Originaire de L’Essonne, Florent Ben Chaâbane vient de réaliser son premier long-métrage, Tout Peut Arriver. Une oeuvre tournée presque intégralement dans le département et qui joue avec justesse sur la corde sensible entre fiction et réalité.

Nicolas Garbi, jeune étudiant en cinéma, réalise son premier documentaire autour de Gildas, un homme aux relations douteuses qui le poussera à réaliser de mauvais choix… Tel est, plus ou moins, le synopsis de Tout Peut Arriver, une oeuvre de Florent Ben Chaâbane. Originaire de l’Essonne, Florent est un acteur passionné par le cinéma qui vient de réaliser son premier long-métrage. Un destin qui n’était pas forcément celui que l’on aurait prédestiné à cet ancien chargé d’affaires grands comptes. “En 2009, j’ai réalisé sur un coup de tête un casting pour un rôle important dans une série. J’ai été retenu mais la série ne s’est pas vendue” se souvient le jeune homme. Alors après cet échec, c’est tout naturellement qu’il s’est dirigé vers le cours libre du prestigieux cours Florent. “J’ai passé les trois étapes de recrutement avec succès mais j’ai finalement refusé de m’inscrire. L’état d’esprit que j’avais pu voir des personnes de l’école ne me correspondaient pas” explique le réalisateur. Et pourtant, seulement un mois après, Florent Ben Chaâbane a fait machine arrière. En quittant son poste, il s’est alors consacré pleinement à son imagination, qui l’a mené à réaliser son premier long-métrage.

l’Essonne, terrain de jeu du long-métrage

Si ce premier film de Florent Ben Chaâbane retient aujourd’hui tout particulièrement notre attention, c’est parce que ce dernier a presque été intégralement tourné dans le département de l’Essonne, comme nous l’explique le réalisateur. “A part quelques scènes dans le Morbihan, 97% des scènes ont été réalisées en Essonne” assure-t-il. De Tigery à Soisy-sur-Seine en passant par le barrage d’Evry Village ainsi que la fôret de Rougeaux, Tout Peut Arriver permet donc à l’Essonne de devenir le théâtre d’un documentaire-fiction alléchant et très prenant. Un beau tour d’horizon du département, que l’apprenti réalisateur avait à coeur d’intégrer dans son film. “Ce n’était pas seulement par faute de moyen, c’est le département où j’ai grandi et j’aime son atmosphère” assure-t-il. Plus qu’une simple fiction, cette oeuvre est donc l’occasion de découvrir notre territoire sous un nouveau jour. Car mis à part les décors naturels, les acteurs du films sont, eux aussi, 100% made in Essonne. “Comme je ne pouvais pas me permettre de payer des acteurs, j’ai voulu prendre des personnes que j’avais pu croiser dans ma vie en me promenant, ainsi que des amis” commente Florent Ben Chaâbane. Une touche personnelle qui peut paraître étonnante, mais qui apporte pourtant toute son authenticité à l’oeuvre, qui prouve qu’avec peu de moyen et une bonne personnalité artistique, les possibilités sont toujours nombreuses.

Une façon de filmer très particulière

Son premier long-métrage, c’est armé de sa caméra à l’épaule que Florent Ben Chaâbane a dû le réaliser. Ne possédant pas assez de moyens, il était en effet impossible au jeune homme de pouvoir rassembler le matériel et le personnel nécessaires à la réalisation d’un film dit “classique”. Mais, alors que cela aurait pu être un réel désavantage, le jeune originaire de l’Essonne a su tirer parti de ce facteur pour en extraire une façon de filmer originale, personnelle et audacieuse. “J’ai décidé de faire un documentaire-fiction, ce qui m’a permis de pouvoir filmer avec la caméra à l’épaule sans que cela soit gênant pour le téléspectateur” explique Florent Ben Chaâbane. Comme tout bon documentaire-fiction qui se respecte, l’oeuvre de Ben Chaâbane est donc pratiquement dénuée de musique. Hormis les scènes où les personnages sont dans une voiture, lieu logique pour entendre de la musique, aucune bande originale n’est donc au rendez-vous. Une caractéristique qui ajoute encore plus d’authenticité à cette oeuvre qui aime à jouer entre réalité et fiction. Armé d’un bon scénario, d’une touche très personnelle et d’un jeu d’acteur, qu’il espère, sera repéré, le succès de Florent Ben Chaâbane ne repose donc aujourd’hui que sur une seule chose : une bonne promotion. Un facteur qui ne lui a pas échappé, et sur lequel il a donc beaucoup misé.

Une promotion risquée mais convaincante

Depuis maintenant plusieurs semaines, certains ont vu apparaître sur les réseaux sociaux de nombreux messages de disparitions. Sur divers pages internet, il est ainsi possible de lire : “Mon fils Nicolas Garbi a réalisé un documentaire et c’est dans ces circonstances qu’il a disparu. L’enquête ayant été classée sans suite, voici son travail…” Vous l’aurez assez vite compris, il s’agit bel et bien du même Nicolas Garbi que celui dont il est question dans l’oeuvre Tout Peut Arriver. Car pour être sûr de susciter pleinement l’intérêt du public, Florent Ben Chaâbane n’a pas hésité à miser sur le sensationnel. Et lorsqu’on lui demande si simuler une disparition pour assurer la promotion de son film ne lui semble pas disproportionné, le jeune homme a une réponse toute prête. “Je ne trouve pas que je suis allé trop loin dans le sens où tout est fait pour qu’on comprenne que c’est faux. Je n’ai pas utilisé de choses trop concrètes tels que de fausses alertes enlèvement par exemple” explique Florent Ben Chaâbane.
Que l’on soit d’accord ou non avec cette manière d’assurer sa promotion, une chose est sûre aujourd’hui : la méthode est efficace. Un jeune qui disparaît en réalisant un documentaire dont nous pouvons désormais visionner les images ? L’offre est alléchante. Mais qu’on ne s’y trompe pas, pour l’heure, Tout Peut Arriver est encore bel et bien une fiction. Une fiction malgré tout pleine d’authenticité, pour laquelle vous pourrez très vite vous faire votre propre avis, grâce à ce lien de visionnage gratuit