Entre inauguration, réorganisation ou fermeture, le milieu de la santé en Essonne aura connu de nombreux bouleversements dans le courant de cette année 2015. Retour sur ce qu’il ne fallait pas rater.

Cette année 2015 aura vu la réalisation de nombreux projets en Essonne en matière d’organisation du système de santé. Pour la plupart, il s’agissait de dossiers anciens, comme notamment celui concernant l’inauguration du centre hospitalier Sud-Francilien (CHSF) de Corbeil-Essonnes. Ouvert au public depuis janvier 2013, ce véritable mastodonte n’avait encore jamais eu d’inauguration au sens propre du terme. C’est finalement avant l’été que cette dernière s’est déroulée, en présence de nombreux élus locaux et de la ministre de la Santé, Marisol Touraine. Ce moment aura permis au directeur de faire le point sur les projets de développement de la structure dans les prochaines années, peu de temps avant de prendre sa retraite.

Une inauguration en grande pompe donc, mais marquée par différents mouvements. Ce jour-là, le personnel médical de plusieurs établissements de santé de l’Essonne était venu pour interpeler la ministre notamment sur leur avenir.

Les maternités malmenées

Parmi eux, une délégation venue de Dourdan avait fait le déplacement. Ces derniers, présents en nombre, avaient fait le choix de venir jusqu’à Corbeil-Essonnes pour en savoir plus sur l’avenir de leur maternité. Car oui, après avoir réussi à obtenir la poursuite de l’activité de la maternité de Dourdan en février 2014, celle-ci était de nouveau dans le collimateur de l’ARS depuis décembre 2014. Face à ce nouveau coup du sort, le personnel du site, les élus locaux ainsi que les parturientes elles-mêmes avaient d’ailleurs repris les banderoles de 2014 pour les agiter devant les locaux de l’ARS de l’Essonne en janvier dernier. Ils avaient d’ailleurs reçu entre autres le soutien du Conseil général. Quelques semaines plus tard, ce sujet était même devenu une des thématiques de la campagne pour les élections départementales.

A l’inverse de 2014, la situation a duré dans le temps. Après plusieurs mois de combat entre les défenseurs de la structure et les partisans de sa fermeture, l’avenir du service de maternité de Dourdan devient moins opaque avec la réalisation d’un rapport de l’IGAS. Cependant, avant d’être révélé au grand public, plusieurs éléments du dossier ont fuité dans la presse. Et ces rumeurs étaient loin d’être à l’avantage des défenseurs de la maternité. Ces derniers avaient d’ailleurs pointé du doigt une « instrumentalisation » de ce rapport par les adeptes de la fermeture du site, et ils avaient appelé à la reprise de la mobilisation pour sauver la maternité.

Interrogée quelques jours plus tard sur ce sujet, Marisol Touraine annonçait qu’elle n’avait pas encore tranché sur ce dossier, laissant ainsi le doute sur l’avenir du site. De son côté, le directeur régional de l’ARS Claude Evin assumait sa décision de fermer le site pour envisager un déménagement vers l’hôpital d’Etampes. Le suspens aura finalement été de courte durée, puisque quelques jours après cette annonce de Marisol Touraine, les conclusions du rapport tombent : le site sera bien fermé. Une date est d’ailleurs avancée pour la fermeture du service. Il s’agit du 1er juillet.

Résolument contre cette décision, les défenseurs de la maternité de Dourdan ont déposé un recours. Une action qui n’aura toutefois pas empêché le transfert définitif du service vers la sous-préfecture du Sud-Essonne.

Même constat pour une autre maternité de proximité, celle de l’hôpital Jacques Cartier de Massy. Suite à une harmonisation des services avec l’hôpital voisin d’Antony, le service de maternité a finalement été transféré vers ce dernier en août, malgré les nombreux mouvements de grève et de contestations. Il n’y aura donc plus d’enfants massicois. Une décision purement assumée par la direction de ces deux sites et par le maire de Massy.

Même difficulté pour la réanimation de l’hôpital d’Arpajon, qui devait être transférée vers le CHSF de Corbeil-Essonnes fin mai, et ce, malgré la mobilisation de plusieurs centaines de personnes. Environ 300 personnes avaient pris part à une marche dans les rues de la ville pour le maintien de ce service de proximité.

« La fin d’un service de proximité »

« La fin d’un service de proximité ». C’est la peur de beaucoup d’élus du territoire, qui a pris une certaine importance avec la mise en place d’un programme de réorganisation des CPAM. Le projet de la refonte de l’organisation de la sécurité sociale en Essonne a fait parler de lui. S’inspirant du modèle emprunté par la Poste, les instances départementales ont planifié la fermeture de près des deux tiers des structures d’accueil sur les trois prochaines années. L’objectif étant de renforcer l’efficacité des services proposés aux usagers qui fréquentent ces équipements. À termes, ce sont 15 centres d’accueil de la CPAM qui pourraient fermer leurs portes sur les 27 existants. Une refonte du système que voient d’un mauvais œil une partie des élus, des syndicats et des assurés sociaux directement concernés par ce programme. Certains ont ainsi manifesté leur hostilité au projet, comme à Viry-Châtillon.

Du côté du CHSF, certains voient aussi une entrave à la proximité. En effet, en cette fin d’année, la gratuité du parking de l’hôpital a été remise en cause. Ceci a notamment valu de nouvelles mobilisations à ce sujet. Bref, sur certains dossiers, l’année 2016 risque d’être autant mouvementée que 2015.

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