Une quinzaine de citoyens et militants se sont rassemblés dimanche soir à proximité de la gare de Corbeil-Essonnes. Ils entendent toujours contester la décision de la municipalité de créer une avenue Serge Dassault, prenant au passage une partie du boulevard Jean Jaurès.

A la craie, certains ont écrit au sol quelques citations de Jean Jaurès : « Parce que le milliardaire n’a pas récolté sans peine, il s’imagine qu’il a semé », ou encore « Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les noms ». Des phrases qui se prêtent à l’événement, organisé en quelques jours à travers les réseaux sociaux (lire notre article). A la sono, la célèbre chanson de Jacques Brel, « Pourquoi ont-ils tué Jaurès » est diffusée, un participant s’exclame : « ils l’ont tué une deuxième fois ! », des noms de fausses rues sont accrochés au mur.

A l’initiative de l’appel, une citoyenne « corbeilloise depuis toujours », Elsa Levecot. Pour elle, il s’agit d’être là, « au moins pour dire que l’on ne veut pas destituer Jean Jaurès pour Serge Dassault, qui est avant tout un marchand d’armes, c’est indécent ». Alors que les travaux de la nouvelle route avancent et qu’ils devraient être terminés pour l’été et l’ouverture de cette avenue, celle qui a lancé l’appel souhaite « que l’on n’attende pas qu’il soit trop tard pour se mobiliser » et espère que d’autres initiatives de ce genre se tiendront avant l’inauguration de l’avenue Dassault.

Les manifestants contre l'attribution d'une avenue à Serge Dassault ont inscrit plusieurs noms de rues imaginaires

Plusieurs noms de places imaginaires ont été inscrites aux murs (JM/EI)

Ils ne sont pourtant qu’une quinzaine à se rassembler ce dimanche, dont quelques militants et élus de l’opposition. Jérôme Brezillon, responsable local du PS, rappelle « les huit chefs d’inculpation et la condamnation de 2009 » qui suit l’ancien maire et industriel, mais dit comprendre le peu d’intérêt suscité par un tel rassemblement : « cela fait des années que ça dure, il y une lassitude chez les habitants, un sentiment qui rajoute au rejet de la classe politique en général » . Un rassemblement ignoré par l’intéressé et la ville, voire critiqué : « Serge Dassault a tant fait pour Corbeil-Essonnes » réagit sur les réseaux sociaux Jacques Lebigre, ancien élu et proche de l’ancien maire.