Le 15 avril dernier, la stupeur tombe sur toute la communauté éducative d’Etampes, avec l’intoxication collective d’enfants et enseignants de l’école élémentaire Jacques Prévert. Cette alerte a conduit à l’hospitalisation de 33 enfants et 2 adultes. Ceux-ci présentaient des symptômes semblables (vomissements, maux de gorge et migraines). Passée la surprise de la nouvelle, les parents d’élèves cherchent des explications à cette intoxication collective. Les premiers éléments écartent l’hypothèse d’une fuite de gaz ou d’une intoxication au monoxyde de carbone. Mais avec la mobilisation de 70 pompiers pour cet incident, l’inquiétude est de mise chez ceux qui ne trouvent pas les réponses à leurs interrogations.

Plusieurs études et analyses ont depuis été menées sur l’école, et l’ARS a autorisé sa réouverture après les vacances le 2 mai dernier. Des prélèvement effectués fin avril relevait selon l’instance qui dépend du ministère de la Santé « des teneurs normales » concernant les principaux composés chimiques risquant d’intoxiquer les enfants. Ce rapport a néanmoins identifié comme cause possible des douleurs et vomissements, le manque de « ventilation permanente » des salles de classe qui pourrait « provoquer des teneurs extrêmement élevées en dioxyde de carbone Co2 (supérieures à 4000cm3/m3, voire 5000cm3/m3 ».

Une hypothèse confirmée par une étude de confinement menée par le Laboratoire central de la Préfecture de police. La municipalité a récemment communiqué les résultats de cette enquête réalisée sur deux semaines du 9 au 20 mai. Les analystes ont placé des capteurs de Co2 dans chacune des 12 classes de primaire et 5 de maternelle, qui ont révélé des confinements élevés, voire très élevés dans la majorité des classes. Les taux de présence de Co2 dans l’air s’envolent au moment de la présence en classe. Les experts du laboratoire recommandent donc d’augmenter l’aération des lieux, indiquant dans leur conclusion que « le renouvellement d’air des locaux n’est pas assuré de façon satisfaisante ».

Du côté de la ville, de premiers travaux de ventilation ont été lancés au mois de mai, et des capteurs de Co2 ont été installés dans chaque classe début juin, tout comme des grilles de ventilation. Des ouvertures murales sont aussi prévues cet été dans les locaux de l’école, « de façon à réaliser des ventilations permanentes, les travaux ont lieu du 6 au 20 juillet » indique Marie-Claude Girardeau, adjointe aux écoles. Le Laboratoire devrait ainsi être de nouveau missionné par la ville à la rentrée pour mesurer les effets des travaux réalisés sur l’environnement des élèves et enseignants.