Chaque année, le ciel essonnien est envahi par des avions historiques, mais également par des plus récents. « Le Boeing 747–400 de Corsair sera de la partie » confie Christiane Taillandier-Setzer, de l’équipe du meeting. C’est une première pour la compagnie qui fête ses 35 ans cette année. Dans les anniversaires à célébrer en 2016, « Le Temps des Hélices » fêtera les 100 ans de Dassault Aviation. Pour cette occasion, de nombreux avions retraçant le parcours historique du constructeur aéronautique seront à découvrir durant les deux jours du meeting. Un beau programme.

Le meeting aérien de la Ferté-Alais a vu sa première édition en 1970. Il attire, depuis sa création, un nombre croissant de spectateurs venant admirer des machines exceptionnelles venues de toute l’Europe. A sa création, c’est l’Amicale Aéronautique de Cerny – La Ferté-Alais et l’Escadrille du Souvenir qui organisent conjointement le premier rassemblement d’avions anciens. L’année 1997 marque un grand tournant pour l’organisation du meeting. Robert Roger, élu président de l’association de l’Amicale Jean-Baptiste Salis (AJBS), imaginera, avec Jean Salis, une nouvelle forme de meeting dont la logistique est sous-traitée. Il faut attendre 2009 pour que l’Amicale Jean-Baptiste Salis reprenne les rênes et organise cette édition avec des nouveautés : une exposition statique ouverte à tous, la possibilité de faire des baptêmes de l’air et des démonstrations en vol moins longues mais mieux structurées et plus sélectives. Une méthode qui portera ses fruits.

Des avions historiques et rares

Cette année, le programme est prometteur. Le meeting aérien accueillera des avions exceptionnels et rares. « Il y aura la Patrouille de France le samedi et la Patrouille Tranchant le dimanche », annonce-t-on du côté de l’organisation. Comme l’année précédente, les journées seront organisées autour de deux moments forts. La matinée sera consacrée à une grande exposition statique, où quelque 150 avions historiques seront visibles. Le public pourra également rencontrer les mécaniciens et pilotes qui les maintiennent en état de vol. De plus, les visiteurs qui rêvent d’évasion pourront s’envoler pour une ballade aérienne au dessus de l’Essonne à bord de quelques avions mythiques tels que le Ju 52. L’après-midi, clou de l’événement : les démonstrations de vols d’une centaine d’avions.

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Un Morane-Saulnier classé monument historique (FB/EI)

A une semaine du meeting, c’est l’effervescence dans les locaux de l’AJBS. «  Vendredi, il y aura les vols d’entraînements et les arrivées des avions extérieurs », indique Christiane Taillandier-Setzer en entrant dans le Musée Volant. C’est un lieu titanesque. Des avions de toutes les époques se côtoient dans ce musée. Pour la visite de ces locaux, c’est Georges, bénévoles à l’AJBS qui nous guide dans ce labyrinthe d’avion. Ce mécanicien et pilote est un passionné. « Ça fait une quinzaine d’années que je suis à l’Amicale et j’ai beaucoup travaillé sur les avions, confie ce dernier. Ici, il y a des avions historiques et d’autres un peu moins. Par ailleurs nous avons construit un avion de voltige ».

« En plus de l’AJBS, deux autres associations, les Casques de Cuir et le Memorial Fly, se partagent les locaux », éclaire Georges. « Les Casques de Cuirs gèrent la collection de la famille Salis. Après, vous avez les avions appartenant à l’Amicale, et enfin la Memorial Fly qui restaure beaucoup d’avions de l’époque 14–18. On peut aussi trouver des avions appartenant à des propriétaires privés  », termine-t-il. Autre particularité du site : tous les avions sont restaurés ou reconstruits pour pouvoir être en capacité de voler.

La visite se poursuit dans l’aile 14–18. Ici, ce sont des machines d’une beauté d’un autre temps qui se disputent tous les regards. Georges raconte l’histoire de chacun d’entre eux, une manière de ne pas oublier d’où ils viennent et d’évoquer des anecdotes : « Le Blériot que nous avons ici est un avion d’origine. Et c’est le dernier à être sorti de l’usine. On a fait le centenaire de la traversée de la Manche avec lui et j’y étais. Puis il a été accidenté ici et Monsieur Salis n’a plus voulu qu’il vole car c’est une pièce rare et exceptionnelle ». Non loin de là, on peut observer un Caudron G.III. Cet appareil s’est d’ailleurs illustré aux mains de Jules Védrines en atterrissant sur la terrasse des Galeries Lafayette. De plus, il permit à Adrienne Bolland de traverser la Cordillère des Andes.

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Des machines volantes sont multiples (FB/EI)

Dans la pièce d’à côté, on retrouve une pièce rare, le seul en Europe, un Morane-Saulnier. « Ce qui fait sa valeur, c’est qu’il est rare et il a donc été classé monument historique », précise Georges. L’un des avions phares de ce Musée Volant, c’est le Boeing B-17 Flying Fortress (B-17G). Un avion gigantesque et l’un des bombardiers américains les plus célèbres de la Seconde Guerre mondiale. Surtout, il reste celui qui a largué le plus de bombes tout au long du conflit. Bien que toujours en état de voler, il ne voit que très peu les airs. « Il consomme beaucoup d’essence et on ne peut pas le sortir comme ça. Mais j’ai volé dedans et c’est très impressionnant ». Fin de la visite. Après avoir vu pas moins de 150 machines aériennes, on a qu’une seule hâte : les voir en plein ciel.

Un avenir incertain pour le meeting ?

Bien que le meeting soit un rendez-vous incontournable, son avenir semble vague. «  Il est vital pour l’association » affirme Cyrille Valente, président de l’AJBS. «  Le meeting nous permet de vivre, de travailler et de restaurer les avions  ». Si le meeting n’engendre pas assez de recettes, il sera difficile d’en organiser un autre. « Quand on l’a repris, il y a huit ans, on avait le challenge de repenser entièrement cet évènement » poursuit Cyrille Valente. « Financièrement c’est un pari risqué. Les coûts augmentent chaque année, il y a de plus en plus de contraintes et de réglementations. Ça devient difficile. »

Aujourd’hui, il est difficile pour l’association de garder une stabilité financière. L’avenir reste donc très flou pour ce meeting mythique du département. Au-delà des problèmes financiers, l’association et tous ses bénévoles se donnent à 100% pour que ce soit une réussite. Espérons qu’ils y parviennent.