Différentes entreprises du département sont dans des situations délicates… la CGT organisait ce mardi une rencontre de représentants syndicaux du Département pour dénoncer une « urgence sociale ».

C’est une vague de mécontentement qui se déploie dans certaines entreprises du territoire. Alors que François Hollande met l’emploi en avant, les plans sociaux sont de plus en plus fréquents dans le département. « C’est un état d’urgence sociale  » affirme Ollivier Champetier, responsable départemental de la CGT. Ce mardi 19 janvier, se tenait une conférence de presse qui a rassemblé une dizaine de représentants d’entreprises du territoire pour exposer la vague de licenciements qui s’abat sur l’Essonne. « On souhaite une table ronde avec le MEDEF pour discuter de la situation actuelle  » poursuit-il.

Ainsi, c’est dans un état d’esprit assez morose mais combatif que différents représentants ont décrit chacun leur tour la situation, actuellement, dans leur entreprise et dénoncer des licenciements en cours. Parmi les syndiqués notamment, des salariés de ID Logistics à Lisses, des services publics, la CGG, Alstom – ou General Electrics, Renault, Pixmania ou encore Altis. Tous sont présents pour exposer leur situation.

Des entreprises à la dérive ?

Ce sont les représentants d’ID Logistics qui prennent la parole. Depuis quelques semaines, les salariés de Lisses sont en conflit avec la direction (lire notre article), elle a entamé depuis des procédures disciplinaires à leur encontre. « Ils prévoient 31 licenciements dont 11 délégués et 20 salariés » explique Eric, délégué du personnel CGT de Lisses. Une décision que les salariés ne comprennent pas. « Je viens d’être licencié » explique Jean-Paul, délégué CGT d’ID Logistics Lisses. « Nous avons des revendications légales. C’est un plan social déguisé et nous avons fait grève. Nous étions plus de 100 grévistes et 35 d’entre eux sont licenciés ».

Du côté des services publics, le constat est le même. La Poste, service public le plus touché, voit une depuis plusieurs année une diminution du nombre de ses salariés : 24% en moins entre 2011 et 2015 selon le recensement des syndicats. L’aménagement du territoire est sinistré et on observe une désertification de ce service. L’exemple donné, c’est Grigny. 12 000 habitants à la Grande Borne et pas une seule poste à l’horizon depuis la fermeture, il y a 2 ans, du dernier bureau de poste présent dans le quartier.

L’entreprise CGG, elle, observe des problèmes similaires. Située à Massy, son plan de restructuration prévoit la suppression de 200 emplois à Massy et aux Ulis. Irène Huart, travaillant à la CGG, ne peut que déplorer ce qui se passe actuellement. « Ce plan se centre sur les secteurs les plus rentables. Ainsi, une grande partie des compétences technologiques seront perdues » affirme-t-elle. Aujourd’hui, les salariés tentent de proposer des solutions alternatives pour maintenir les emplois. « Nous proposons le maintien de la recherche et du développement mais aussi de l’ingénierie. Nous défendons aussi la réduction du temps de travail à 32 heures sur le site de Massy afin de préserver les emplois » termine Irène Huard.

Alstom, ou, maintenant, General Electric, connaît également des difficultés, depuis l’annonce de 700 suppressions d’emploi en France pour le groupe. Ce n’est pourtant pas sa première restructuration. « On est victime de la loi du capitalisme. Alstom avait des difficultés financières pendant un temps et General Electric en a profité pour se payer les deux tiers du groupe » explique Yves. Le groupe vient d’annoncer un vaste plan de restructuration avec, au total, plus de 300 emplois supprimés sur le site de Massy.

A Renault Lardy, d’autres revendications font jour. Avec l’embauche importante d’intérimaires, beaucoup souhaitent avoir le statut de salariés. La CGT sur place retient les dizaines de départs survenus depuis 3 ans, et souhaite un plan d’embauche pour pallier aux besoins.

Egalement Pixmania se voit dans l’impasse la plus totale. Basée à Brétigny, l’entreprise est en redressement judiciaire (lire notre article). Le 28 janvier, une audience se tiendra pour la condamner à la fermeture. Le groupe britannique qui avait racheté intégralement la marque en 2012 a voulu se séparer de l’entreprise en communiquant que c’était un maillon faible. 2 plans sociaux plus tard, aucun repreneur ne s‘est fait connaître. L’entreprise est dans l’impasse.

Enfin, Altis se trouve également en mauvaise posture. Anciennement IBM Corbeil-Essonnes, les salariés ne comprennent pas les choix de leur direction. « Depuis deux ans, Altis a du mal à nous payer car il y a une financiarisation excessive  » affirme l’une des représentantes d’Altis. « Le tribunal de commerce nous a informé que les caisses de cotisations n’étaient plus payées ; elles tentent donc de faire liquider l’entreprise. Le mois dernier on a appris que la retraite complémentaire n’était plus payée non plus » se scandalise-t-elle.

Toutes ces entreprises se rassemblent pour alerter les Essonniens et les pouvoirs publics et souhaitent se montrer pour faire parler d’elles et de ce qui se passe. « Il faut se rassembler et lutter » termine Ollivier Champetier.Il en va de même chez les agents du Département, qui entendent contester les mesures de restrictions proposées par l’instance (lire notre article)