Ça s’annonce compliqué, mais rien n’est impossible. La Coordination Eau Ile-de-France et le collectif Eau publique Nord-Essonne ont eu recours à un crowdfunding pour rembourser une action en justice contre une collectivité territoriale. En effet, ces différentes structures ont choisi de déposer un recours contre l’ancienne communauté d’agglomération des Portes de l’Essonne (CALPE) au tribunal administratif de Versailles pour dénoncer la « mainmise de certaines multinationales sur la gestion de l’eau » dans le nord du département. Plus précisément, ils pointent du doigt la « prolongation opaque » de contrats de délégation de service public (DSP) concernant la gestion de l’eau sur les communes de Paray-Vieille-Poste et Savigny-sur-Orge. Déjà liées à un délégataire – Lyonnaise des Eaux – pour la gestion de l’eau potable jusqu’en 2023 pour Paray et jusqu’en 2024 pour Savigny, ces dernières avaient choisi de voter pour une prolongation de ces contrats avec Eau du Sud-Parisien jusqu’en 2035. « Ce n’est pas légal, s’insurgeait alors Vivien Rebière, porte-parole du collectif Eau publique Nord-Essonne. Eau du Sud-Parisien est une filiale qui appartient à la Lyonnaise des Eaux. Or, le délai légal est de vingt ans, et là, ça les dépasse amplement. C’est une entourloupe juridique », s’égosille le militant pro-régie publique de l’eau.

Afin de soulever ce fait, les différents collectifs ont donc voulu déposer un recours auprès du tribunal de Versailles. Seulement, cette procédure à un coût, estimée à 2 000 euros, qu’ils ont choisi de faire passer par le biais d’un financement participatif. Après un mois de campagne, seul un tiers de l’objectif final a été récolté. « Il reste encore quelques jours pour le réussir (Ndlr : deux jours). Au vu des délais probables de justice, l’enjeu n’est pas de mettre fin tout de suite au système actuel de la gestion de l’eau. Pour nous, le but est de contester et faire annuler ces délibérations et créer un débat autour de cette question », lance Vivien Rebière, qui souhaite que le sujet d’une régie publique de l’eau soit discuté au sein du nouvel établissement public territorial 12 (EPT12), dans lequel l’ancienne CALPE a été intégrée.