Récemment attaqués sur leur temps de travail, les agents du Département ont bien l’intention de rétablir la vérité.

Conseil général

Voilà quelques jours que les agents du Département essonniens montrent leur mécontentement. Plusieurs manifestations ont eu lieu devant l’Assemblée Départementale, ou encore devant l’Hôtel du Département, afin de contrer les différentes mesures d’austérité mises en place par la le Conseil départemental. Des mesures qui préconisent entre autres l’augmentation du temps de travail de 65h par an (de 1542h à 1607h).

Une centaine d’agents présents

Vendredi dernier, alors que les représentants des syndicats rencontraient la présidence du CD pour les premières négociations, ces derniers sont tombés face à un mur. La délibération concernant le nouveau temps de travail ayant déjà été actées, seules les modalités de l’application de ces 1607h annuelles étaient donc soumises aux négociations. Un constat inacceptable pour les agents du Département qui ont confirmé ce mercredi, lors d’une nouvelle AG à la Maison des Syndicats d’Evry, vouloir contester cette délibération.

Mais si la majorité du personnel présent a aussi voté pour que les négociations ne soient entamées qu’une fois la « délibération retirée » et uniquement « sur des bases entendables pour tout le monde », l’un des points chauds de cette AG concernait les récentes attaques de certains élus et médias à l’encontre des agents du département. Bien que personne ne connaisse réellement le temps de travail hebdomadaire (et donc annuel) effectué par le personnel (mis à part certains agents eux-même), l’interview donnée par François Durovray à RMC la semaine dernière n’est pas passée inaperçue.

En effet, l’article en question stipule que les agents du département essonnien ne travaillent que 30h par semaine. Le Président du Conseil départemental a beau avoir affirmé aux représentants des syndicats, ce vendredi, ne pas avoir donné ces informations, ces derniers attendent impatiemment un démenti officiel. « Il s’était engagé à faire un démenti. Nous allons l’interpeller pour savoir où en est ce démenti », précise un des responsables des syndicats, pendant que d’autres relancent l’idée d’une page Facebook afin que chacun témoigne de ses conditions de travail.

Plainte pour diffamation ?

Un moyen de communication par ailleurs utilisé ce lundi par Marianne Duranton, conseillère régional UDI et conseillère municipale d’opposition à Morsang-sur-Orge, afin d’accabler un peu plus les agents. « Que pensent les salariés qui habitent en Essonne et travaillent à Paris, se « tapent » tous les jours 3 heures de transports minimum et qui travaillent pour beaucoup 39 heures payés 35 ? Est ce qu’il n’y a pas une certaine INDECENCE à manifester et à se plaindre quand on travaille 30 heures payées 35 ? », peut-on y lire notamment.

Bien que relativisés dès le lendemain par Marianne Duranton elle-même, ces propos ont fortement agacé les principaux intéressés. Ce mercredi, à peine le nom de la conseillère régionale cité, que de multiples « ouhoutements » se font entendre dans la salle. « Elle raconte n’importe quoi pour faire du fonctionnaire bashing »lance une représentante des syndicats. « Beaucoup d’entre nous font déjà les 1607h si on compte tous les quarts d’heure en plus », assure un autre représentant évoquant même un possible retour à la badgeuse afin de comptabiliser les heures effectuées.

Suite à ces attaques, les agents ne comptent bien évidemment pas en rester-là. D’autres actions sont à venir et, étant donner l’ampleur des dégâts, une plainte pour diffamation pourrait même être déposée. « En réalité on bosse 1596h », calcule un agent. « Alors qu’est-ce que ça veut dire ? Est-ce qu’on travaille trop et qu’on doit demander de récupérer toutes nos heures depuis des années ? », ironise-t-elle. Pas sûr néanmoins que cette question soit risible aux yeux de tous…