Depuis le début de sa saison culturelle, l’Espace Jean-Lurçat de Juvisy-sur-Orge est hors de ses murs. Début mars, le bâtiment sera rénové pour faire peau neuve.

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C’est un lieu culte de l’Essonne. L’Espace Jean-Lurçat de Juvisy est en pleine mutation. Pour cette année 2016, le bâtiment fait peau neuve et ferme ses portes pour se rénover intégralement. En effet, cette bâtisse des années 1950 commence à vieillir et doit être relookée. « C’est un nouveau cap à passer  » explique Mohand Haddar, responsable de l’Espace Jean-Lurçat. C’est une nouvelle étape pour ce lieu qui veut entamer une phase de travaux d’environ 18 mois. « Le début des travaux est prévu pour mars et la réouverture de l’espace pour la saison 2017–1018  » poursuit Mohand Haddar. Une période de travaux longue, certes, mais nécessaire pour pouvoir accueillir plus de public et remettre l’espace juvisien aux normes. Une chose est sûre : le lieu va faire peau neuve.

 

Une nouvelle salle 

C’est une phase de travaux importante qui débute pour l’espace Jean-Lurçat. Actuellement, il y a une grande salle qui permet d’accueillir 450 personnes assises et 800 à 900 personnes debout. « On a des gradins amovibles qui nous permettent d’accueillir tous types de prestations artistiques, que ce soit des concerts, du théâtre ou de la danse  » explique Mohand Haddar. De plus l’ouverture de scène est suffisamment grande pour que les évènements culturels y soient assurés dans des conditions optimales. « La scène fait 16m d’ouverture sur 10m de profondeur; on a donc des contraintes limitées » poursuit-il. L’espace peut accueillir, certes, des spectacles mais bien d’autres activités . « C’est très pluridisciplinaire. On peut avoir des évènements institutionnels ou encore des manifestations associatives ». Bien que la salle puisse accueillir des événements divers et variés, les travaux vont d’abord servir a accentuer la polyvalence de l’espace Jean-Lurçat. « La polyvalence est limitée car lorsque nous faisons un spectacle et des manifestations diverses, pour passer de l’un à l’autre, la salle doit totalement changer de visage » affirme Mohand Haddar. En effet, passer d’une configuration à une autre est très complexe. « Même si les gradins sont modulables, ils n’ont pas été conçus pour être autant manipulés. Du coup, l’usure est plus rapide et accentuée avec le temps ». Il n’y a pas que ce problème là. La manutention est très élevée pour monter et démonter les gradins. « 4 personnes sont nécessaires sur une journée donc un coût très élevé » confie-t-il.

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C’est donc le premier grand point à améliorer pour l’Espace Jean-Lurçat et donc, au-delà du renouveau de la salle, de nouveaux gradins adaptés et modulables seront installés. « Ils seront également plus confortables. Aujourd’hui, on a tout une partie des gradins, ceux qui sont devant la scène, qui sont avachis et pêchent sur la visibilité. On va rationalisé l’espace » certifie le responsable du site situé à Juvisy.

 

Un nouveau visuel

Le deuxième point de rénovation sera l’enveloppe. « Le bâtiment date des années 1950 et les menuiseries datent de cette époque-là également. On a donc des problèmes d’étanchéité  » ajoute Mohand Haddar. En effet, les nouvelles mises aux normes énergétiques ne sont pas respectées vu l’âge du bâtiment. Un mauvais point pour eux puisque leur facture s’envole en hiver. Faire chauffer une si grande salle coûte cher… Mais l’été aussi, avec les grandes baies vitrées situés à l’ouest, les fortes chaleurs sont difficilement supportables pour l’Espace Jean-Lurçat. « On va donc changer toutes les menuiseries extérieures et on en profite pour refaire la façade tout en respectant l’architecture initiale du bâtiment et pour donner un aspect actuel et plus ouvert sur l’extérieur ».

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L’espace Jean-Lurçat fait peau neuve et pour cela, se fait bien aider. « Pour la rénovation, il y en a pour environ 3 millions d’euros dont une grande partie est financée par le Conseil départemental  » indique Mohand Haddar. « 70% sont pris en charge par le Département et le reste par la communauté d’agglomération Les Portes de l’Essonne », souligne Robin Reda le maire de Juvisy, qui évoquait lors de la cérémonie de voeux juvisienne, sa joie de voir le site rénové. 

La réouverture est prévue pour la saison 2017–2018. Bien que le site soit actuellement fermé, la saison culturelle se déroule en toute tranquillité. « On investi d’autres lieux et on va à la rencontre des habitants du territoire pour instaurer un contact différent et amener le public » assure Mohand Haddar. Pourtant les angoisses étaient bien présentes lorsque la décision des travaux fût prise. Comment faire une saison culturelle sans avoir sa propre salle ? « Au départ, on pensait que ça allait être une contrainte mais au final, ça nous a donné des opportunités car nous avons dû être plus  imaginatifs et dans l’expérimentation » confirme Mohand Haddar.  

 

L’importance des souvenirs

Durant ces travaux, un projet est né. « Compte tenu de cette fermeture temporaire et de l’attachement des habitants à cette salle, on les a sollicité pour avoir leur avis sur ce bâtiment » poursuit-il. Ainsi, avec la collaboration de Tubograph, la récolte des mémoires dans habitants est née. « On a édité une trentaine de cartes postales différentes, certaines montrent l’ancien bâtiment et d’autres sont des photos récentes que nous avons faites  ». Ainsi, à diverses occasions, ces cartes postales seront distribuées et seront marquées par les meilleurs souvenirs des habitants du territoire. « On les distille au fur et à mesure sur Facebook avec l’idée de faire un livret qui regroupe tous les souvenirs ». Un bon moyen de conserver les meilleurs moments des personnes ayant vécu des instants de bonheur dans la salle. « C’est important. Un souvenir qui m’a fait beaucoup rire, c’est celui d’une femme qui a rencontré son mari ici. Sa voiture a crevé juste devant la salle, elle est entrée et a cherché quelqu’un pour l’aider. l’homme qui l’a aidée , c’est son mari maintenant. Je trouve ça touchant   », confie le directeur.

Mais même avec cette rénovation l’Espace Jean-Lurçat de Juvisy garde aussi en mémoire tous les instants qui ont fait que la salle en est là aujourd’hui. Un renouveau prometteur donc.