Soixante. C’est approximativement le nombre d’étudiants mobilisés dans cet amphithéâtre de la fac d’Evry en ce mardi après-midi. Un résultat un brin insuffisant au regard de celui affiché par certaines grandes fac parisiennes ou même quelques lycées du département (lire notre article). Mais s’il n’est guère pertinent de comparer l’incomparable, il est évident qu’ici, l’herbe a du mal à pousser. Quelques nouvelles têtes ont beau sortir de terre, cette cinquième AG au sein de l’établissement essonnien n’est quasiment composée que d’un bouquet de visages déjà familiers. « On veut le retrait total de la loi. Mais cette AG c’est aussi l’occasion de discuter, d’échanger, pour aller au-delà que ce retrait de loi », lançait alors, Quentin, le président de l’UNEF quelques minutes plus tôt.

Après un nouveau rappel des supposés pépins que contient la réforme du travail, ainsi qu’un balayage des actions déjà menées, l’heure est venue de se rendre à l’évidence. « Il faut trouver des idées pour avoir plus d’impact, toucher un maximum de filières », insiste une étudiante alors que la salle bourgeonne de plusieurs étudiants, doctorants et enseignants en sociologie. Les semailles de l’information sont pour l’heure trop peu efficaces, à tel point que certains universitaires ignorent toujours en quoi consiste réellement cette loi. Dans les allées du bâtiment, nombreux sont ceux qui ne se sentent pas concernés par cette mobilisation. « Que veux-tu que j’aille faire à l’AG ? », répond un étudiant à l’un de ses camarades.

Jachère !

Et si la mauvaise communication pourrait être une des causes principales de ce manque de mobilisation, les militants eux-mêmes semblent se tirer une épine dans le pied, à défaut de se la retirer. « Je pense que certains comportements qu’il y a eu repoussent certaines personnes », argumente une autre étudiante rappelant les dégradations observées lors de la toute première AG. Le déroulement de cette dernière est lui aussi loin d’être exemplaire, pendant qu’étudiants syndiqués et sociologues ne cessent de s’envoyer des piques, le dialogue, lui, ne mûrit pas.

L’heure et demi est sur le point de s’écouler, juste le temps de passer au vote. L’occasion de se rendre compte que peu d’idées ont germé, le scrutin ne portera uniquement que sur le nom des six mandatés pour les futures coordinations régionales (ce mardi) et nationales (ce samedi). Et dans ce débat aussi infructueux qu’une terre stérile après moisson, on retiendra essentiellement qu’en ce jour de réunion à Matignon, une nouvelle manifestation dans la capitale est prévue pour ce samedi 9 avril. Une cinquantaine d’étudiants évryens avaient rejoint les cortèges parisiens lors de la précédente journée de manif parisienne.