« Bien qu’il faille rester vigilant, on finit par en voir le bout ». Par ces mots, Jean-Marie Vilain, le maire de Viry-Châtillon, résume la situation après cette semaine d’inondation. Prise entre la montée des eaux de la Seine d’un côté, et par la crue de l’Orge et de l’un de ses bras, la Morte Rivière, de l’autre, la commune de plus de 30 000 habitants retrouve peu à peu ses habitudes et sa quiétude. Plusieurs centaines de personnes avaient pourtant dû être évacuées dans les quartiers en bordure de la Seine et de l’Orge, notamment dans le quartier de Châtillon, niché entre la Nationale 7 et la Seine. « Sur ce secteur, c’est bien dégagé », commente l’édile castelvirois qui a dû faire intervenir la sécurité civile pour dissiper plusieurs dizaines de mètres cubes d’eaux souillées qui se déversaient dans les rues les plus touchées, celles de Jean-Jaurès, Argot et Achille-Robelty.

Si la situation s’améliore sur la commune, le niveau de vigilance reste élevé sur celui des lacs que Viry-Châtillon partage avec Grigny. Ceux-ci affichent encore un niveau bien au-dessus de celui habituel.

La décrue s’amorce doucement

Depuis ce week-end, les rives de ce lac de 77 hectares sont en partie sous les eaux. Sur la portion de Viry-Châtillon, outre les berges, le célèbre club de ski nautique est lui aussi victime de la crue. Idem, la presqu’île, lieu très prisé des gens le week-end et les jours de beau temps, est inaccessible. Elle est devenue le terrain de jeu des cygnes, canards, oies et autres oiseaux marins qui vadrouillent entre les bosquets et les bancs partiellement inondés. Telle une zone tampon, le lac a « bu » une partie des eaux de la Seine. «  En quelques jours, son niveau a augmenté de près d’un mètre », relate Jean-Marie Vilain. Le lac est en effet relié à la Seine par un petit canal qui passe sous la Nationale 7 à quelques mètres de la séparation entre Grigny et Viry-Châtillon. « L’un des rôles de ce lac est d’essayer de stopper l’effet de la crue de la Seine », informe le maire de Viry-Châtillon.

Bien que son niveau soit encore très élevé, Jean-Marie Vilain se veut rassurant. Celui-ci écarte les inquiétudes de certains riverains, qui voyaient la montée des eaux du lac comme une menace pour leur maison et jardin. « Nous avons diminué l’accès de la Seine au lac par la pose de batardeaux au niveau du canal de jonction. Aujourd’hui, le niveau d’eau n’augmente plus. Il baisse même d’un centimètre par heure, indique Jean-Marie Vilain. Le surplus des lacs sera renvoyé dans le fleuve quand celui-ci aura retrouvé un niveau convenable. Si tout va bien, cette opération pourrait démarrer à partir de ce mercredi », complète le maire. Le transvasement des eaux du lac vers la Seine pouvant durer jusqu’à 48 heures.

Quels risques pour les lacs ?

En attendant la décrue, l’accès aux lacs a été restreint par la mise en place d’un arrêté municipal pris par les deux maires concernés. La traditionnelle fête des lacs qui devait se tenir ce samedi 11 juin a également été reportée à une date encore inconnue.

Si la piscine, la patinoire ou encore la piste d’athlétisme n’ont pas été impactées par cette hausse du  niveau de l’eau, les berges aménagées pourraient avoir souffert de cette exposition à l’eau. Quand le niveau de l’eau reviendra à la normale, « une importante opération de nettoyage sera nécessaire, fait savoir le maire de Grigny sur les réseaux sociaux, Philippe Rio. Elle ne pourra pas commencer avant une semaine ou deux. Les dégâts sur les ouvrages en bois et sur les cheminements pourront être estimés à ce moment ».

Outre l’état des équipements et la sécurité des riverains composés de nombreux mordus de sport qui empruntent les berges du lac quotidiennement, un autre point inquiète notamment le maire de Grigny. Il s’agit de l’impact de cette crue sur l’écosystème des lacs. « La faune et la flore pourraient être impactées par la pollution présente dans la Seine », lance ainsi Philippe Rio, faisant référence aux traces d’hydrocarbures décelés dans le fleuve ces derniers jours. « Il y a toujours une possibilité de pollution, mais il ne faut pas tomber dans la paranoïa, répond Jean-Marie Vilain. De nombreux prélèvements sont pratiqués par l’unité écologique des lacs. S’il y a un problème, nous en serons très rapidement informés. Le degré de vigilance reste élevé sur ce secteur », conclut ce dernier.