À quelques jours du second tour des élections régionales, les listes ont maintenant été officialisées. Si les listes de Valérie Pécresse et de Wallerand de Saint-Just demeurent inchangées en Essonne, le PS a quant à lui fusionné avec les écologistes et le Front de Gauche. Une union rendue possible grâce à certaines concessions.

Ça y est, les tractations en vue du second tour des élections régionales sont maintenant terminées. En effet, les trois listes qualifiées pour le scrutin du dimanche 13 décembre avaient jusqu’à ce mardi soir pour déclarer tout ajustement ou toute fusion. La liste Les Républicains-UDI-MoDem de Valérie Pécresse, celle conduite par le Parti socialiste de Claude Bartolone ou encore celle du Front National de Wallerand de Saint-Just étaient directement concernées par ces stratégies. Car oui, ces dernières pouvaient être amenées à fusionner avec toutes listes ayant dépassé les 5% lors du premier tour.

À gauche, on fusionne…

C’était un rapprochement que tout le monde à gauche plébiscitait et qui s’est finalement officialisé peu de temps après les résultats du premier tour. La liste portée par Claude Bartolone fusionne ainsi avec celle des écologistes et celle du Front de Gauche. Une fusion qui provoque de nombreux bouleversements dans l’ensemble des huit listes présentes sur la région. Toutefois, ce remaniement est salué par les trois camps. « Il n’y a aucune surprise, lance l’écologiste Jacques Picard qui a intégré cette liste en neuvième position. C’est une question de raison ». Pour Hella Kribi-Romdhane, candidate socialiste sur la liste du 91 et vice-présidente à la Région, « c’est de toute évidence très positif. Cela s’inscrit dans la continuité de ce que nous faisons au Conseil régional depuis plusieurs années maintenant », explique-t-elle en faisant référence à cette majorité plurielle qui administre l’Île-de-France.

Il y a donc eu du panachage entre ces trois listes. Cinq candidats écologistes et quatre militants du Front de Gauche ont trouvé leur place dans cette liste d’union. Si la quasitotalité de ces candidats sont des Essonniens, quelques noms non présents sur les listes du 91 au premier tour sont toutefois venus se rajouter. Deux pour être plus précis. Il s’agit de Raquel Garrido pour le Front de Gauche et de Corinne Rufet, initialement chef de file dans le 92 et troisième de la liste EELV à Paris lors du premier tour. « Ce sont les règles de la proportionnelle, c’est assez fréquent dans le cadre des élections régionales, réagit François Damerval, ancienne tête de liste des écologistes en Essonne. Il faut qu’il y ait autant d’hommes que de femmes », poursuit celui qui a dû céder pour cette raison sa place à la conseillère régionale Corinne Rufet.

04

Le maire (FdG) de Grigny Philippe Rio, ici au dépouillement du 1er tour, a finalement laissé sa place au second tour (JM/EI)

Finalement transféré dans les Hauts-de-Seine, l’ancien chef de file d’EELV François Damerval poursuit l’aventure, à l’inverse de la tête de liste du Front de Gauche en Essonne, Philippe Rio. Celui-ci a ainsi choisi de se retirer de la course au Conseil régional. « C’est une décision personnelle, mais aussi un choix collectif que de laisser la place à Lamine Camara, un jeune de 35 ans issu du milieu associatif. Trois mandats pour moi auraient été humainement impossibles, je préfère me consacrer à mon mandat de maire », confie Philippe Rio.

… et on fait des concessions

Toutefois, l’union a un prix : celui des concessions programmatiques. Car bien que ces trois mouvements collaborent depuis de nombreuses années dans la majorité régionale, toutes leurs propositions n’étaient pas concordantes, loin de là. Afin de permettre la mise en place de ce rassemblement, un accord programmatique entre ces trois courants a été signé peu après le premier tour.

Cet accord permet ainsi de lever le voile sur un dossier bien particulier sur lequel les propositions divergeaient. Il s’agit de la question de la Ligne 18 du Grand Paris Express. D’un côté, les socialistes défendaient la création du métro de Massy jusqu’à Versailles en passant par le Plateau de Saclay, tandis que le Front de Gauche et les Verts y étaient formellement opposés. Ces derniers souhaitaient la mise en place d’infrastructures plus légères sur le Plateau, du type tramway. Et c’est finalement eux qui ont eu gain de cause avec la signature de cet accord. « Il a été conclu que le métro en aérien ne se ferait pas sur les terres du Plateau. Il devrait bien y avoir un métro entre Massy et la commune de Saclay en souterrain, mais après cela passerait en infrastructures légères. C’est un compromis qui résonne comme une première victoire pour nous, en attendant peut-être plus dimanche », affirme Jacques Picard, d’EELV. « Pour continuer à travailler ensemble, il fallait trouver un consensus à l’échelon régional », résume Hella Kribi-Romdhane.

Le PS a donc dû se plier à cette demande pour sceller leur union. Un rassemblement qui en fait saliver plus d’un. Car derrière tout cela, il y a notamment « l’envie de faire un report de voix intéressant, avoue Philippe Juraver, militant du Front de Gauche et membre de cette liste d’union. Ensemble, nous disposons d’une réserve de voix plus importante que celle de la droite. Personnellement, je crois que nous pouvons conserver la Région ». Une vision partagée par beaucoup à gauche.

À droite, on prend les mêmes et on recommence

De l’autre côté de l’échiquier politique, la pression à l’approche du second tour est aussi là. « Il y a un report de voix qui est plus important pour la gauche, mais tout n’est pas perdu pour nous, loin de là », estime Stéphane Beaudet, le leader de la liste essonnienne conduite par Valérie Pécresse. Ce dernier reconduit ainsi la liste du premier tour construite autour d’une alliance réunissant Les Républicains, l’UDI et le MoDem.

Plus à droite encore, la logique de la conservation de l’effectif initial prône également pour le Front National. « Nous repartons toujours aussi confiants avec les mêmes personnes qu’au premier tour. Nous ne nous livrerons pas à des tambouilles politiciennes », garantit Audrey Guibert, la chef de file frontiste 91.

Outre le fait de miser sur leurs acquis, les deux listes font un appel du pied aux électeurs de Nicolas Dupont-Aignan, bien que ce dernier ait déclaré que « toute fusion était exclue » et qu’il « ne donnait pas de consignes de vote à ses électeurs ». « Nous appelons les Essonniens au sens large, poursuit Stéphane Beaudet. Toutefois, traditionnellement, 80 % des votes de Nicolas Dupont-Aignan nous sont favorables. Voilà qui devrait resserrer l’écart entre la gauche et nous. Nous pouvons rafler la région à la gauche ». Le FN en appelle aussi aux électeurs au sens large, avec une mention particulière aux votants souverainistes qui ont apporté leur soutien à NDA. « Nous proposons un programme qui va dans ce sens », conclut Audrey Guibert.

Bref, c’est maintenant aux citoyens de parler. Ce dimanche 13 décembre au soir, nous y verrons plus clair sur la couleur de la prochaine majorité. Cela se déroulera dans un contexte particulier, soit un mois tout juste après les terribles attentats parisiens.

Liste Claude Bartolone (PS)

1. Carlos Da Silva (PS)
2. Corinne Rufet (EELV)
3. Olivier Thomas (PS)
4. Hella Kribi-Romdhane (PS)
5. Jean-Vincent Placé (UDE)
6. Loubna Méliane (PS)
7. Lamine Camara (FdG)
8. Elise Lowy (EELV)
9. Jacques Picard (EELV)
10. Raquel Garrido (FdG)
11. Hicham Affane (PS)
12. Sabine Nagel (PS)
13. Patrice Sac (PS)
14. Ophélie Guin (PS)
15. Amir Ben Merzoug (PS)
16. Moragne Caradec (PS)
17. Philippe Camo (FdG)
18. Hatouma Doucouré (PS)
19. Zine-Eddine M’Jati (EELV)
20. Marie-Pierre Digard (EELV)
21. Nicolas Fouque (PS)
22. Adélaïde Itey (PS)
23. Philippe Juraver (FdG)
24. Adolé Quaye Ankrah

Liste Valérie Pécresse (LR – UDI – MoDem)

  1. Stéphane Beaudet (LR) – élu sortant
  2. Faten Hidri (UDI) – élue sortante
  3. Grégoire de Lasteyrie (LR)
  4. Aurélie Gros (LR)
  5. Jean-Philippe Dugoin-Clément (UDI)
  6. Marianne Duranton (UDI)
  7. Jean-Raymond Hugonet
  8. Sylvie Carillon (LR)
  9. Gérard Hébert
  10. Isabelle Perdereau
  11. Jean-Francois Vigier
  12. Sandrine Lamiré-Burtin (Modem)
  13. Robin Reda (LR)
  14. Mathy Kenya (LR)
  15. Nicolas Samsoen (UDI)
  16. Nadège Achtergaele (LR)
  17. Eric Breton
  18. Jocelyne Guidez
  19. Joseph Delpic
  20. Janique Marlin (LR)
  21. Gabriel Cruzillac (LR)
  22. Johanna De Sousa (LR)
  23. Mokhtar Sadji (Modem)
  24. Sandrine Gelot-Rateau (LR)

Liste Wallerand de Saint-Just (FN)

  1. Audrey Guibert
  2. Aurélien Legrand
  3. Vanessa Juille
  4. Franck Beeldens-Da Silva
  5. Valérie Girard
  6. Cédric Giraud
  7. Sophie Legoff
  8. Alain Buffle
  9. Nancy Demette
  10. François Wary
  11. Danielle Oger
  12. André Donzeau
  13. Catherine Morin
  14. Claude Stillen
  15. Suzanne Petit
  16. Jean Perry
  17. Eveline Cuvelier
  18. Pascal Sevestre
  19. Isabelle Rossignol
  20. Gaël Fouilleul
  21. Françoise Walbecq
  22. Maxime Mangeot
  23. Lydie Degrelle-Kerloch
  24. Thierry Denis