C’est une semaine importante pour le territoire essonnien. Depuis lundi 18 avril, l’Essonne se mobilise pour sensibiliser le public dans le cadre de la Semaine du Handicap. Pour cette édition, les Essonniens peuvent s’initier à la langue des signes, au braille, à des activités « handi-nautiques » ou encore à la lecture tactile. L’objectif est de sensibiliser, écouter et dialoguer sur les différents handicaps connus ou reconnus. A Evry, par exemple, de nombreuses activités sont organisées dans les Maisons de quartier, les médiathèques, à l’université ou encore dans des gymnases. L’occasion de lutter contre certains préjugés encore existants et changer les mentalités. Des temps forts permettent, depuis le début de la semaine, d’échanger sur de nombreuses questions sur des handicaps bien précis.

Ce jeudi 21 avril, devant la médiathèque Albert Camus, le public a pu être sensibilisé et avoir des réponses sur le rôle d’Handi’chiens, une association entrainant des chiens à aider les personnes en situation de handicap. Durant deux heures, deux ambassadrices de cette association ont pu évoquer le quotidien de ces animaux, leur rôle et le soulagement que peuvent apporter ces boules de poil à certaines personnes. Pour étayer ses dires, Christine, souffrant d’un handicap physique, a amené sa chienne avec elle afin de démontrer son rôle au quotidien. Une histoire touchante qui prouve que le rôle des chiens est devenu primordial pour certains.

Bien plus que des animaux

Il fait un temps ensoleillé ce jeudi 21 avril sur Evry. Devant la médiathèque du Village, c’est une activité un peu particulière qui se prépare. Trois chiens attirent particulièrement l’attention. Trois goldens retriever vêtus d’un harnais au couleur jaune et bleu. Afin de comprendre au mieux ce à quoi sert Handi’chiens, les ambassadrices racontent leur quotidien, leur rôle et comment se déroule l’éducation des chiens pour devenir un animal pour accompagner des personnes handicapées. Aujourd’hui, la France compte cinq millions de personnes souffrant d’un handicap et pour 1,5 million d’entre elles, il s’agit d’un handicap moteur. Le quotidien peut s’avérer parfois très pénible lorsque l’on veut prendre son indépendance tout en ayant un handicap lourd. Pour pallier à cela, l’association Handi-chien fournit gratuitement à ces personnes des chiens d’assistance éduqués qui ont pour mission de les aider et les accompagner dans leur quotidien.

C’est une vraie mission que de devoir éduquer ces chiens. « On est obligé de donner des chiens à 100% formés » explique l’une des ambassadrices. « Ca ne peut pas être à moitié car il faut qu’ils se tiennent dans la rue, qu’ils obéissent à des commandes précises ». Pour former des chiens, cela commence dès la naissance. L’éducation d’un chien dure, en moyenne, 2 ans. Ils sont scrupuleusement sélectionnés et achetés par Handi’chien. A l’âge de sept semaines, les chiots sont testés afin de voir leur contact avec les hommes. De pure race de Golden Retriever et de Labrador, ils commencent à l’âge de deux mois en familles d’accueil bénévoles qui les pré-éduquent en les sociabilisant et en leur apprenant 32 commandes essentielles pour l’accompagnement des personnes handicapées et ce, jusqu’à leur 18 mois. C’est le rôle des deux ambassadrices dans l’association. Elles enchainent les démonstrations en montrant les différentes commandes qu’elles ont apprises à leur compagnon à quatre pattes. Pour l’une d’entre elles, c’est un vrai plaisir de contribuer à ça. « C’est mon deuxième chien. Je suis devenue famille d’accueil en 2013  » explique-t-elle. « Ca se passe très bien. Mon premier chien a été remis à une petite fille en tant que chien d’éveil  » poursuit-elle. Une activité qui la passionne bien que les « au revoir » soient difficiles. «  C’est pour la bonne cause mais je garde des nouvelles par mail » affirme-t-elle. Dans le public présent, que ce soient des enfants ou des adultes, tous semblent intrigués et intéressés. Ils posent des questions, caressent les chiens et sont ravis de pouvoir découvrir cela. C’est le cas de Sofia, animatrice dans une maison de quartier d’Evry, venue avec cinq jeunes. « Je voulais leur faire découvrir qu’un chien n’est pas seulement un animal de compagnie mais qu’il peut également être un intervenant au niveau médical  » confie la jeune femme. Une réussite semble-t-il. « J’avais un peu peur des chiens au début mais à la fin j’avais vraiment envie de les prendre dans mes bras et leur faire des câlins  » explique Marcel, 10 ans. Une sensibilisation qui semble fonctionner.

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Le public étaient très réactif lors de l’activité (MB/EI)

Des chiens très demandés

Afin que la formation des chiens soit complète, les familles d’accueil prennent les chiots sous leur aile durant 16 mois. A terme, ils sont envoyés vers un Centre d’éducation labellisé pour parfaire leur éducation et pour leur apprendre 20 commandes de plus. Puis ils sont attribués à des personnes. Mais attention, c’est le chien qui choisit la personne. De plus, il existe différentes attributions possibles en fonction du handicap : ceux qui ont un handicap moteur, des chiens d’accompagnement social destinés aux maisons de retraite et à des centres de rééducation fonctionnelle et enfin des chiens d’éveil qui aident des enfants autistes ou polyhandicapés.

« Pour certains, c’est une nécessité » affirme l’une des ambassadrice Handi’chiens. Pourtant, la liste d’attente est longue. «  Pour des chiens d’éveil il faut compter au minimum deux ans pour en avoir un ». L’association vivant essentiellement de dons, ne peut donc pas se développer plus puisque l’Etat ne les aide pas encore. « Mais ça suit son cours. Petit à petit ça fait son chemin  »

Afin de sensibiliser le plus grand nombre, ces deux ambassadrices interviennent sur toute l’Ile-de-France. « C’est primordial de faire ce type d’action. On essaye d’organiser beaucoup de démonstrations dans des écoles maternelles, primaires ou dans les collèges et dans des lycées » affirme-t-elle. « Dès qu’une porte s’entrouvre, on la pousse et on y va ». Une belle initiative qui a permis, le temps de deux heures, de sensibiliser le public à des actions parfois encore trop méconnues.