C’était la première manifestation d’ampleur du lycée essonnien depuis le début de la grogne étudiante. Décidée la veille au soir, elle avait pour but de réaffirmer l’opposition des lycéens à la loi travail portée par la ministre Myriam El Khomri : « Nous avons été prévenus à la dernière minute qu’un blocus et un barrage filtrant étaient prévus pour ce vendredi matin, explique Antoine Petitmangin, animateur fédéral pour le Mouvement des jeunes socialistes (MJS91). Nous avons essayé de trouver quelqu’un pour encadrer le mouvement mais personne n’était disponible. Malheureusement, une vingtaine d’autonomes extérieurs au lycée sont venus perturber la manifestation » .

Si la majorité des lycéens présents a effectivement manifesté calmement, « une dizaine d’individus se sont un peu agités et ont brûlé quelques tracts  », précise Pascal Boireau, commandant au commissariat de Savigny. Mais pour certains témoins de la scène, l’événement semble avoir été plus violent : « Une vingtaine de personnes cagoulées ont bloqué la route et brûlé des poubelles. Elles lançaient des projectiles et des bombes artisanales. Des voitures ont été visées par des œufs  », racontent des commerçants présents au même moment sur la place Davout, en face du lycée.

Plusieurs poubelles ont été brûlées au cours de la manifestation. (MB/EI)

Plusieurs poubelles ont été brûlées au cours de la manifestation. (MB/EI)

Même son de cloche du côté des lycéens : « La manifestation a débuté vers 8h30, mais une heure plus tard, vingt à trente personnes ont commencé à lancer des œufs et des bouteilles. Des membres de l’établissement ont même été visés  ». Un fait relayé sur les réseaux sociaux par un enseignant de l’établissement :

« Des oeufs ont été lancés vers le personnel du lycée, confirme Philippe Watrelot, professeur de sciences économiques et sociales au sein de l’établissement, une conseillère principale d’éducation a même failli recevoir un pot de mayonnaise en verre. ».

Le calme est rapidement revenu après l’intervention de la police et aucun blessé n’est à déplorer : « Nous allons prendre contact avec la majorité des lycéens qui se sont mobilisés pacifiquement, conclut Antoine Petitmangin, il faudra mieux encadrer les prochaines manifestations ».