Réunions et actions se multiplient aux Ulis pour tenter de trouver un accord entre l’Association cultuelle des musulmans des Ulis (ACMU), la plus ancienne association musulmane de la ville, et El Andalous, association créée en 2005 et qui a engagé, seule avec la mairie, les négociations pour la future mosquée aux Ulis.

  • Lundi soir, une centaine de musulmans se sont rassemblées devant la mairie pour demander la mise en place d’une coordination entre El Andalous et l’ACMU.

Lundi soir, alors que trois membres de l’association El Andalous poursuivaient leur grève de la faim, entamée il y a plus d’une semaine, les fidèles de l’ACMU étaient, eux, rassemblés devant l’hôtel de ville pour remettre une pétition au maire Maud Olivier.
A l’intérieur de la mairie, Maud Olivier recevait des représentants du Conseil français du culte musulman. Ils devraient mettre en place une médiation dans les jours à venir.

L’impossible coordination entre El Andalous et l’ACMU

Bloquée. Voilà où en est la construction de la mosquée pour le moment. Cela fait pourtant des années que le projet est lancé. Les musulmans y étaient d’ailleurs presque parvenus. L’association El Andalous a tout fait pour. Demande de permis de construire à la mairie, récolte de fonds… Mais au moment de la déclaration d’ouverture de chantier, la mairie a demandé à El Andalous ainsi qu’à l’ACMU de créer une coordination d’associations. Autrement dit, de s’unir dans ce projet de mosquée. Mission impossible pour les deux associations qui ne cessent de s’opposer depuis 2005.

C’est en effet il y a six ans qu’est née El Andalous. A l’époque, l’ACMU et la mairie n’arrivaient pas à s’entendre sur la surface de la future mosquée. La mairie n’accordant que 1500 m2 de terrain, trop peu pour l’ACMU. Fatigués de voir le projet au point mort, une poignée de musulmans ulissiens a créé El Andalous. El Andalous s’occupe alors de tout le dossier et entame les discussions avec la mairie. Mais lorsque Maud Olivier demande, il y a deux ans, aux deux associations de s’entendre sur le projet, elle s’oppose au refus catégorique de l’une, puis de l’autre.
La municipalité ne peut construire un édifice religieux sans l’accord des représentants locaux de cette religion. « Il en va dans l’intérêt général  » précise Stéphanie Atger, directrice de cabinet de Maud Olivier. «  Il doit y avoir une cohérence entre les deux parties. Sinon, rien n’empêche une autre association de venir demander un autre terrain.  » ajoute-t-elle.

L’ACMU et El Andalous se disent toutes les deux « ouvertes au dialogue »

L’ACMU s’est aujourd’hui rangée du côté de la mairie et est d’accord pour mettre en place une coordination (cela n’a pas toujours été le cas, ndlr). El Andalous, elle, ne comprend pas cette exigence de la mairie qui arrive après plusieurs années de négociations. «  Les travaux seraient encore retardés de plusieurs années  », affirme Abdenbi Messaoudi, le président d’El Andalous. «  C’est faux, rétorque Hadj Badaoui, secrétaire général de l’ACMU. Cela ne prendrait que six mois pour trouver une entente. El Andalous nous fait payer nos erreurs d’il y a six ans.  »

Si chacune veut bien dialoguer avec l’autre, aucune n’est d’accord sur la solution. «  J’ai peur que ça dégénère », confie Abdenbi Messaoudi, inquiet sur l’état de santé d’un des grévistes de la faim. L’homme âgé de 68 ans a fait un malaise lundi matin. Désormais, tout semble être entre les mains du Conseil français du culte musulman. Dernier espoir pour tenter de mettre d’accord l’ACMU et El Andalous, et permettre aux musulmans ulissiens de prier dans un véritable lieu de culte.

Mise à jour le 19 avril à 14h30.

Après à la réunion d’hier soir, la mairie s’est engagée à signer le bail définitif avant  le 13 mai. Les travaux de construction vont donc pouvoir commencer. Décision qui fait suite à l’engagement du Conseil français du culte musulman de s’impliquer dans l’affaire. Le CFCM  va en effet mettre en place une médiation pour que les deux associations s’entendent.

Dès cette annonce, les trois membres d’El Andalous en grève de la faim depuis plus d’une semaine ont suspendu leur action. Abdenbi Messaoudi, le président d’El Andalous, parle d’une « victoire pour tous les Ulissiens » et entend « s’atteler à dénouer les tensions et à assainir l’ambiance pour donner sa chance au dialogue ».

De son côté, l’ACMU est sceptique sur cette possibilité de discussion. Pour Hadj Badaoui, le secrétaire général de l’association, « le match est joué d’avance ». Il craint que la médiation n’aboutisse à aucune entente et donc que le bail soit signé entre la marie et El Andalous, en écartant l’ACMU, la plus ancienne association musulmane aux Ulis.

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