On approche sans doute de l’épilogue de ce dossier qui alimente les discussions depuis plus d’un an désormais. En effet, les travaux concernant la création de l’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) des Ulis devraient prochainement débuter, après plusieurs mois de retard. « Le permis de construire a été déposé le 8 février dernier. Il est pour le moment à l’étude. On peut espérer une signature avant l’été », se félicite la maire des Ulis, Françoise Marhuenda, visiblement très satisfaite de sortir enfin de cette période de troubles et d’incertitudes. « On ne pourra plus faire penser que je ne voulais pas de cet EHPAD », lance l’élue qui avait fait les frais de critiques de la part de ces adversaires politiques sur ce sujet durant la campagne des élections départementales de mars 2015. « C’est un équipement très attendu, ajoute-t-elle. La ville des Ulis a beau être la commune la plus jeune du département, mais sa population commence à vieillir ».

Initialement prévu pour 2017, celui-ci ne devrait pas sortir de terre avant fin 2018, voire début 2019. Comment expliquer ce retard ? Le projet était « en manque de conformité par rapport au plan local d’urbanisme (PLU) », précise Françoise Marhuenda. Celle-ci souhaitait enterrer des places de stationnement pour gagner de l’espace et ainsi « garantir la qualité de vie des Ulissiens.

Les places enterrées, mais à quel prix ?

Aujourd’hui, le problème des places de stationnement est réglé. Une partie des quarante places créées pour l’EHPAD vont être enterrées. Une action permise suite à une modification récente du PLU. Au total, seize places seront souterraines. Si cela satisfait l’actuelle majorité, la pilule passe mal pour l’ancienne maire Sonia Dahou. « Nous avons perdu deux ans dans la réalisation de ce projet. Il aurait été question de rajouter des places, à la rigueur, cela aurait pu passer. Mais là ce n’est pas le cas, vu qu’on parle toujours de 40 places », rage cette dernière.

Mais ce qui chagrine encore plus l’ancienne maire socialiste des Ulis, c’est le montant « astronomique » de cet aménagement supplémentaire. « On parle de 900 000 euros de plus par rapport au coût global (Ndlr : qui était estimé à près de 20 millions d’euros). Investir une telle somme pour seulement enfouir une dizaine de places, ça n’a pas de sens », clame Sonia Dahou. Sur ce point, la maire tient à clarifier la provenance de ces fonds. « C’est l’argent du Département, assure Françoise Marhuenda, également vice-présidente en charge de la santé au Conseil départemental. La commune n’aura pas à rembourser ces coûts supplémentaires ». Une réponse qui alerte Sonia Dahou. « C’est à se demander où le Conseil départemental a trouvé cet argent, lui qui se dit en faillite », tacle-t-elle. « On n’en serait pas là si Madame Dahou n’avait pas eu l’idée de changer le PLU en juin 2013 », conclut Françoise Marhuenda sur ce sujet.

Une hausse des prix à prévoir

La hausse du coût total de cet équipement public ne serait pas la seule augmentation à être enregistrée. En effet, celle-ci pourrait être couplée à une hausse du prix de séjour journalier pour les pensionnaires de l’EHPAD. À la base, cette maison de retraite entièrement gérée par le Conseil départemental de l’Essonne devait proposer les prix les plus accessibles à ses pensionnaires. Les résidents ne devaient pas débourser plus que 60 euros par jours alors que la moyenne des équipements privés avoisine aujourd’hui les 90€. Or, ce prix déjà mis en place dans les EHPAD de Courcouronnes et de Morangis devrait lui aussi augmenter, passant dorénavant à 62€ par jour. « Il est évident que depuis les annonces de ces tarifs il y a quelques années, le contexte économique a évolué. Notamment à cause de la hausse de l’inflation, il était difficile de faire autrement », justifie Françoise Marhuenda. Toutefois, il ne s’agirait pas d’un cas uniquement ulissien. Les deux autres EHPAD du département devraient également s’aligner sur cette augmentation très prochainement. Un fait que ne peut accepter l’ancienne maire des Ulis. « Avec cette augmentation, cela représente 800 euros de plus par an à payer pour les familles des résidents. C’est un coût supplémentaire que certaines familles auront du mal à encaisser », commente Sonia Dahou.

Ainsi, même si la réalisation de l’EHPAD est désormais en bonne voie, les modalités de sa construction risquent encore d’alimenter les débats municipaux entre les différents élus durant quelques semaines.