Les inondations ont ravagé le département, et causé de nombreux dégâts, n’épargnant aucun secteur. Riverains, artisanat et entreprises ont été lourdement touchés. Mais ce ne sont pas les seuls. Le monde agricole a également été sinistré, et quelques semaines maintenant après les inondations, le bilan reste douloureux.

70 agriculteurs sinistrés recensés par la préfecture, une centaine selon l’enquête en ligne initiée par la Chambre Interdépartementale d’Agriculture d’Île-de-France et les syndicalistes, ce qui représente un peu moins d’un quart des exploitants du département : « c’est un ratio quand même important  », commente la Chambre d’Agriculture.

Aujourd’hui, le temps est aux constatations quant à l’ampleur des dégâts. Pour certains agriculteurs, ceux-ci sont immédiats, à l’image du Moulin Vaux, à Saint-Hilaire, voyant ses pieds de tomates sous les eaux : « c’est une perte de temps pour l’arrachage, car on sait déjà que tout est foutu  ».

Quels sont les dégâts ?

Du côté des cressonnières de la vallée de la Chalouette, qui ont été particulièrement impactées, puisque leurs cultures se situent aux bords des rivières, les conséquences se feront ressentir jusque dans les prochains mois. Isabelle Glatre est une des maraîchères les plus touchée par les inondations : « L’eau s’est accumulée et nous n’avions plus accès, ni à la grange, ni à la culture, où environ 50 centimètres d’eau stagnaient  », commente celle qui est installée à Chalo-Saint-Mars. Aussi vite arrivée, aussitôt partie, la pluie n’a pas laissé de dégâts apparent, ce qui signifie pour les assurances aucune perte réelle, pour autant l’agricultrice semble bouleversée « on a tout essuyé ce qu’il y avait à essuyer, mais on en retrouve un peu chaque jour », mais s’estime heureuse « je ne suis pas à plaindre comparé à d’autres agriculteurs  ». En effet, le cresson pousse selon les saisons, généralement entre septembre et début mai, ainsi les dégâts ne sont pas à constater aujourd’hui : « par chance, nous ne sommes pas en culture actuellement. Les seuls véritables dégâts pourront être si les graines, en production en ce moment, s’avèrent inutilisables ».

Pour les grandes cultures, les fortes inondations des champs pourraient entraîner un risque de maladie des plants, mais cela dépend de plusieurs critères : le stade de la culture, le niveau et la durée d’immersion et les conditions de drainage de la parcelle. Si ces conditions sont réunies, les conséquences peuvent être sur le plan physiologique, où le manque d’oxygène bloque le métabolisme, c’est ce qu’on appelle l’anoxie, ou alors sur le plan pathologique avec des maladies tel que la fusariose du blé.

Par ailleurs, les quelques élevages inondés semblent avoir des problèmes pour nourrir leurs animaux. En effet, le fourrage une fois trempée est inutilisable s’il n’est pas séché rapidement, or la pluie ne cesse pas… le foin ne pourra donc pas être utilisé. « Les agriculteurs vont devoir acheter leur fourrage, ce qui engendre des frais supplémentaires » constate la Chambre Interdépartementale de l’Agriculture.

Des fonds spéciaux mis en place

 

Suites aux catastrophes engendrées par les inondations, les différents services du département et de la région se sont regroupés afin de débloquer des fonds spéciaux pour aider les agriculteurs sinistrés. Le 16 juin dernier, la région Île-de-France a voté un budget de 1 millions d’euros afin d’acheter de nouveaux plans pour les cultures. Le Département, quant à lui, se réunira lundi prochain pour délibérer du montant de l’enveloppe d’aide.

En outre, une intercommunalité comme l’Etampois, qui a été rudement touchée, va aussi débloquer des fonds afin d’aider ses agriculteurs. D’autres communautés de communes sont amenées à faire la même chose. Auprès des villes, les démarches sont les mêmes : « la ville d’Etampes va surement apporter un complément, dévoile le Chambre d’Agriculture, d’autres y réfléchissent  ».

Ces fonds spéciaux ouverts par les différentes instances vont permettre aux sinistrés de se remettre un peu sur pied. Outre les problèmes financiers, certains se retrouvent démoralisés et ont besoin d’un soutien psychologique. Pour cela, la préfecture a mis en place une cellule de suivie à la sous-préfecture d’Etampes.