Mardi 31 mai au matin, trois cars d’une soixantaine de places attendaient devant l’Établissement public de santé (EPS) Barthélémy Durand à Etampes, spécialisé dans la psychiatrie. Sa destination ? Paris, et plus précisément le ministère de la Santé : « Nous avions rendez-vous à 11h avec la ministre, explique Catherine Dubourg, secrétaire de section du syndicat Sud Santé de l’établissement. Nous lui avons remis une demande de dérogation prévue par la loi  ».

Au cœur du problème, les Groupement hospitaliers de territoire (GHT) prévus dans le cadre de la loi de modernisation santé. Ces derniers doivent permettre « de garantir à tous les patients un meilleur accès aux soins en renforçant la coopération entre hôpitaux publics autour d’un projet médical  ». Mais pour les grévistes, il s’agit surtout d’un moyen de faire des économies en fusionnant des activités « qui n’ont rien à voir en elles » : « Nous revendiquons notre identité et notre autonomie financière. Nous n’avons rien à voir avec les hôpitaux standards, expose la syndicaliste. D’abord parce que les gens qui y exercent sont payés à l’acte via la T2A (Tarification à l’activité), alors qu’en psychiatrie, nous fonctionnons avec une enveloppe globale. Ensuite, parce que nous perdrions notre formation adaptée au profit d’une formation globale au sein de laquelle la psychiatrie serait minoritaire  ».

La loi devrait en effet permettre de passer de 2 200 établissements publics à moins de 100 GHT, incluant, de fait, la fermeture et fusion de structures. Les grévistes, qui se retrouveraient regroupés avec les hôpitaux d’Orsay et de Longjumeau, redoutent donc que la mutualisation des services n’entraîne une mobilité forcée du personnel et des patients, mais aussi des réductions d’effectif : « Il faut défendre la psychiatrie et la relation humaine qui en découle  », appuient-ils.

Avec un taux de mobilisation de 38,50 % mardi 31 mai, le personnel de Barthélémy Durand compte maintenir la pression dans les semaines qui viennent. Une pétition et une lettre ouverte à la population devraient être lancées sur Etampes. Le Franck Marlin, le député-maire de la ville, et les maires de la région devraient également être saisis. « La ministre a pris en compte notre demande de dérogation, reste à savoir si elle sera acceptée, conclut Catherine Dubourg. En attendant, nous réfléchissons à plusieurs moyens d’amplifier nos actions  ».