Si la chaleur de l’été était attendue avec impatience après des semaines de pluie et de météo capricieuse, un élément estival, lui, était à redouter : le moustique. Et particulièrement le moustique tigre, reconnaissable à sa bande dorsale blanche. Responsable de la transmission de plusieurs maladies (chikungunya, dengue, zika), il constitue également une menace pour la biodiversité. En septembre 2015, l’un de ces individus avait été trouvé par un particulier dans notre département, et rapidement confié à l’Agence régionale de santé (ARS). Depuis, le phénomène n’a encore pas fait sa réapparition en Essonne. Mais il reste sous étroite surveillance par l’ARS, le Département et les services de l’Etat. Jointe par Essonne Info, l’ARS explique : « Dans le cadre du plan national de lutte contre les maladies transmises par Aedes albopictus, il existe un dispositif de surveillance de ce moustique sur l’ensemble du territoire national ainsi qu’un dispositif de surveillance des pathologies dans le cadre du dispositif des maladies à déclaration obligatoire. »

Pour l’instant, l’Essonne est au niveau d’alerte 0. Il est toutefois possible que notre département passe au niveau 0b, c’est-à-dire « interception ponctuelle du « moustique tigre », dont l’installation a pu être évitée ».

« L’ARS a disposé des pièges-pondoirs (des seaux d’eau stagnante pour étudier l’apparition du moustique tigre, ndlr) et du côté du Département, on suit le phénomène avec attention », précise Marie-Claude Bonnin, directrice de l’Environnement au Département. « Ils peuvent apparaître cette année ou dans deux ans, pour l’instant nous n’en savons rien. »

L’Essonne compte également mettre en place des actions collectives avec les services de l’Etat et les autres départements d’Ile-de-France, notamment le Val-de-Marne. Le 12 juillet dernier, une réunion s’est tenue avec les services du département et la préfecture de région pour se préparer à cette éventualité.

Brigitte Vermillet, vice-présidente du Conseil départemental en charge de l’Environnement, confirme que « le rôle principal du Département sera surtout de mettre en place des actions de communication et de faire de la prévention ». En effet, le Département n’a pas les compétences pour traiter les rivières et les eaux stagnantes, sauf s’il passait en alerte de niveau 1, c’est-à-dire si le moustique tigre « était présent et actif dans des proportions très diverses : parfois dans la quasi-totalité du département, parfois dans quelques communes seulement. »
Mais, pour l’instant, pas de doute selon l’ARS. L’alerte n’est pas encore donnée. « A ce jour et au vu de la surveillance réalisée sur l’ensemble de l’Île-de-France, aucun moustique tigre n’a été signalé en Essonne (niveau 0) cette année, explique entre autres l’agence. Des moustiques d’aspect tigré peuvent être observés, mais ceux-ci ne sont pas des moustiques tigres « aedes albopictus ». Ils sont certes « nuisants » mais ils ne sont pas vecteurs de maladies telles que la dengue, le chikungunya ou le virus Zika et ne présentent donc pas de risque sanitaire. L’ARS ne dispose donc pas d’information sur le développement de ces espèces. »

En revanche, que se passerait-il si le niveau 1 était atteint en Essonne ? « Si la préfecture de région nous alertait, nous avons au Département des personnels formés pour réagir. Des vétérinaires, des gardes animaliers… Notre rôle serait également de coordonner les communes, et ce serait au SDIS de l’Essonne de démoustiquer », indique Brigitte Vermillet.


Prolifération des moustiques classiques après les inondations

Et du côté des moustiques « ordinaires » ? Après les fortes inondations et les crues que le département a connues, qui ont facilité l’apparition d’eaux stagnantes, les moustiques prolifèrent et l’Essonne a été placée il y a une semaine en vigilance orange. Mais, là encore, pas de quoi paniquer. Si les moustiques sont bien présents sur le territoire, comme à chaque retour des beaux jours, les autorités n’ont pas constaté d’invasion inquiétante. « Les inondations se sont produites pendant des conditions climatiques fraîches, reprend Marie-Claude Bonnin. Ce qui empêche une trop grosse prolifération. D’autre part, nous ne luttons pas contre les moustiques classiques. »

De quoi rassurer certains habitants et élus inquiets ? En fait, toute l’Essonne n’est pas confrontée au même niveau d’invasion. Ainsi, il y a quelques jours, le maire de Linas a saisi le Ministre de l’Intérieur « pour trouver une issue à cette affaire qui pollue la vie de milliers d’essonniens depuis de longues semaines », en parlant de la prolifération des moustiques. « La situation est en effet intenable pour les riverains et habitants de ce secteur. Depuis les inondations et crues de juin, des moustiques prolifèrent à Linas jusqu’à Longjumeau », explique François Pelletant dans un communiqué.

Un constat encore difficile à estimer en termes de données précises. En attendant, et pour éviter de faciliter toute multiplication de ces insectes, des gestes préventifs sont à observer. Les autorités conseillent de ne pas favoriser les eaux stagnantes à proximité de chez soi , c’est-à-dire de « se débarrasser de tout objet qui pourrait retenir de l’eau dans l’environnement extérieur (pneus usagés, boîtes de conserve, vases, bidons, arrosoirs, bâches, gouttières, poubelles à ciel ouvert, brouettes…), changer l’eau des vases à fleurs au moins une fois par semaine, veiller à ce qu’il n’y ait pas de rétention d’eau dans les assiettes sous les pots aux fleurs (Source : www.vigilance-moustiques.com)  »
On conseille aussi de défricher et nettoyer régulièrement les terrains inoccupés. Pour éviter les piqûres, des gestes simples mais qui restent efficaces : se couvrir les bras et les jambes pendant la nuit, utiliser une moustiquaire, ou encore se munir d’un répulsif (préférez-le naturel, à la citronnelle par exemple).