A l’aube de son vingt-cinquième anniversaire, l’université d’Evry et ses 10 000 étudiants se projettent vers l’avenir. Celui-ci est désormais clairement tourné vers le projet Paris-Saclay, tout comme les autres établissements présents dans la ville-préfecture. 

En décembre dernier, le projet d’université Paris-Saclay déposait son dossier Idex (lire notre article), c’est à dire le bilan d’étape et les perspectives de constitution d’un large pôle d’enseignement supérieur et de recherche composé de 18 établissements, écoles, universités et centres de recherche du Plateau. Alors que le projet est soumis à l’évaluation d’un jury international, l’université Paris-Saclay, ou plus précisément la Comue (Communauté d’universités et d’établissement) voit l’année 2016 comme celle de sa « consolidation », selon les mots de son président Gilles Bloch.

Celui-ci a précisé devant les élus et institutions réunis par l’Etablissement public d’aménagement (EPAPS) le cap qu’allait suivre son université, et notamment les liens approfondis avec les voisins d’Evry : « dans les prochains mois, un certain nombre d’établissements de droit vont être associés à la Comue, dont l’université d’Evry et l’Ensiie (école d’ingénieur d’Evry) ». Après Télécom Sud Paris (ex-INT), déjà membre de Paris-Saclay à travers le groupe d’écoles Télécom, le bassin évryen d’enseignement supérieur semble donc regarder plus que jamais du côté de Saclay.

Ayant pris cette direction dès 2014, avec l’ambition de mutualiser sa recherche et de labelliser 70% de ses masters « Saclay » (lire dans nos archives), l’université d’Evry-Val d’Essonne attend donc le feu vert pour entrer pleinement dans la Comue, avec une période transitoire comme membre associé. C’est ce sur quoi a insisté son président lors de la présentation de ses voeux le 21 janvier dernier : « cette association à l’Idex Paris-Saclay légitime toute l’excellence du campus d’Evry et de ses partenaires (…) nous nous attacherons à lui donner corps, vitalité et vigueur dans un partenariat constructif ».

Patrick Curmi a profité de cette année où l’université d’Evry fête son quart de siècle pour vanter ses atouts, « pluridisciplinarité », « des filières de recherche d’excellence » ou encore la « professionnalisation » en affirmant que « ces 25 ans nous ont rendu solides pour l’avenir ». Une identité qu’il entend conserver pour intégrer Saclay. Présent à sa cérémonie, le secrétaire d’Etat chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Thierry Mandon, s’est lui aussi montré confiant pour la suite concernant le campus évryen : « les établissements sont déjà associés, ils développent des projets en commun, ils gagneraient maintenant à intégrer plus Paris-Saclay ».

Ce dossier qu’il avait auparavant suivi au sein du Conseil général, en tant qu’ancien élu de Ris-Orangis et du Département, semble désormais lui tenir à coeur, avec une multiplication des visites de sa part sur place. Thierry Mandon se dit également « pour une intégration à terme en tant que membre à part entière d’Evry » dans l’université Paris-Saclay. Il en va du même processus pour l’Ecole nationale supérieur d’informatique pour l’industrie et l’entreprise (Ensiie), également située à Evry. Avec ses 400 élèves, elle veut aussi trouver toute sa place dans le projet Saclay, alors qu’elle est déjà en rapprochement avec Mines-Télécom. Son directeur Ménad Sidhamed voit la chose d’un bon oeil « car les élèves obtiennent le diplôme Paris-Saclay », même si selon lui, « tout reste à construire, car beaucoup de ministères sont concernés ».