Entièrement réorganisé en 2006 par la mise en place d’un seul et même local, le SDIS de l’Essonne, autrefois séparé en quatre, tourne chaque jour à plein régime. Un centre d’appel toujours en ébullition qu’Essonne Info a pu visiter.

Le centre d'appel est situé à Corbeil-Essonnes (FB/EI)

Le centre d’appel est situé à Corbeil-Essonnes (FB/EI)

Nous avons tous, ou presque, un autocollant du SDIS (Service Départemental d’Incendie et de Secours) collé à la porte du frigo. Et pourtant, rares sont ceux qui savent réellement ce qui se passe à l’autre bout du fil lorsqu’ils contactent la structure. Autrefois séparé en quatre établissements au sein du département, le SDIS de l’Essonne a déménagé son centre opérationnel (CODIS) depuis 2006 dans la commune de Corbeil-Essonnes. Une nouvelle disposition qui permet de regrouper les différents services d’urgence. « C’est très efficace, car désormais, peu importe la région du département d’où vient l’appel, si c’est pour la même intervention, on obtiendra la même réponse opérationnelle  » assure Ronan-Emmanuel Gaillot, adjoint au chef du CODIS. Aujourd’hui, pour vous permettre d’en savoir plus sur le fonctionnement du SDIS de l’Essonne, nous nous sommes rendus dans les coulisses du centre d’appel.

La Zone Mixte, le pôle de secours des accidents de personnes

De chez soi, le numéro à composer semble plutôt simple : le 18 ou le 112. Et pourtant, à l’autre bout du fil, le parcours de l’appel est bien plus complexe qu’on ne pourrait le penser. En effet, selon l’incident dont il est question, l’interlocuteur est susceptible de voir son cas transféré d’un service à un autre. « Au SDIS, nous avons deux opérateurs qui réceptionnent les appels. Leur but est de déterminer au plus vite le type d’incident, afin de le diriger vers le bon service  » explique l’adjoint au chef du CODIS. La structure réceptionnant à la fois les appels concernant les urgences de feu et de personne, il s’agit en effet pour les opérateurs de déterminer au plus vite qui a la plus grande compétence pour gérer l’urgence : La zone mixte, ou bien le pôle feu.

« S’il s’agit d’un accident de personne, l’appel est dirigé vers la zone mixte » reprend Ronan-Emmanuel Gaillot. Cette fameuse zone mixte, c’est une large table ronde accueillant trois opérateurs, à la fois des sapeurs-pompiers et des personnels du Samu. Une fois l’appel réceptionné au sein de ce pôle, les opérateurs cherchent en tout premier lieu à déterminer la localisation exacte de l’incident. Une information qui prime systématiquement sur les questions relatives à l’accident en lui-même, comme nous l’affirme l’adjoint au chef du CODIS. « L’important, c’est vraiment de localiser parfaitement l’accident pour être le plus rapide possible. Si l’on ne connaît pas réellement les conditions de l’incident, nous envoyons deux camions, un d’incendie et un autre d’ambulance » détaille Ronan-Emmanuel Gaillot.

Le pôle feu, en charge des accidents « naturels »

Loin de ne gérer que les urgences concernant les personnes, le SDIS s’intéresse également aux biens. Pour cela, il se doit de savoir répondre aux nombreux aléas naturels, de l’inondation à l’incendie, en passant par l’accident technologique. Alors pour gérer ces incidents au statut particulier, les opérateurs d’accueil du SDIS peuvent compter sur le pôle feu. Dans ce dernier, seuls deux opérateurs gèrent les appels, en raison de leur sollicitation moins importante que celle concernant les accidents de personnes. Tout comme en zone mixte, leur rôle est alors de déterminer au plus vite la localisation exacte de l’incident naturel.

Après avoir déterminé avec précision le type d’accident naturel en question, les opérateurs du pôle feu, à l’aide d’un logiciel, cherchent le véhicule le plus compétant en la matière. «  Il y a de nombreux paramètres pris en compte pour déterminer quel est le meilleur véhicule à engager. Plusieurs fois, nous avons envoyé des véhicules plus éloignés que d’autres de l’accident, mais qui étaient par exemple plus rapides, ou bien plus performants  » nous précise Ronan-Emmanuel Gaillot. Grâce à une organisation très bien ficelée, les appels destinés au SDIS suivent dont un schéma assez logique qui permet d’envoyer au plus vite les secours vers les lieux d’accident. Et pourtant, une fois les sapeurs-pompiers ou personnels du Samu envoyés, le travail du SDIS n’est pas toujours entièrement terminé…

Le suivi pointilleux des interventions

Une fois les appels des victimes transférés aux bons services et les véhicules de secours engagés, on pourrait croire que le travail du SDIS est terminé. Et pourtant, il existe certains cas, où la structure est contrainte d’observer avec intérêt le suivi de ses interventions. Une situation qui arrive généralement dans des incidents qui bénéficient d’un intérêt médiatique tout particulier. Pour cela, il existe une petite salle, légèrement en retrait du centre d’appel, qui abrite de nombreux ordinateurs aux logiciels très performants. Ronan-Emmanuel Gaillot nous en explique plus en détail le fonctionnement. «  Lorsque l’on tape l’adresse d’un incident réceptionné par les opérateurs, le logiciel nous affiche les détails importants de l’intervention  » poursuit-il. En quelques clics seulement, il est ainsi possible de savoir quels véhicules ont été engagés, et d’où ils sont partis. Mieux encore, les véhicules étant tous munis d’un GPS, les opérateurs du SDIS peuvent également observer en temps réel l’avancée des secours. Une technologie de pointe qui se met au service de l’incroyable efficacité du SDIS, qui, chaque jour, permet de remédier à plus de 250 incidents en Essonne pour un total de plus de 88 000 interventions pour l’année 2015 notamment.