Après une semaine de grève, une partie du personnel de la mairie de Saint-Pierre-du-Perray se questionne toujours sur une possible reconduction du mouvement. Ces derniers évoluant dans le secteur de l’enfance dénoncent des conditions de travail déplorables, laissant même parfois à désirer concernant la sécurité des enfants.

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80% des animateurs et des ATSEM étaient en grève ce vendredi (JL/EI)

 

Habituellement, ils encadrent les enfants dans la cour de récréation sur le temps de la cantine, en jouant avec des ballons ou autres cordes à sauter. Mais cette fois-ci, une partie des animateurs et des agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles, dits ATSEM, de la commune de Saint-Pierre-du-Perray s’était armée de banderoles, tambours ou autres mégaphones. La raison ? Les « conditions de travail qui ne cesseraient de se détériorer », avance le personnel communal gréviste. Une situation qui ne leur permettrait « plus d’assurer la sécurité des enfants » dans certains cas, confirment ces derniers.

Ainsi, du mardi 26 au vendredi 29 janvier, près des trois quarts des animateurs et des ATSEM travaillant sur la commune ont cessé leurs activités pour se mettre en grève. Une situation qui pourrait se réitérer la semaine prochaine, si « aucune mesure n’est mise en place entre-temps », menacent les grévistes.

En sous-effectif ?

Comment en sont-ils arrivés là ? Depuis quelques semaines, ces derniers seraient en sous-effectif. « Plusieurs postes sont vacants et ne sont pas remplacés. Cela a des répercussions néfastes sur notre façon de travailler », fait état Emmanuel Glandières, représentant syndical CGT du personnel. En effet, les différentes écoles de la commune seraient assez régulièrement, voire tous les jours en dehors des taux d’encadrement définis par la municipalité sur le temps du midi. « Nous devons être un adulte pour quatorze enfants en maternelle et un adulte pour vingt-huit enfants en primaire. Or, nous n’étions que deux pour 122 enfants lundi dernier », s’insurge un animateur de l’école des Quatre saisons. Même constat dans une autre structure où un autre animateur affirme avoir déjà été seul pour gérer cent enfants. « Ce sont des chiffres aberrants !, s’emporte pour sa part la maire de la commune Catherine Aliquot-Vialat. Nous avons connu des difficultés, certes, mais ces situations ne sont que ponctuelles », lâche l’élue qui explique avoir recours à une société d’intérim pour pallier au manque de personnel en attendant le recrutement de trois nouvelles recrues.

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La fameuse photo des enfants déjeunant à proximité des sanitaires, qui a circulé sur les réseaux sociaux (DR)

Pour autant, le recours à l’intérim ne satisfait pas le représentant du personnel. « Les intérimaires ne se présentent pas toujours pour effectuer leurs remplacements », constate Emmanuel Glandières. Si bien qu’avec ce taux d’encadrement parfois non respecté, « inutile de préciser nous ne sommes plus forcément en capacité de proposer des activités aux enfants le midi et même le soir sur les accueils périscolaires », confie une animatrice. D’autres problèmes se posent quant à la répartition des enfants sur le temps du midi. « Avant les baisses d’effectifs, nous pouvions faire deux services pour le repas, commente un animateur de l’école Chantefables-Chantefleurs. Aujourd’hui, nous ne sommes plus en capacité de le faire. Ce qui nous oblige à mettre l’ensemble des enfants au même service afin de pouvoir tous les surveiller ». Cette situation a laissé place à des cas presque hors du commun, comme ces enfants attablés dans un couloir à proximité des lavabos et des sanitaires à l’école Chantefables-Chantefleurs. Un cliché immortalisant cette scène a d’ailleurs fait le tour des réseaux sociaux en début d’année. « Cette photo n’a aucun rapport avec le manque de personnel, relève la maire de Saint-Pierre-du-Perray. Ce jour-là, nous avions un peu plus d’enfants que d’habitude, et le réfectoire est trop petit pour accueillir tout le monde. Voilà pourquoi une animatrice a pris la responsabilité de mettre une table à cet endroit », explique Catherine Aliquot-Vialat, qui rappelle que la structure sera agrandie dans les prochains mois à cet effet.

Autre cas, et pas des moindres, celui de la sécurité des enfants. Celle-ci serait remise en cause encore une fois par le manque d’effectif. « Le jour où nous n’étions que deux dans la cour pour 122 élèves, un enfant a fait une crise d’asthme. J’ai dû rester aux côtés de l’enfant, tandis que mon collègue avait tout le reste de la cour à surveiller. Si un autre pépin arrivait, qu’aurions-nous fait ? Ce n’est vraiment plus possible de travailler dans ces conditions », peste un animateur de l’école des Quatre saisons.

Quelles suites à donner au mouvement ?

Bref, c’est une situation qui ne peut plus durer à la fois pour la municipalité et pour ses salariés. Pourtant, elle pourrait bien se réitérer la semaine prochaine. « Il y  des chances que nous redéposions un nouveau préavis de grève pour la semaine qui vient, assure une gréviste. Nous nous réunirons dans le courant de la semaine à ce sujet ». Une seule chose pourrait les faire prendre une autre décision : une rencontre avec les services communaux. « Jusqu’à présent, nous n’avons pas d’interlocuteur en face », note Emmanuel Glandières qui affirme alerter la mairie sur la dégradation des conditions de travail depuis septembre dernier.

Pour sa part, Catherine Aliquot-Vialat ne comprend pas cet argument. « Ils ont eu un rendez-vous un jour avant de faire grève lundi dernier avec le directeur général des services. Un autre rendez-vous leur était proposé ce jeudi, mais ils n’ont pas donné suite », atteste cette dernière. Pour autant, s’ils demandent un autre rendez-vous, celle-ci indique qu’ils seront « naturellement reçus », l’objectif principal de la maire étant de régler cette situation pour éviter de gêner plus longtemps les familles. « Ils ont le droit de faire grève, mais il faut aussi penser aux parents », insiste-t-elle. En effet, la semaine dernière suite à la grève massive du personnel, une partie de l’accueil périscolaire n’était pas assurée, faute… d’effectif ! « Je ne garantis pas que nous trouvions un accord sur toutes leurs revendications, mais il y a au moins la possibilité de discuter sur quelques points », conclut la maire. Cela suffira-t-il à apaiser les esprits ? Difficile à dire, d’autant plus que le personnel gréviste a déjà obtenu plus de 500 signatures de soutien par le biais d’une pétition lancée jeudi dernier. Affaire à suivre…