L’Association Ambiance et Stimulation Artistique fête ses 40 ans d’existence, et s’offre pour cette occasion, le cadre exceptionnel du Château Dranem, à Ris-Orangis. Depuis le 22 et jusqu’au 26 juin, les ateliers et invités présentent leurs œuvres au grand public. « Nous attendons beaucoup de monde, car déjà en deux jours d’ouverture les gens viennent juste par la vue de notre flyer  », constate Daniel Rouiller, photographe et membre de l’association.

Mais le temps fort s’annonce pour ce vendredi 24 juin, à partir de 18h, pour le vernissage musical. Un groupe de musique viendra accompagner l’exposition tout au long de la soirée. À 19h30, aura lieu « la photo de l’année » en essayant de rassembler le plus de monde possible afin de battre le record de la plus grande photo, alors venez nombreux.

Un cadre propice

« Pour notre 40ème anniversaire, nous avons voulu marquer le coup, raconte Daniel Rouiller, nous avons donc choisi un endroit prestigieux comme le Dranem ». Un choix voulu depuis longtemps par les membres de l’association, et qui suite à des contacts, a été accueilli très chaleureusement et avec grand plaisir par la directrice des lieux, Valérie Hénault.

À la présidence de ce château depuis 12 ans, elle nous raconte un peu son histoire : « C’est donc devenu, depuis 1911, une maison de retraite pour les artistes  ». Celle-ci fut inaugurée par le président de l’époque, Armand Fallières, et a vu se succéder parmi les directeurs, Michel Francini, acteur, clown et comédien, mais aussi Maurice Chevalier, le célèbre chanteur, acteur, écrivain et parolier français. Ainsi, elle accueillait et encore aujourd’hui, plus d’artistes comédiens ou chanteurs, que de peintres ou de photographes, l’exposition permet donc de rectifier le tir.

Le Château Dranem accueille une exposition pour la première fois (JP/EI)

Le Château Dranem accueille une exposition pour la première fois (JP/EI)

Son parc arboré de 7 hectares, et son château empreint d’histoire, accueillent pour la première fois une exposition pareille : «  nous avions tenu certaines petites expositions, mais une aussi diversifiée et de telle envergure, jamais. Et ça fait du bien  » argumente la directrice. Outre le cadre propice à l’exposition, le lien intergénérationnel se crée entre les résidents de la maison de retraite et les enfants de l’école d’à côté venus admirer les œuvres : « ce côté intergénérationnel c’est quelque chose qui fonctionne toujours, les enfants ont beaucoup à apprendre des plus âgés, et inversement  », commente Valérie Hénault, qui est heureuse de recevoir une telle exposition, « je suis très fière ».

Diversité : le maître-mot de l’exposition

Peinture, dessin, bois flottés, vitraux, origami, poésie, revues de voyages ou encore photographie, l’association ASA montre toutes ses facettes, et même plus encore. « Nous avons les ateliers peinture, dessins, photographie et origami sous forme de stage, explique Daniel Rouiller, le reste sont des réseaux d’association ami venue diversifié encore plus cette exposition, pour la rendre vivante  ». En effet, selon ce photographe les expositions d’aujourd’hui sont un peu tristes, « il manque ce côté spectacle  », et donc en variant les gens, et en amenant la musique durant le vernissage, cela permet de rendre dynamique cette exposition. Mais celui-ci marque un point d’honneur au fait de ne pas se perdre, varier les genres sans oublier la ligne directrice, qui est l’association.

Chaque année est propice à une nouvelle exposition afin de montrer le travail réalisé pendant l’année, au même titre que la plupart des autres écoles ou ateliers de l’agglomération. Habituellement cloîtrés dans leur petit local, une fois par an « nous essayons de sortir de nos murs, confie Daniel Rouiller, afin de venir vers les gens ». Une démarche volontaire, avec des lieux d’exposition pour le moins insolites comme chez les commerçants de la ville, ou encore dans la galerie marchande d’Intermarché, « c’était comme un phénomène de surprise pour les personnes, qui venaient avec leur caddie en sortant des courses ». Cette année, le Château Dranem a été choisi, et la présentation doit être impeccable « il faut être au niveau selon le lieu d’accueil  », ce à quoi la directrice de l’établissement répond fièrement qu’ils le sont, tout en contemplant et en énumérant les différents avis positifs des résidents, employés et connaissances venues voir.

Plus de 80 clichés photographiés pendant l'année (JP/EI)

Plus de 80 clichés photographiés pendant l’année (JP/EI)

« On se met en jeu  ». La photographie, le pôle le plus important avec environ 80 clichés, est comme un spectacle, ainsi l’exposition s’expose aux critiques de chacun, et met en danger les artistes. « Nous allons vers les gens en leur présentant nos œuvres, et après nous ouvrons nos oreilles », développe Daniel pour qui la photographie est basée sur l’échange, et les relations entre les gens, avant la technique. Aujourd’hui, au sein de l’exposition on retrouve des personnes débutantes, avec à peine un an d’expérience, et les expérimentés qui ont sept ans de vécu photographique, ceux-ci se mélangent et s’entraident afin de ressentir de plus en plus les belles choses de notre environnement, et en ressortir le meilleur en photo : « c’est très bien de faire des magnifiques photos des endroits partout dans le monde, mais certaines choses incroyables se trouvent juste là, à nos pieds », raconte le photographe et animateur, en montrant un de ses clichés de reflet d’eau dans un lac tout près.

Une exposition très large, qui propose un niveau impressionnant, où l’on ressent l’animation des artistes dans chacune de leurs œuvres, « ce n’est pas forcement leur métier, mais la passion fait ressortir leur âme d’artiste  », conclue Valérie Henault. « Une belle exposition » à aller voir, jusqu’au 26 juin au Château Dranem de Ris-Orangis.