« Je me sens un peu comme un élève à qui on arrache la copie alors que l’épreuve n’est pas terminée ». En commençant son discours d’adieux, le Préfet de l’Essonne, Bernard Schmeltz, ne cache pas sa frustration de quitter le département si tôt. « On serait presque tenter de demander une petite rallonge pour continuer ce qu’on n’a pas pu finir », concède ainsi ce dernier. Arrivé il y maintenant près de trois ans pour succéder à François Fuzeau, Bernard Schmeltz a été nommé en Corse. Un département où « il risque de ne pas s’ennuyer », lâchent alors quelques élus présents lors de son ultime discours comme Préfet de l’Essonne. « Dès que la destination future est identifiée, il y a une sorte de vortex qui nous attire vers celle-ci », reconnaît pourtant Bernard Schmeltz.

Un bilan contrasté

Ce jeudi 12 mai, Bernard Schmeltz procédait donc à son discours d’adieux. L’occasion pour lui de revenir sur certains dossiers marquants de son passage sur le territoire. Outre les vastes projets de rénovation urbaine engagés en Essonne, notamment à Grigny, la question de la cohésion sociale, le développement du Plateau de Saclay, ce dernier s’est plus longuement étendu sur le sujet de la construction intercommunale. « Ça a été un fil rouge de mon passage en Essonne, mais quelques fois aussi, cela a été un cauchemar et un motif de nuit blanche », admet aujourd’hui Bernard Schmeltz, avec une pointe d’ironie devant le travail accompli depuis deux ans. « Je revois encore Olivier Leonhardt début 2014 (Ndlr : il était alors président de la communauté d’agglomération du Val d’Orge) qui sortait de sa sacoche des calicots. J’ai vite compris que la mission allait être sérieuse », confesse le représentant de l’Etat. « Il est vrai que les périmètres retenus ne vont pas forcément de soi, mais y avait-il vraiment des périmètres qui allaient de soi ? », questionne Bernard Schmeltz.

Outre ces points que le préfet voit d’un bon œil, d’autres ont un bilan plus contrasté selon lui. Parmi eux, figure le brûlant dossier des Gens du Voyage. « Ce serait pas mal de trouver des solutions à ce sujet », lance le préfet, conscient du constat d’échec subi par les différents plans mis en œuvre. « Il y a une formule à laquelle je ne crois pas. C’est celle prêtée au Président Henri Queuille : ‘’Il n’y a pas de problème qu’une absence de solution finisse par résoudre’’. C’est faux ! Dans ce cas, les problèmes non résolus persistent, s’amplifient et dégénèrent ».

Ainsi, ce dernier est remplacé dans ses fonctions par une femme – la première pour ce département – ce mardi 17 mai (lire notre article). Bien que désormais en Corse, celui-ci affirme qu’il continuera de suivre « les aventures de l’Essonne ».