Depuis 2015, c’est un grand projet européen qui s’est mis en place pour sensibiliser le public au gaspillage alimentaire. Pour représenter la France, cinq lycées de l’Essonne ont été choisis pour y participer et intervenir auprès des écoles primaires.

C’est un grand projet européen qui s’est mis en place depuis l’année dernière. Don’t Waste Our Future (DWOF), comprenez « Ne gaspillez pas notre avenir », a vu le jour grâce à une coopération entre sept pays européens (France, Italie, Ecosse, Chypre, Espagne, Belgique et Portugal). Ce projet a pour but de sensibiliser la population au gaspillage alimentaire et de favoriser un travail commun entre enseignants, élèves, acteurs associatifs et territoriaux.

En effet, on dénombre à peu près 50% d’aliments sains, gaspillés chaque année dans l’Union européenne alors que 79 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté. Ainsi, ce projet va permettre une remise en question sur notre consommation, sur l’achat des produits mais également sur les conséquences que peut engendrer ce gaspillage. Pour sensibiliser les plus jeunes à ce problème, 1 500 lycéens européens ont travaillé à l’élaboration d’une charte « jeunes contre le gaspillage alimentaire ».

Après la validation de cette charte, les actions dans les écoles ont pu commencer. Pour accompagner les lycéens sur la méthodologie, c’est l’association Passerelles.info qui les guide afin de transmettre de manière concise et ludique les informations aux élèves de primaires. Zoom sur un projet de sensibilisation hors normes.

Une association au commande

Le projet Don’t Waste Our Future s’articule autour de la mise en oeuvre d’actions qui regroupent l’organisation, les objectifs et la méthodologie. L’association Passerelles.info est le pilote français de ce projet. En effet, depuis 10 ans, elle prend en charge les programmes d’éducation, d’information et de formation pour les enseignants et les autres acteurs de l’éducation avec comme thématique l’environnement, la santé et la citoyenneté. Bien que ce soit un domaine que l’association connaît, DWOF est un projet à part et de grande envergure. « C’est une exception car il y a des interventions en classe avec des lycéens. Il y a une étape de transmission du lycéen aux plus jeunes » explique Julie Couteau, chargée de mission à l’association Passerelles.info. « On s’est beaucoup engagé dans ce projet et on a préparé des ateliers avec des guides méthodologiques. On voulait faire comprendre aux lycéens que c’est un moment d’échange avec les enfants  ». En effet, avant de se jeter à l’eau, les lycéens ont dû se préparer afin de faire comprendre aux plus jeunes, de manière précise et ludique, en quoi consiste le gaspillage alimentaire. « Il a d’abord fallu définir les activités à faire avec les thématiques, la première étant de réduire le gaspillage lorsque l’on fait nos courses et la deuxième, le gaspillage à la maison  » décrit Julie Couteau.

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(FB/EI)

Il est judicieux de penser que les lycéens ont une plus grande facilité à transmettre aux CM2 par leur âge, d’une part, mais par la proximité qu’ils peuvent avoir avec eux d’autre part. Pour ce grand projet en place depuis la rentrée 2015, les lycéens travaillent activement pour que leurs interventions soient les plus intéressantes possibles. Car, pour représenter la France sur le projet DWOF, ce sont cinq lycées de l’Essonne qui ont été choisis : les lycées Sarcey à Dourdan, Essouriau aux Ulis, Blaise Pascal à Orsay, Geoffrey de St Hilaire à Etampes et René Cassin à Arpajon. Une sensibilisation 100% essonnienne donc. Pour interagir avec les élèves de CM2, les interventions se déroulent en plusieurs séances. La première est une séance d’introduction réalisée par les professeurs à l’école primaire. La deuxième et troisième sont réalisées par les lycéens dans les écoles avec, comme principe éducatif, le « pair-pair ». Les lycéens deviennent acteurs du changement et ne sont plus seulement récepteurs de l’information. Enfin, une dernière séance se déroule avec les professeurs à l’école pour faire le bilan des acquis et mettre en place des actions concrètes et faire circuler l’information auprès de leur famille pour un effet boule de neige. Ce mardi 22 mars, se déroulait une séance avec les lycéens à l’école primaire du Centre à Orsay. Des élèves de seconde du lycée Blaise Pascal sont venus afin de sensibiliser les CM2 au gaspillage alimentaire.

 

Des ateliers ludiques pour apprendre

En ce mardi très ensoleillé, l’école élémentaire du centre d’Orsay a donc reçu des élèves de seconde du lycée Blaise Pascal se trouvant tout proche. Dans la classe de Monsieur Cornu, c’est l’effervescence. Les CM2 ne tiennent plus en place et ont hâte d’accueillir les lycéens qui sont attendus de pied ferme. Petit coup d’oeil à la fenêtre pour voir si les nouveaux arrivants sont là. Pas encore. Au bout de quelques minutes, les voilà. «  Ils sont là !  » crie l’un des élèves.

A leur arrivée, la classe redevient soudainement très calme. Le bourdonnement qui précédait laisse place à un silence de plomb. Les lycéens, légèrement mal à l’aise au début, commencent à parler avec un peu plus d’assurance. Les neuf lycéens présents se divisent en trois groupes. En effet, pour aborder différentes thématiques sur le sujet du gaspillage, il y aura trois ateliers. La classe, déjà divisée en trois pour l’occasion, recommence à vivre avec les petites voix et les rires des CM2.

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L’ambiance est détendue et les élèves participent (FB/EI)

Le premier atelier parle de la conservation des aliments. Comment se conserve la viande rouge après cuisson ? Où doit se mettre une bouteille de lait ou un paquet de pâtes ? Avec des cartes préparées préalablement par les lycéens, c’est sous forme de quizz que se déroule l’atelier. Au début, timides, les lycéens prennent de plus en plus d’assurance et explique de manière ludique aux CM2. Le deuxième atelier se consacre à la préparation des restes. Que faire avec des pommes bientôt plus consommables ? Que faire avec des pâtes et des légumes dans le frigo ? Avec des photos d’aliments, les élèves doivent faire appel à leur imagination pour créer des recettes. A la fin, ils repartiront avec différentes recettes à reproduire chez eux pour éviter de jeter des aliments encore utilisables. Enfin, le troisième atelier se consacre aux déchets. Où doit-t-on jeter ces aliments ? Dans quelles poubelles ? Avec des cartes, là aussi, les CM2 doivent trouver où jeter quoi au bon endroit.

La classe est animée, elle respire la vie, entre deux rires, les enfants et les élèves sont très intéressés par ce qu’ils peuvent apprendre sur le gaspillage alimentaire. La compréhension du gaspillage alimentaire est en cours, il n’y a aucun doute. L’une des encadrantes des lycéens veille à ce que tout se passe bien. Ce projet lui tient particulièrement à coeur et les élèves qui y participent aussi. « A leur inscription en seconde, ils pouvaient cocher s’ils souhaitaient faire partie d’une classe à projet sans savoir en quoi ça consistait » explique l’encadrante. « Il y a deux classes à projet, l’une sur le thème de la biodiversité et nous sur le gaspillage alimentaire ». Bien que plongés au hasard dans cette classe, les élèves semblent ravis de pouvoir participer à ce projet. « On a réussi à les fédérer pour ça et ils sont contents de venir dans les écoles et sont très demandeurs  ». En plus d’intervenir dans les écoles, les élèves et encadrants vont plus loin. « On essaye de fédérer la mairie d’Orsay pour qu’elle nous soutienne financièrement et qu’elle relaye l’information ». D’autres actions sont également au programme. Samedi 26 mars, lors des portes ouvertes du lycée, une vente de smoothies aura lieu avec des fruits venant du magasin, et ce, au profit d’une association, un vrai projet pour ces lycéens.

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Les enfants apprennent comment conserver les aliments (FB/EI)


Par ailleurs, les actions auprès des élèves de CM2 se poursuivent à Villebon-sur-Yvette ou encore à Dourdan jusqu’à mi-avril. La sensibilisation des plus jeunes au gaspillage alimentaire est nécessaire car, par la suite, ils peuvent en discuter avec leurs parents ou familles. Un sujet qui devient de plus en plus récurrent relayé par les émissions télé qui montrent des chefs qui veulent recycler ce qu’ils cuisinent par exemple. Pour les lycéens aussi c’est une bonne expérience. « C’est important car ça aura des répercussions pour plus tard » affirme l’une des lycéennes. « C’est bien car ils participent et ils sont réceptifs  » termine-t-elle.

Une expérience qui apporte donc à tous, tant aux CM2 qu’aux lycéens, chacun apprenant de ce projet par la transmission, la compréhension et la sensibilisation à une cause.