Malgré quelques belles initiatives, l’année 2015 restera une année noire pour le milieu de la culture en Essonne. Entre fermeture de MJC et incertitudes pour d’autres, retour sur les éléments marquants de cette année.

 

L’année culturelle aura été riche en Essonne. Outre les différentes saisons culturelles dans les grandes salles du département, telles le Rack’Am, Le Plan à Ris-Orangis – qui fêtait par ailleurs son premier anniversaire –, Paul B, Jean-Lurçat à Juvisy, les Arènes ou encore l’Opéra de Massy avec la prestation de la compagnie de Julien Lestel, les expositions et les performances artistiques y sont allées bon train en Essonne, notamment concernant le street art.

Car oui, depuis janvier 2015 et durant deux ans, des artistes de renommée nationale ou internationale, viennent investir les murs des six villes qui composent l’agglomération d’Evry afin de mettre de la couleur et de la poésie dans la ville. Plusieurs artistes de renom sont venus poser leur pattes dans les villes de l’agglo comme Clet, Cranio, Combo et sa fresque « Coexist », Reoner ou encore l’œuvre titanesque de Speedy Graphito, qui a réalisé une peinture monumentale sur les murs des Arènes d’Evry.

Seulement, l’actualité culturelle en Essonne ne se résume pas qu’à ces événements, loin de là. Plusieurs festivals ou structures associatives tournées vers la culture ont cessé d’exister durant cette année

Nuages noirs au-dessus des MJC

En cette année 2015, de nombreuses municipalités ont répercuté les baisses de dotations globales de l’Etat sur le milieu de la culture. En d’autres termes, les subventions allouées aux associations ont fortement réduit, mettant en péril des structures comme les maisons des jeunes et de la culture, comprenez les MJC. A Chilly-Mazarin, le doute a longtemps plané sur la fermeture ou non de cet équipement. La municipalité avait dans un premier temps annoncé la destruction des locaux de la MJC, sans pour autant proposer de solutions de retrait aux membres de l’association. Face à ce manque d’information, la population s’empare du dossier. La mobilisation enfle sur place pour tenter de faire revenir le maire et son équipe sur leur décision de mettre un terme aux activités culturelles. La mobilisation est telle, notamment lors des conseils municipaux, que certains d’entre eux ont dû être reportés. Finalement, la fermeture de la MJC est finalement entérinée. Pour continuer ses activités, la MJC doit alors se trouver un nouvel endroit. Et c’est après plusieurs semaines que celle-ci obtient un local situé en plein centre-ville. Un endroit au sein duquel, les membres de l’association vont pouvoir entamer la nouvelle vie de la MJC, avec un projet pédagogique quelque peu différent. Ce qui constitue une petite victoire pour ses membres qui ont fêté la « réouverture » de leur MJC lors d’une soirée d’inauguration. Ce soir-là, les nouveaux locaux paraissaient d’ailleurs trop petits.

Cette situation n’est pas la seule en Essonne. En effet, la MJC de Savigny-sur-Orge est également dans la tourmente. Ici, c’est encore le contexte budgétaire qui semble avoir raison de ce modèle singulier. En coupant les subventions à la structure associative, la ville la met dans une situation qui pourrait s’avérer fatal pour elle. Comme à Chilly-Mazarin, la mobilisation populaire est elle aussi présente. Si forte même, que plusieurs conseils municipaux se sont déroulés sous hautes-tensions, laissant place à quelques scènes hors du commun. Malgré cela, la situation reste à ce jour figée entre le collectif qui défend notamment la MJC et la municipalité.

Qu’attendre pour 2016 ?

En plus des MJC, d’autres lieux culturels sont en danger dans le département. C’est notamment le cas de la Grotte de Saintry-sur-Seine. Ce lieu culturel qui a accueilli de nombreux artistes venant du monde entier a ainsi fermé ses portes en cette fin d’année.

Un sort funeste qui pourrait guetter quelques résidences d’artistes. Parmi elles, figure le Ferry de Palaiseau. Depuis le début d’année, la situation se tend entre la municipalité et les artistes. Division du budget par 5, non renouvellement du poste de régisseur, fermeture du lieu au public… Bref, une période noire pour ce lieu culturel créé en 2011, même si rien ne semble encore définitivement tranché.

A quelques kilomètres de là, une autre résidence d’artistes est dans l’expectative. Il s’agit de l’ancien site TDF des Molières. Dans ces locaux dédiés à l’art, pas moins de 25 artistes cohabitent pour y réaliser leurs œuvres. Peintures, graffs, sculptures… la liste de ces dernières est longue. Les baux précaires de ce site appartenant à la communauté de communes du Pays de Limours se terminent en avril prochain.

Pourtant, cette vague de fermetures de sites culturels ne devrait pas s’arrêter là. En 2016, d’autres lieux pourraient disparaître. Idem pour les festivals. Trace ta Root, un festival organisé à Etampes est passé à deux doigts d’être supprimé cette année. 2016 devrait encore être une année difficile pour la culture.

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