C’est en plein champs que l’on trouve Les Potagers de Marcoussis, une association cultivant et produisant des légumes et des fruits issus de l’agriculture biologique. Au delà de cette facette, Les Potagers de Marcoussis sont aussi un chantier d’insertion professionnelle. Un moyen d’aider les personnes en difficulté et souhaitant trouver leur voie.

Depuis 16 ans, l’association a d’ailleurs beaucoup évolué. « On voulait en faire un chantier d’insertion avec une volonté, dès le départ, de faire du bio  » explique Patrick Prigent, président de l’association. « On voulait pouvoir distribuer des paniers avec des produits bio a des consom’acteurs  ». Petit à petit, elle grandit et se transforme pour voir un nouveau projet éclore. « On voulait le réécrire et le retravailler différemment. On voulait en faire un projet qui soit plus inclus dans l’économie locale et territoriale  » poursuit-il. S’ouvrir donc a de nouvelles possibilités et de nouveaux partenariats avec des agriculteurs et des maraichers du territoire mais aussi de la région. Avec la transformation du projet, une idée est venue sur la table : pourquoi ne pas ouvrir une conserverie ? Qui serait, elle aussi, un chantier d’insertion ? Quelques mois plus tard, une nouvelle association voit le jour. « Grâce a elle, on a pu transformer les légumes des potagers mais aussi d’autres agriculteurs ou maraichers qui viennent d’un peu partout en Ile-de-France  » affirme Patrick Prigent.

Aujourd’hui, ce sont presque 50 personnes dont 36 emplois d’insertions qui travaillent dans les deux associations, se trouvant, bien entendu, dans le même bâtiment. «  C’est global et ça permettra de se développer ensemble dans le futur ».

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Une vue verdoyante des locaux des Potagers de Marcoussis. (FB/EI)

Des potagers bien ancrés

Dans ce bâtiment, tout y est. Des champs à perte de vue, en tout, 11 hectares et demi et 7 000m² de serre. La conserverie d’un côté et les potagers de l’autre avec, pour se réunir, un grand espace commun et un paysage verdoyant. Espace de dépôt, étiquetage, espace de lavage pour les légumes, équipements très fonctionnels, les travailleurs ont de quoi apprendre et produire en toute sérénité.

Un autre espace est également accoler : la boutique de l’association. « C’est pas simplement pour travailler l’emploi d’insertion mais aussi être partenaire dans l’économie locale et territoriale  » confie Patrick Prigent. Et cette boutique en témoigne. Ici, il y a un peu de tout allant de la confiture, aux soupes, aux oeufs ou encore aux lentilles. « On vend tous les produits de La Vie en Herbe par exemple qui se situe à même pas 400m d’ici. Et ce qui est intéressant c’est qu’ils produisent des herbes aromatiques, par exemple des orties et nous, on les transforme en tisane. On leur vend des herbes, ils les font sécher puis ils nous les renvoient pour qu’on les vendent, c’est un échange entre nous ». Tous les produits alimentaires du quotidien sont disponibles ici. Farine, pâtes, sauce tomate… « Les oeufs que l’on vend viennent d’une productrice à Chauffour-lès-Etréchy et elle vend aussi nos conserves. C’est vraiment l’idée de tisser des réseaux » explique-t-il. La conserverie, elle, dispose de sa propre marque déposée. Ainsi, ils peuvent vendre leurs produits ici et ailleurs. Le public peut d’ailleurs retrouver ces richesses culinaires à Massy Manger Bio, les Barbes Vertes ou dans différentes AMAP de la région. « Il y a aussi Naturéo ou la Menthe Poivré. On est en train d’élargir notre distribution depuis qu’on a obtenu le label bio pour la conserverie. Ça ouvre des portes ».

Bien que Les Potagers de Marcoussis ont l’air de se porter bien, c’est une année noire avec la perte de 62 000€ de subvention que leur accordait le Conseil départemental. « C’était pour les emplois aidés mais ça a été supprimé  ». Autre catastrophe, naturelle cette fois-ci, les inondations. Une partie des champs n’est plus utilisable et des champs de pommes de terre ont été noyés sous l’eau pendant des jours. Pour les tomates, seulement 40% sont récoltables… Une bien mauvaise nouvelle pour eux. Dans les mauvaises nouvelles aussi, l’association s’est fait voler 6 600 plants de tomates et de poivrons dans sa pépinière. «  On avait pas besoin de ça » déplore Patrick Prigent. Malgré cela, l’association reste optimiste. Composé de 14 personnes au conseil d’administration, Les Potagers de Marcoussis et la Conserverie rebondissent. Elles sont d’ailleurs rassemblé dans un seul et même groupement économique solidaire : l’ESS-PRI (Essonne Economie Sociale Solidaire – Pôle Régionale d’Insertion). Car oui, l’objectif premier de ce groupe, c’est l’insertion professionnelle.

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Le nettoyage des légumes s’effectue sous une tente provisoire. (FB/EI)

Aider les gens, l’objectif principal

Ici, ce sont 36 personnes qui travaillent pour se réinsérer dans la vie professionnelle. 24 sont au potager et 12 à la conserverie. «  L’idée c’est de donner aux gens du boulot, de les faire disposer du matériel d’aujourd’hui et de ne pas se retrouver démuni dans une autre entreprise  » affirme Patrick Prigent. Les aider, leur trouver du travail mais aussi les accompagner que ce soit pour travailler ou pour des tâches administratives. « C’est notre objectif principal » poursuit-il. « Ils deviennent donneur et vendent des produits donc c’est une manière de leur dire que leur travail a de la valeur ». Ainsi, ceux qui souhaitent s’orienter vers le secteur de l’agriculture pourront librement y aller avec toutes les cartes en main. « Ce sont des outils qu’ils auront déjà utilisé avec des formations adéquates et leur permettre de partir sur de bonnes bases  ».

Tout au long de leur insertion, ces personnes seront suivies de très près et de manière individuelle. En effet, il y a un poste à temps plein et un à mi-temps en tant que conseillères d’insertion. Elles jouent un rôle fondamental lors de cette période de transition. «  Elle permet à ces gens de construire un projet d’avenir ». Bien que le travail soit la première priorité, l’association n’en reste pas là. « Ça va plus long. C’est remettre l’administratif à jour, avoir une mutuelle, parfois on les aide aussi pour trouver un logement ou apprendre des choses pour la vie de tous les jours  » explique Patrick Prigent. Par exemple, il y a des formations pour savoir comment bien gérer son budget. C’est donc tout un travail pour que ces personnes soient le plus autonome possible à la fin de cette insertion et avoir une sortie positive. « Si on trouve un emploi à une femme et qu’on n’a pas régler le problème de la garde d’enfant pour la journée, on sait que deux mois après, elle sera au chômage et ce n’est vraiment pas le but. Il faut que ce soit bien dans les clous » conclut-il.

Pour Les Potagers de Marcoussis, c’est un vrai travail. Et ça marche : l’année dernière, 70% de sorties positives pour les personnes travaillant au potager et 75% pour la conserverie. Un travail professionnel qui fait ses preuves et l’appui de deux conseillères qui les guident au mieux pour un avenir meilleur. « On redonne de la réalité à des gens qui sont, parfois, loin de l’emploi  ». Ces personnes peuvent rester deux ans au maximum. « En moyenne c’est à peu près un an et trois mois, et c’est une bonne période je pense ». Tout le monde peut prétendre à y entrer et c’est en moyenne 36 postes pourvus annuellement. En bref, Les Potagers de Marcoussis réussissent, chaque jour, à donner un peu plus à ces personnes.

Un financement participatif pour évoluer

Toujours dans une optique de développement, l’association souhaite s’agrandir et a des projets plein la tête. Depuis quelques semaines, Les Potagers de Marcoussis ont lancé un financement participatif afin de construire un local de stockage. 20 000€, c’est la somme à rassembler pour que ce projet et d’autres puissent voir le jour. «  Ce hangar fait partie d’un projet global de développement afin de garder un équilibre financier. Il y a donc le hangar pour stocker toutes les conserves, les pots, puis il y a l’installation d’un garage avec des vestiaires supplémentaires qui permettra, également, d’améliorer les conditions de travail des jardiniers pour ranger leur matériel. Enfin, il y a le projet de la champignonnière. Cela permettra de produire des veloutés aux champignons ou des champignons à la tomates  » explique Patrick Prigent. La construction de ce hangar est un pivot pour le développement de l’association et pour tous les projets à venir. Forte de son succès, la conserverie est passée de 17 000 à 34 000 pots. Cette année, ils en prévoient le double. Il y a donc une nécessité et un manque de place évident.

Les Potagers de Marcoussis donnent le parfait exemple d’une association qui veut faire changer les choses. Aider les personnes en difficulté tout en développant un réseau territorial et en cultivant les richesses agricoles du département. Pour les plus curieux, il vous suffit de vous rendre à la boutique de cette association pour y découvrir les produits biologiques. Saveurs garanties.

Pour contribuer a leur financement participatif, c’est ici.
Plus d’informations sur leur site.