« CAES, la fin d’un squat » est un documentaire du collectif BKE. Diffusé ce mercredi soir sur Télé Bocal, ce film retrace le parcours des derniers habitants du célèbre lieu de vie alternatif situé à Ris-Orangis.

Du CAES, situé entre la gare de Ris-Orangis et la Seine, subsistent les grands immeubles caractéristiques formant l’armature du site. Datant de la fin du XIXè, ils ont depuis été reconvertis en lofts et de nouveaux habitants ont pris place dans ce nouveau lotissement rattaché à l’éco-quartier de Ris. Le documentaire proposé par BKE, une société de production évryenne, remonte légèrement le temps, et nous retrace l’histoire des derniers « squatters » ou résidents des lieux, avant sa reconversion.

« On a commencé à filmer en décembre 2009, quand les premiers habitants ont reçu leur lettre d’expulsion » raconte Nicolas Jalu, co-réalisateur avec Florian Kuenemann du film « CAES, la fin d’un squat », « on connaissait un des sculpteurs, Pierre-Yves, puis nous avons peu à peu posé notre caméra ». Durant presque 4 ans, l’équipe de BKE va venir régulièrement sur place, prendre le temps d’approcher et connaître ces derniers résidents, pour réaliser un film d’une portée mémorielle unique concernant ce fameux lieu.

De la destruction de la Dame bleue, une petite salle, au début des gros travaux de reconversion du site, le documentaire suit le parcours de différents personnages, « on suit les artistes à la fin du CAES, comme Pierre-Yves, dont la maison a cramé, jusqu’à l’arrivée des tractopelles » précise le réalisateur du collectif BKE, « on a arrêté de filmer le jour où le dernier habitant se fait expulser de la Tour Babel ». Si l’idée était au départ de faire un film sur l’histoire du CAES, c’est cette période autour de la fin de ce lieu, quand les habitants le quittent, qui est mise en lumière.

Un film de témoignages sur le CAES

Outre Pierre-Yves, les artistes Bhâ, Henri, Tamara, Raynald apparaissent à l’image, sans voix-off, pour un film fait de témoignages : « ils reviennent chacun sur comment ils sont arrivés là ». Le CAES, ce lieu mythique, devient lui-même personnage principal du film. Monté en 1981, « mon année de naissance » confie Nicolas Jalu, ce squat artistique de Ris n’est pas inconnu pour le cinéaste : « le premier truc que j’y ai filmé? le championnat du monde de monocycle en 2002 de HLM, depuis on a suivi de plus ou moins loin l’histoire du CAES, son activité », comme pour y réaliser des courts-métrages ou des clips (lire dans nos archives).

D’abord lieu de vie alternatif dédié à la création artistique en tous genres, le CAES devient au fil des années 80 un site où l’on trouve un centre d’hébergement, des salles d’expos, de concerts, et aussi un garage à voiture : « Manu Chao, avant d’être connu, venait ici réparer ses bagnoles avec ses potes, Mala vida a été tourné la bas » rappelle Nicolas Jalu. De nombreux artistes y font leurs premiers concerts, dans cette ancienne caserne de l’armée de l’air devenue lieu de vie. Au final, le CAES périclite au tournant des années 2000 avec le départ des fondateurs, jusqu’à la procédure qui conduit à l’évacuation des derniers artistes résidents, avant la mise en chantier d’un vaste programme de rénovation et de reconversion des bâtiments (logement, activités).

Dans ce film, Nicolas Jalu veut poser la question de « quelle place a l’artiste aujourd’hui, celui qui est là pour créer, pas pour vendre, quelle place a-t-il dans la société? » . Si ce genre de lieu aura su exister durant une trentaine d’années, il restera dans les mémoires pour les nombreuses expérimentations sociales qui y furent conduites. « CAES, la fin d’un squat », est diffusé ce mercredi soir sur Télé Bocal, en attendant peut-être une projection publique en Essonne prochainement.

« CAES, la fin d’un squat  » – 52′ de Nicolas Jalu etFlorian Kuenemann

Mercredi 18 mai sur Télé Bocal

  • TNT canal 31 à 23h20
  • Vous pouvez voir ce documentaire depuis votre BOX à 20h20
    SFR canal 337
    Numericable canal 94
    Bbox canal 401
    Free canal 345
    Bbox canal 403
    SFR canal 347