Voilà près de deux semaines que la vie du département tente de reprendre son cours. Orge, Essonne, ou encore Seine, ont tour à tour retrouvé leur lit, et pas moins de 115 communes du département ont depuis été classées en état de catastrophe naturelle, tant les dégâts ont été importants. Des villes comme Longjumeau et Corbeil-Essonnes ont notamment proposé des images pour le moins hallucinantes. Et si les centre-villes ont peu à peu repris des couleurs, l’activité économique du département tente encore de revenir à la normale. Nombreuses sont les entreprises touchées par ces inondations alors que les démarches administratives peinent quant à elles à porter leurs fruits. Pire encore, nombreux sont les entrepreneurs, commerçants et artisans, peu informés sur les démarches à suivre.

Pour tenter de renseigner au mieux les sinistrés, Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) et Chambre de Métiers et d’Artisanat (CMA) de l’Essonne ont choisi d’œuvrer ensemble. « On a voulu s’intéresser à ce qui s’était passé. On travaille avec la CCI pour pouvoir accompagner les entreprises, notamment auprès des assurances, mais aussi pour des soutiens psychologiques », explique Laurent Munerot, président de la CMA. « La détresse est souvent plus psychologique que matériel », poursuit-il. Plusieurs réunions en présence des assureurs et autres partenaires des entreprises ont d’ailleurs été organisées en ce sens. Et si d’autres rencontres sont espérées, elles pourraient bien être directement organisées sur site, afin d’éviter le moindre déplacement aux sinistrés.

Membres de la CCI et de la CMA poursuivent par ailleurs leur travail de prospection dans les villes touchées, à la recherche du moindre sinistré. « Il y a un besoin qui se fait ressentir, et c’est à nous de nous mobiliser », insiste le président de la CMA. « On s’est rendu compte que certains sinistrés n’étaient même pas encore identifiés », précise ce dernier alors qu’une plateforme d’entre-aide a récemment été mise en place sur le site internet de la CCI. « Cette plateforme a été créée pour que les commerçants s’aident entre eux. Pour stocker des meubles par exemple », ajoute Carol Chachman, en charge de la relation client et du marketing à la CCI.

Dans l’attente d’aides supplémentaires

Mais si certains sinistrés, à l’instar de Madame Bonaventure, gérante du magasin bio Palmaro Varieras de Juvisy, ont notamment tenu à féliciter le travail des pompiers, cet élan de solidarité aura bien du mal à combler les trous creusés par ces inondations. Certaines entreprises ont dû fermer leurs portes pendant plusieurs jours, laissant, impuissantes, leur chiffre d’affaire chuter au plus bas. « On a eu que trois jours de fermeture, mais ça a coûté environ 2100 € de perte de clientèle, en comptant les charges, et environ 5000 € de perte au total », raconte Madame Bernu, gérante d’un magasin de coiffure à Juvisy-sur-Orge. « On a eu un devis de 4100 € juste pour le nettoyage », affirme quant à elle Madame Dos Santos pour son garage de 380m2 à Epinay-sur-Orge, inondé à hauteur de 60 centimètres. Et si ces frais ne sont bien évidemment pas ahurissants, ils demeurent néanmoins conséquents pour des entreprises aux revenus satisfaisants, toujours, pour la plupart, dans l’attente d’un retour positif de leur assurance. « La nôtre ne s’est même pas déplacée pour constater les dégâts », complète même Madame Dos Santos.

La reprise des activités se fait alors tout doucement, et les quelques aides financières, bien qu’insuffisantes, résonnent déjà comme un premier coup de pouce dans ce regain de forme. Grâce notamment aux conseils précieux de la CCI et de la CMA, certaines entreprises ont rapidement pu bénéficier du RSI (Régime Social des Indépendants), ou encore du fond de calamité de la CMA, versé sur dossier, et à hauteur de 1500 euros maximum par artisan. « Le montant est établi en fonction du nombre de jours d’inactivité, et en fonction des dégâts déclarés aux assurances », argumente Laurent Munerot.

Et si lors de son passage à Lonjgumeau le Premier ministre, Manuel Valls, avait assuré que des fonds de l’Etat seraient débloqués en faveur des collectivités, les retombées financières se font toujours attendre. « On a pas d’info sur le dispositif, la préfecture non plus. C’est encore en projet », lâche Madame Chachman. « Je ne pense pas qu’il faille attendre des mesures exceptionnelles de l’Etat », conclut alors le Président de la CMA. De quoi débourser de belles sommes d’argent avant d’entrevoir ne serait-ce qu’une once d’indemnisation.