C’est un évènement très attendu et prisé pour les férus de photographie. La quatrième édition du festival de l’Oeil Urbain s’ouvre ce vendredi 1er avril et durera jusqu’au 22 mai. C’est l’occasion pour le public de découvrir des photographes venus de France mais également d’autres pays et de partager un instant de réflexion sur les images exposées. La photographie est à l’honneur, certes, mais le public pourra, à sa guise, se rendre aux expositions, aux projections mais aussi aux workshops et aux conférences pour y découvrir différents travaux, tout cela dans la ville de Corbeil-Essonnes. A la Commanderie, au théâtre, les galeries d’arts, en extérieur ou dans des médiathèques, le festival se répartit dans divers lieux de la commune.

L’Oeil Urbain, c’est avant tout une histoire. Raconter une histoire en images. Cette année, c’est la photographie belge qui est à l’honneur. « Le thème choisi n’a pas de rapport avec ce qui se passe là-bas » explique Lionel Antoni, photographe et directeur artistique du festival. « Nous avons choisi ce thème bien avant les évènements récents » affirme-t-il. Ainsi, en faisant abstraction des attentats qui ont touché Bruxelles il y a peu de temps, le public pourra découvrir une autre facette de nos voisins. Le public aura le plaisir de découvrir d’autres expositions avec des thématiques bien loin de la Belgique. En plus du festival « in » de l’Oeil Urbain, il faut saluer le festival « off ». Celui-ci est hors des murs et les photographies s’exposent à Intermarché ou dans le Centre Municipal de Santé de la ville et se destinent à tous. Le Festival « in », lui, promet de belles choses. Un tour du monde photographique en Essonne.

Epectase, un brin de folie

Pour sa quatrième édition, l’Oeil urbain met comme chaque année à l’honneur le travail d’artistes en résidence l’année précédente. En 2015, le collectif Epectase a parcouru les quartiers de Corbeil-Essonnes et les alentours, et rendent compte de leur travail à travers deux séries exposées à la Commanderie Saint-Jean, et inaugurées ce vendredi soir : Le candidat et L’étranger. Les deux membres d’Epectase se sont ainsi fait voir il y a quelques mois lors de leurs différentes mises en scène en ville, en se baladant notamment sur un poney rose. Leur travail promet d’être le reflet de leur expérience locale, basée sur les rencontres fortuites et un accent donné à l’allégorie du candidat, en campagne très osée et caricaturale à souhait.

© Epectase, série "le candidat"

© Epectase, série « le candidat »

Outre le rendu de cette résidence, les photographes belges sont à l’honneur de l’Oeil urbain. Mais pourquoi la Belgique ? «  L’année dernière, un grand prix de photo a fait polémique. La série photo était sur la ville de Charleroi. Ca a été un coup dur pour les photographes belges, ils ont été coupés dans leur travail » explique Lionel Antoni. En effet, en 2015, le Word Press Photo retire son prix à Giovanni Troilo, photographe italien. Bien qu’il ne soit pas belge, le reportage photo portant sur la ville de Charleroi a été très critiqué. Certaines des photographies constituaient des « mises en scène », ce qui est totalement interdit par le Word Press Photo. Les preneurs d’instants belges se sont vus catalogués. « On veut montrer autre chose et les faire connaitre » poursuit-il. Ainsi, pour cette nouvelle édition, le succès devrait encore une fois être au rendez-vous. «  On ne peut pas prévoir à l’avance mais l’année dernière 10 000 personnes sont venues contre 5 000 en 2014. Le festival grossit donc et on espère avoir encore beaucoup de monde cette année  » affirme-t-il.

Des histoires belges

C’est donc la Belgique qui sera mise en avant cette année, par le biais de quatre photographes qui ont travaillé sur des thématiques bien différentes. Le premier, Cédric Gerbehaye, a habitué le public aux zones de conflit telles que le Congo, la Palestine ou encore le Soudan du Sud. Mais la série, en noir et blanc, qu’il présente est bien loin de cela : « Que signifie avoir sa place, qu’est-ce donc qu’être chez soi ? ». Des questions auquelles il tente de répondre au travers de ses photographies.

© Cédric Gerbehaye - série "D'entre eux"

© Cédric Gerbehaye – série « D’entre eux »

Le deuxième photographe, Colin Delfosse, s’éloigne également de la Belgique. C’est au Congo qu’il transporte le public en démontrant que pour sortir de la pauvreté, l’homme n’a, parfois, aucune limite. Dans la ville aux dix millions d’habitants, se débrouiller est une qualité essentielle pour survivre.

Les deux autres photographes, belges eux, restent dans leur pays. Thomas Vanden Driessche nous fait découvrir une section de la ville belge de Charleroi : Dampremy. A l’allure et au décor de cinéma, cette ville renferme bien des histoires. Il montre que les habitants veulent se battre pour contrer la mauvaise réputation que ce quartier a pu acquérir. Enfin, c’est Sébastien Van Malleghem qui nous fait découvrir les prisons belges. Enfermés entre quatre murs, les prisonniers sont photographiés et le photographe veut démontrer qu’il y a une vraie lacune dans les établissements pénitenciers. Des images d’exception que le public pourra découvrir.

Le festival propose aussi un autre regard sur la vie urbaine en montrant les villes après la guerre. «  Il y a deux expositions consacrées à ce sujet  » confie Lionel Antoni. Sandra Calligaro photographie l’Afghanistan et Adrien Selbert, Srebrenica. Ils témoignent des conséquences des conflits et de l’énergie que déploie la jeunesse de ces villes pour en surmonter les difficultés. Enfin, le public pourra découvrir des photographes essonniens, amateurs et professionnels, dans des univers différents. L’ouverture de l’Oeil Urbain est l’occasion de découvrir sa résidence 2015, Epectase. C’est traditionnellement par là que débute le festival.

© Thomas Vanden Driessche - série "Strangely Dampremy"

© Thomas Vanden Driessche – série « Strangely Dampremy »

La liste des expositions proposées et les vernissages

Ouverture du festival ce vendredi 1er avril à 19h à la Commanderie Saint-Jean, et vernissage des différentes expositions samedi 2 avril sur tous les lieux du festival