Cette année 2015 aura été riche en débats politiques, avec pas moins de deux élections à neuf mois d’intervalle. Un scrutin départemental suivi d’un autre régional, tous deux remportés par la droite. Retour sur l’année politique essonnienne.

Conseil départemental

Comme en 2014, l’année 2015 commençait sur les chapeaux de roue pour ceux qui visaient l’obtention d’un mandat électif. Car dès la fin mars, les électeurs essonniens étaient de nouveau appelés aux urnes pour élire leurs conseillers départementaux, ex-conseillers généraux. Pour la première fois, il fallait ainsi voter pour des binômes dans les 21 cantons que compte l’Essonne. Des binômes qui étaient parfois issus de la même famille politique ou bien encore résultant de l’alliance de certains courants. L’UMP a ainsi présenté des binômes avec des candidats UDI ou du MoDem par exemple.

A gauche, la démarche à l’ouverture était aussi de mise. Sauf que celle-ci aura mis plus de temps à se dessiner. Les différentes forces de gauche ont finalement conclu un accord assez tardivement, avec pour objectif de conserver le Conseil général de l’Essonne.

Une fois le décor planté, les différents courants pouvaient alors se livrer à la bataille pour le Conseil départemental qui gère une dizaine de compétences comme celles des collèges ou de la culture notamment. Les débats départementaux ont rapidement été débordés par les sujets de politiques locales. Le pôle de services de Viry/Grigny, l’EHPAD des Ulis, le Grand Stade de rugby, ou encore la destinée de la MJC de Chilly-Mazarin et la maternité de Dourdan ont été au cœur des débats de la campagne électorale.

Au fur et à mesure que le scrutin avançait, quelques collectifs ont tenté de s’immiscer dans les débats eux-aussi. C’est notamment le cas du collectif anti-gaz de schiste 91. Ces derniers ont choisi de mettre la pression sur la totalité des candidats pour que ceux-ci s’engagent à ne pas autoriser l’exploitation d’huile de schiste s’ils étaient élus. Afin d’être encore plus crédible, le collectif annonçait même être en capacité d’investir des candidats face à ceux qui n’auraient pas voulu s’engager contre l’exploitation de ce combustible.

Parallèlement à cela, un parti montait dans les sondages. Il s’agit du Front National. Ce dernier a été parmi les seuls à présenter un binôme dans chaque canton. Galvanisé par la venue de Marine Le Pen à Savigny-sur-Orge, le parti frontiste se voyait bien être l’arbitre de ce scrutin.

A une semaine du premier tour, la rédaction d’Essonne Info s’était ainsi mobilisée pour vous faire vivre trois débats de fond entre les candidats des différentes tendances qui se présentaient aux élections. Georges Tron (UMP), Jérôme Guedj (PS), Marianne Duranton (UDI), Audrey Guibert (FN), Jean-Marc Pasquet (EELV) ou encore Philippe Juraver (FdG), s’étaient livrés au jeu de ces débats.

Au soir du premier tour, la droite vire en tête dans plusieurs cantons, mais le second tour s’annonce serré, la gauche ayant fait preuve d’une belle résistance dans certains secteurs. Pour autant, le second tour confirme les scores du premier tour. La droite s’empare du Conseil départemental pour la première fois depuis 17 ans et rafle notamment des bastions réputés de gauche, comme le canton qui réunit Viry-Châtillon et Grigny.

La bataille du troisième tour

Après ces résultats tonitruants pour l’alliance de la droite essonnienne, vient le temps du troisième round pour obtenir la fonction de président du Conseil départemental. Georges Tron, maire de Draveil, fait face à François Durovray, maire de Montgeron, dans ce combat post-électoral. Après plusieurs rebondissements, c’est finalement ce dernier qui est élu suite au retrait de Georges Tron. Intronisé début avril, il devient ainsi le premier président du Conseil départemental.

François Durovray lâche ainsi son mandat de maire de Montgeron qu’il venait de conquérir un an auparavant afin de se livrer pleinement à ses nouvelles fonctions. Celui-ci avait d’ailleurs confié les grands axes de sa politique dans un entretien réservé à Essonne Info. Il avait ainsi expliqué ses plans pour « redresser les finances de l’Essonne » et évoquer ses projets pour l’avenir du Département, avec la mise en place des Assises de l’Essonne.

Place aux régionales

Une campagne électorale en chasse une autre en cette année 2015. Après la campagne des départementales, place à celles des élections régionales. L’objectif ici était de renouveler les 209 conseillers régionaux d’Ile-de-France, parmi lesquelles se trouvaient deux vice-présidents essonniens.

A trois mois du scrutin, la campagne a pris timidement ses droits, notamment sur la thématique des transports. La plus grosse compétence exercée par le Conseil régional était au cœur de la plupart des débats. L’avenir des RER, la question des projets comme celui du T7 qui doit rallier Athis-Mons à Juvisy ou encore la réalisation du Grand Paris Express ont été débattues, chaque camp affichant ses propositions pour permettre la meilleure mobilité qu’il soit aux Franciliens. Outre ces débats, la thématique des lycées s’est notamment immiscée dans les discussions.

Toutefois, cette campagne a été interrompue par les terribles attentats qui ont frappé la capitale ce 13 novembre dernier. Et elle a bien eu du mal à repartir après cela.

Pour autant, le premier tour des élections régionales a été révélateur « d’un sursaut citoyen ». En effet, la participation a été plus importante qu’en 2010 lors des précédents scrutins. Une tendance qui s’est vérifiée au second tour également.

Quant aux résultats, c’est une fois de plus l’alliance de droite qui est sortie en tête du premier tour, devant la liste socialiste et le FN. Pour espérer conserver la Région, le Parti socialiste, le Front de Gauche et les écologistes ont réussi à s’unir avant le second tour, tout en faisant des concessions sur certains points, notamment sur la réalisation de la ligne 18 du Grand Paris Express.

Cette union n’aura pas eu l’effet escompté pour les sympathisants de gauche. En effet, la droite s’octroie la Région lors de ce second tour, sur un score serré. Au niveau départemental, la droite est aussi en tête, mais avec une infime avance. Seulement 10 voix séparent au final les deux camps.

Valérie Pécresse et son équipe s’installe donc aux commandes de l’Ile-de-France pour les six prochaines années. Une équipe au sein de laquelle deux Essonniens sont mis en avant. Stéphane Beaudet hérite de la vice-présidence en charge des transports, tandis que la centriste Faten Hidri est nommée en charge de l’enseignement supérieur.

Bref, carton plein pour la droite en cette année 2015.

Nos rétros 2015 :