François Pelletant a été condamné ce lundi à 3 ans de prison avec sursis, 5 ans d’inéligibilité et une amende de 20 000 euros par le tribunal de Créteil. Il est notamment reconnu coupable de travail dissimulé et d’escroquerie au sein d’associations dont il a assuré la présidence. Le maire de Linas fait appel de la décision et dénonce une « affaire éminemment politique ».

Il promet d’aller jusqu’à la Cour de cassation si il faut : « ça va prendre encore quelques années, j’ai déjà connu ce genre de procédure, ma vie n’est faite que de ça, et j’ai déjà gagné en cassation ». En attendant, son appel est suspensif, et François Pelletant reste pour le moment bien installé dans son fauteuil de maire de Linas. Il a pourtant été lourdement condamné ce lundi 14 mars par le tribunal correctionnel de Créteil. Le tribunal a retenu 11 chefs d’inculpation à son encontre, dont escroquerie, abus de confiance, prise d’intérêt ou encore travail dissimulé.

Il est condamné en première instance à 3 ans de prison avec sursis, 5 ans d’inéligibilité, ainsi que 20 000 euros d’amende. Le tribunal a suivi les réquisitions du procureur, très sévères (relayées en février par le journal Le Parisien), concernant ses activités associatives. Tour à tour président d’une association gérant un bar à Villejuif, ainsi que d’une autre oeuvrant dans les travaux, il lui est reproché l’embauche de contrats aidés, pour des activités jugées non conformes avec le principe d’une structure à but non lucratif. François Pelletant a également confondu les finances de l’association avec ses propres deniers selon le jugement, et utilisé le matériel de la commune pour ses activités.

Une condamnation grave, devant laquelle le maire de Linas reste pourtant imperturbable : « pour moi c’est ‘trop bon, trop con’, cette affaire a été montée en épingle. Avec les associations nous embauchions des jeunes éloignés de l’emploi, on ne faisait pas bosser des sans-papiers. J’ai touché des chèques des associations, mais c’était des remboursements car j’avançais l’argent ». François Pelletant compte ainsi amener de nouveaux éléments pour le jugement en appel. « Je vais faire valoir des arguments politiques, j’ai fait 2 gardes à vue de 35 heures, et les convocations ont été synchronisées avec ma campagne électorale de 2015 (ndlr : élections départementales). De plus je suis clairement la cible de l’Inspection du travail, qui a effectué des contrôles à l’ouverture de ces activités » assure le maire de Linas, ancien conseiller général.

Celui-ci dénonce « une volonté de [le] nuire » et parle de « cinq ou six anomalies dans l’enquête qui le montrent très clairement ». Selon François Pelletant, ses opposants locaux notamment, seraient liés aux problèmes judiciaires qu’il rencontre : « l’officier de police judiciaire chargé de l’enquête est un proche d’un des membres du conseil municipal de Linas ». Il indique ainsi qu’il fournira à la Cour d’appel les preuves de ses dires : « on saura tout ça dans quelques années. Je me fais des ennemis, car je ne me laisse pas faire, je me bagarre ». Un feuilleton judiciaire qui semble bien parti pour durer.