En visite à l’Ecole Polytechnique, le président de la République du Sénégal Macky Sall s’exprime sur la question de la crise climatique, alors que se tient à Paris la COP21. Il prône un nécessaire développement durable pour le continent africain.

Macky Sall

Macky Sall à l’Ecole Polytechnique le 2 décembre dernier (JM/EI)

Le président du Sénégal était présent au sein de Polytechnique la semaine dernière, pour officialiser des accords de partenariat entre la prestigieuse école et l’université Cheikh Anta-Diop de Dakar, ainsi qu’avec plusieurs classes préparatoires aux grandes écoles, pour des étudiants boursiers. Il a aussi donné une conférence devant des personnalités et élèves de l’école située sur Palaiseau sur le thème : « Economie du savoir, économie verte, économie partagée. Les nouveaux vecteurs de la croissance en Afrique ».

Il faut dire que la thématique était toute trouvée, alors que Macky Sall participait comme plus de 150 chefs d’Etat à l’ouverture de la conférence climat de Paris. Le président de la République du Sénégal a partagé sa vision de l’actualité, fortement marquée par les tueries parisiennes, plaidant au passage pour « l’humanité, quand certains prônent le choc des civilisations et d’autres s’évertuent à le mettre en oeuvre ». Selon lui il faut plutôt « surmonter nos préjugés, vaincre nos peurs, et partager la passion du vivre-ensemble ».

Un message qu’il a voulu illustrer de plusieurs exemples marquant liés à sa propre expérience et à différentes situations vécues en Afrique, renvoyant ainsi vers les enjeux liés à la crise climatique : « il y a une relation presque dialectique entre le changement climatique et le développement du terrorisme », citant le lac Tchad qui n’est plus réduit qu’à 10% de sa superficie en 50 ans, « ce qui favorise les activités criminelles dans la région comme celles de Boko-haram ». Les enjeux se situent en effet pour Macky Sall dans le développement local pour les populations, ce qui limiterait aussi les raisons qui poussent beaucoup à migrer, ne trouvant plus de moyens de subsistance.

Là se trouve tout le défi que doit relever l’Afrique à ses yeux, à l’heure de choix décisifs que s’apprête à prendre la communauté internationale concernant la lutte contre le changement climatique. Macky Sall donne son point de vue à Essonne Info sur ce que le continent doit attendre de la cette COP21.

Macky Sall se dit confiant sur la signature d’un accord équitable et global, qui doit aussi débloquer des financements pour accompagner les pays les plus pauvres vers les énergies propres : « nous voulons que cet argent serve à financer, sur le terrain, les énergies renouvelables » indique-t-il. Le président sénégalais voit plusieurs atouts pour le continent dans son développement futur, et en premier lieu l’exploitation du solaire, « une source d’énérgie permanente, car nous ne manquons pas d’ensoleillement. Le défi c’est le stockage ».

Il a aussi insisté sur le besoin de « restaurer les écosystèmes » pour que les populations puissent vivre sans devoir quitter leur communauté, et s’est dit en faveur de l’établissement d’une trame verte le long du Sahara pour sauver plusieurs régions de la désertification et de ses conséquences.