Essonne Info est allé à la rencontre du FGC 91, club de Footgolf du département qui tente de promouvoir un sport encore peu connu sur l’hexagone.

Polos, bermudas, casquettes… rien de bien étonnant à première vue ce dimanche sur la pelouse de l’Esclusiv’Golf du Coudray. Mais si le vent est bien présent, les clubs, les balles, et les chaussures de golf ne sont eux, pas de la partie. Au départ du parcours de 9 trous du complexe, les 20 sportifs du jour ne sont pas venus jouer au golf. Du moins, pas au golf de Rory McIlroy, Tiger Woods et consorts. Armés de ballons de football, et de chaussures de football stabilisées, ces derniers viennent pour un entraînement de footgolf. Une fusion entre deux sports pour le moins différents, mais à priori loin d’être incompatibles. « Ce sont les mêmes règles que le golf, à 90% », assure Toufike El Hantlaoui, le but étant de faire rentrer le ballon de foot dans un trou à l’aide de ses pieds. « C’est beaucoup plus proche du golf que du foot. Il faut vraiment appréhender le terrain, faire avec les conditions climatiques », poursuit-il.

« C’est compliqué au niveau des mentalités »

Passionné de football et de golf, Toufike n’a pas hésité bien longtemps avant de créer son propre club de footgolf. « Avec Tabet (secrétaire général), on se connaît depuis longtemps. En voyant le footgolf, on s’est dit qu’il y avait un truc sympa à faire », raconte le président du FootGolf club 91 (FGC 91). Créé en septembre 2015 avec le soutien du Conseil départemental de l’Essonne notamment, le FGC 91 fait désormais partie du cercle fermé des clubs de footgolf présents en région parisienne (avec le Paris Footgolf club), et en France. Et s’ils ne sont qu’une quinzaine à œuvrer sur l’hexagone, c’est tout simplement parce que ce sport a longtemps tardé à passer la frontière.

Lancé il y a 8 ans aux Pays-Bas, le footgolf a débarqué en France il y a moins de 3 ans. Depuis sa création néanmoins, l’Association Française de Footgolf s’engage à aménager de plus en plus de terrains pour la pratique de ce nouveau sport. En Essonne, ils sont au nombre de deux. Alors que le golf de Bondoufle est déjà bien ancré dans le monde des footgolfeurs, celui du Coudray n’a été aménagé qu’à la mi-décembre dernier. « On est encore dans une phase de test. Si tout se passe bien pourquoi pas continuer », positive Patrick, directeur adjoint de l’Esclusiv’Golf, qui a bien l’intention de s’essayer au footgolf dès l’arriver des beaux jours.

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Tabet et Toufike entament leur entraînement de footgolf (GD/EI)

Ouvert depuis près de 60 ans, le golf du Coudray-Montceaux a donc décidé de franchir ce cap que beaucoup hésitent encore à passer. Une performance non négligeable pour l’AFFG, une réussite qu’il faut choyer selon Toufike. « Quand nous venons ici, je fais en sorte que tout soit carré. On arrive sur leur territoire, il faut que nous soyons corrects », lance-t-il. Conscient de quelque peu s’immiscer en terre étrangère, Toufike ne s’attendait bien évidement pas à être reçu comme un roi sur les belles pelouses essonniennes. Si plusieurs anciens professionnels, à l’instar de Sylvain Wiltord (ambassadeur), ont très vite adhéré à cette nouvelle discipline, certains amateurs de golf n’ont bien évidement pas la même vision des choses. « C’est compliqué au niveau des mentalités », concède Patrick.

L’Essonne dans le coup

Christian et Christiane fréquentent régulièrement le golf du Coudray depuis quelques mois. Passionnés par ce sport et les valeurs qu’il incarne, ils jugent « un peu bizarre » cette arrivée soudaine de footballeurs sur leur pelouse. « Je trouve que c’est contradictoire avec la pratique du golf », lance Christiane. « Ils sont souvent en groupe, il y a du bruit et ça fait des repères différents sur les terrains », poursuit-elle, évoquant de plus une contrainte au niveau de la disponibilité du terrain (les footgolfeurs étant autorisés à commencer le parcours de 9 trous, le dimanche entre 14h et 15h).

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L’approche du green (GD/EI)

Malgré ses détracteurs, le footgolf ne cesse de prendre de l’ampleur. Présente dans de nombreux pays, cette discipline compte près de vingt fédérations à travers le monde. « Ailleurs, c’est plus professionnalisé. Il y a beaucoup plus de sponsors, de moyens financiers, de parcours. Ici on est encore en train de mettre en place le footgolf, de démarcher des sponsors, de faire des partenariats », concède Toufike. Venu des Yvelines pour s’entraîner avec son frère et ses amis, Clément a récemment eu la chance de participer aux Mondiaux de footgolf avec l’équipe de France en janvier dernier en Argentine. S’il a pu décrocher une 118e place (sur 350) en individuel, il déplore lui aussi le manque de terrains aménagés dans le secteur. « Il y a ce golf là, celui de Bondoufle. Il y en a un dans le 77 et un autre à Chatou. C’est tout », explique le footballeur et golfeur de 24 ans.

Cette année, l’AFFG organise la 3e étition de la Footgolf Cup. Un parcours de 19 étapes à travers la France du 12 mars au 19 novembre prochain, avec une finale organisée à Marrakech début décembre. Désormais dotée de deux terrains aménagés, l’Essonne aura alors l’honneur d’accueillir la première étape de cette édition pour deux journées (12 et 13 mars) parsemées de bonne humeur et de talent. Une satisfaction pour Toufike et Tabet, inscrits dans cette compétition, qui souhaitent par ailleurs faire de ce sport un projet social et éducatif pour le département.