Le Conseil départemental vote ce lundi son budget 2016. La majorité y prévoit 35 millions d’euros de nouvelles économies. Tous les secteurs d’action du Département sont touchés, en particulier les compétences non obligatoires.

Conseil général de l'Essonne - CG91

La séance publique du Conseil départemental de l’Essonne dédiée au budget 2016 s’annonce houleuse. La nouvelle majorité (LR, UDI, Divers droite) issue des élections de mars 2015 soumet aux élus du Département une batterie de mesures censées améliorer la situation financière de l’instance. Et les protestations ne manqueront pas d’accompagner cette séance, au cours de laquelle l’opposition de gauche et quelques élus de la majorité ont prévu de contester certains choix budgétaires, pendant que l’intersyndicale des agents du Conseil départemental appelle à manifester devant la salle de l’assemblée départementale (lire notre article).

Au total, 35 millions d’euros de coupes budgétaires sont inscrites dans ce budget primitif, après les 10 millions d’euros du budget modificatif de 2015, à quoi s’ajoute 70 millions d’euros de recettes supplémentaires avec l’augmentation de près de 30% du taux départemental d’impôt foncier sur le bâti (lire notre article). Plusieurs actions ou symboles de l’Essonne sont enterrés, comme le Festival Cinessonne ou la Carte jeune (lire notre article), et de nombreuses politiques publiques sont revues à la baisse, en particulier ce qui est non-obligatoire, les compétences dites « partagées » au regard de la loi Notre.

C’est ainsi en séparant les dépenses et recettes obligatoires de celles qui ne le sont pas qu’est présenté le budget primitif, ce « pour éclairer les élus sur ce qui relève des compétences propres du Département et les autres » justifie le président de l’instance François Durovray. Les économies se retrouvent à tous les étages et les opérateurs du Département vont pour la plupart devoir continuer leurs activités avec 15 à 30% de baisse sur leur subvention essonnienne (hors les pompiers qui ne subissent que milliers d’euros de baisse). Missions locales, associations pour le logement, milieu de l’insertion, politiques pédagogiques ou environnementales, chacun va devoir composer avec ces restrictions budgétaires.

Bataille annoncée à l’assemblée départementale

Tous les autres opérateurs, notamment culturels, du Conseil départemental, sont touchés par les baisses de subvention : grandes et petites salles de spectacle, théâtres, compagnies, réseaux de musique… « Pour les petits, ça risque d’être très très douloureux » confirme l’un d’eux. Un second met en perspective que « d’autres financeurs pourraient aussi se désengager ». « Ce qu’on propose en deux ans, c’est inédit » confirme François Durovray, « mais nous n’avons pas beaucoup de marge de manoeuvre. C’est pour cela que nous allons très vite ». Au cours du Débat d’orientation budgétaire de décembre, le président avait décrit une situation de « faillite » et tout laissait présager un plan d’économies massif.

Le budget proposé ce lundi n’est en tout cas pas vu d’un bon oeil du côté de l’opposition de gauche, d’autant plus qu’elle est accusée par la nouvelle majorité de droite d’être à l’origine d’une situation de « cavalarie budgétaire » qui doit être stoppée. « Il faut réaliser un autre budget. Contrairement à ce qu’ils prétendent, le Département était bien géré et la dette maîtrisée, les dépenses rattachées à l’exercice suivant se font partout, cela restait raisonnable pour nous » plaide David Ros, qui demande un report du vote du budget : « qu’ils nous prouvent que toutes ces économies sont justifiées, alors que l’investissement aux communes est lui, augmenté, on sacrifie ceux qui innovent et font vivre le Département ». Pas question de reporter le vote du côté de la majorité. « Plus on attend et plus nous devrons faire d’économies » argumente François Durovray, selon qui « les baisses aux opérateurs auraient pu être plus lissées si mes prédécesseurs avaient anticipé ».

Le président du Conseil départemental indique ainsi que son instance « aidera à chercher du mécénat » les structures concernées, et parle « d’équilibre » et de « bon dosage » dans sa demande d’efforts aux Essonniens. « On a fait pas mal de réunions, pour voir ce qu’on pouvait conserver, sans casser l’esprit social du Département. On va recadrer un certain nombre de politiques. Il ne s’agit pas de casse mais de réadaptation des services aux Essonniens » explique Eric Mehlhorn, le vice-président au patrimoine essonnien et maire de Savigny-sur-Orge. Une position qui risque fort d’être contestée dans l’hémicycle départemental ce lundi, comme sous les fenêtres des élus par des agents en colère rejoints par des citoyens concernés par ces politiques.