8h30 ce jeudi matin, une vingtaine de personnes armées de banderoles aux slogans évocateurs prend place devant les grilles du parc de la mairie de Chilly-Mazarin. Quelques-uns d’entre eux sont au téléphone. « Je suis arrivée au point de rendez-vous, répond une femme à son interlocuteur. Vous venez nombreux ? ». Car oui, la petite vingtaine de personnes va vite grossir. Une demi-heure plus tard, les gens arrivent de partout et convergent maintenant vers la mairie. Si bien qu’à 9h du matin, près de 200 personnes s’agglutinent jusque sous les fenêtres de l’Hôtel de Ville.

Ces personnes qui manifestent, ce sont les salariés communaux de Chilly-Mazarin. Ce jeudi 14 avril, la quasitotalité des services est impactée. « Nous en sommes à près de 95% de personnels grévistes », se félicite alors le secrétaire général de la CGT locale. Ces derniers sont venus protester contre « la mort annoncée des services municipaux », comme le scandent certains.

« Stop ! »

Animateurs, assistantes maternelles, agents techniques et de la voirie… Bref, la liste des professions des manifestants présents ce jeudi matin est longue. Ceux-ci souhaitent dénoncer les agissements de la municipalité concernant le personnel communal. « La commune est victime du désengagement de l’Etat qui baisse le niveau de ses dotations. Nous comprenons que la municipalité cherche alors à faire des économies. Or le problème, c’est que la municipalité a choisi de répercuter cette baisse sur le personnel communal, résume le représentant syndical. Cela met à mal le fonctionnement de la plupart des services ».

Ainsi, l’équipe municipale envisage de rebattre les cartes des différents secteurs, parmi lesquels celui de l’animation. « Il est question d’externaliser ce secteur, informe une animatrice qui travaille pour la commune depuis près de trente ans désormais. L’objectif de la mairie est de laisser une structure privée se charger du périscolaire ». Si pour les titulaires, certains ont quelques inquiétudes, pour le cas des vacataires, il n’y a plus de doutes. « Ces postes sont très menacés. Ils ne seront sûrement pas conservés d’ailleurs », déplore cette même animatrice. Même si l’équipe municipale n’en est qu’à l’étape de la réflexion, cette privatisation du secteur de l’animation pourrait intervenir pour la rentrée 2016.

09

Si le constat est le même pour les questions de propreté urbaine, le cas des assistantes maternelles est quelque peu différent. « On nous demande de réduire notre temps d’accueil des enfants, lance l’une d’entre elles. On passe de 12 heures à 10 heures d’accueil maximum par jour pour un enfant ». Outre des baisses de salaires constatées pour ces dernières, les Chiroquois risquent également de subir ces nouveaux horaires. « Les parents vont devoir trouver des solutions pour la garde de leurs enfants, note une seconde assistante maternelle. Ça sera encore plus difficile pour ceux qui travaillent sur Paris ».

Une issue bientôt trouvée ?

Après une matinée de mobilisation, une délégation du personnel communal gréviste a pu rencontrer le maire Jean-Paul Beneytou dans l’après-midi. « Un rendez-vous plutôt satisfaisant », confesse le représentant de la CGT, fier d’annoncer une revalorisation des salaires qui pourrait intervenir dans les prochaines semaines. Des propos que confirme le maire Jean-Paul Beneytou. « Cette réunion s’est très bien passée, a expliqué le maire. « Nous avons évoqué tous les sujets de manière franche et ouverte dans un esprit d’apaisement que je veux saluer ». Ce dernier a également annoncé que cette journée d’action sera payée. Si des solutions ont été trouvées concernant la voirie, des interrogations subsistent là encore sur les animateurs et les assistantes maternelles. « Le maire et ses services n’ont pas statué sur la question de l’animation. Toutefois, ils doivent tabler dessus dans les prochains jours », rapporte le délégué de la CGT. Concernant la crèche familiale, « la réflexion est en cours pour le contrat des assistantes maternelles, indique Jean-Paul Beneytou. Un groupe de travail va être lancé »« Reste maintenant à savoir s’ils tiendront leurs promesses », souffle le délégué syndical.

Article mis à jour à 11h vendredi 15 avril, avec les propos du maire de Chilly-Mazarin, Jean-Paul Beneytou.