Le cinéma est un milieu très fermé. Pour tous les réalisateurs, acteurs et techniciens de ce domaine, il est difficile d’y faire sa place et peu d’entre eux peuvent espérer y entrer. L’association 1000 VISAGES, elle, veut insuffler une dynamique plus ouverte au cinéma français.

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L’association 1000 VISAGES a, depuis sa création, toujours voulu aider les jeunes de banlieue à intégrer le milieu cinématographique. Que ce soit en tant que réalisateur, acteur ou encore monteur, le milieu du cinéma n’est pas un monde facile et accessible à tous. C’est pourquoi, ce jeudi 10 décembre à 18h, 1000 VISAGES organise une soirée pour montrer les jeunes talents qu’ils ont pu débusquer et suivre par le biais de leur association. Ces jeunes, issus de banlieue, sont parvenus à percer le milieu dans divers domaines, certes, mais avec la même envie de réussir. Ainsi, durant cette soirée, seront projetés différents films réalisés par ces jeunes ainsi que leurs témoignages pour expliquer l’accompagnement fait par l’association mais aussi leur parcours. « On veut donner une impulsion et une base à ces jeunes pour qu’ils puissent connaitre le milieu cinématographique » explique Alicia Trouvé, chargée de communication de l’association 1000 VISAGES. « C’est un réseau qui reste très fermé. Alors, nous leur donnons l’expérience et les clés de ce milieu pour leur en faire profiter ».

Une association qui aide les jeunes

L’association 1000 VISAGES a vu le jour en février 2006. C’est Uda Benyamina, réalisatrice, scénariste et comédienne qui fonde cette association. A l’époque, il est difficile pour elle de démarrer dans ce milieu. « Il est vrai que les jeunes de banlieue peuvent avoir du mal à s’intégrer du fait que ce soit un domaine très difficile à pénétrer » poursuit Alicia Trouvé. Pour contrer le manque de moyens et de réseaux, l’association veut faire partager ses expériences aux jeunes. Après le succès de Uda Benyamina, l’association a changé de direction et a commencé à aider les jeunes pleinement. « Nous organisons des tournages pédagogiques pour qu’ils puissent comprendre le fonctionnement d’un film » confie Alicia Trouvé, « ainsi, ils sont présents de la conception du scénario à la présentation au festival pour suivre toutes les étapes d’un film ». Une action qui s’avère plutôt utile puisque ces jeunes peuvent bénéficier de ces moyens et sont encadrés par des professionnels. « Nombreux de nos jeunes suivent maintenant un beau parcours. Notamment au Conservatoire National d’Art Dramatique ou La Fémis » poursuit-elle.

Mais l’association ne s’arrête pas à l’accompagnement des jeunes. En effet, elle intervient en milieu scolaire pour sensibiliser les plus petits au domaine cinématographique. A travers différents ateliers cinéma, l’association fait émerger le talent de jeunes qui sont éloignés de ce domaine pour des raisons sociales, économiques ou territoriales. Chacun peut ainsi saisir sa chance pour trouver une voie dans ce milieu très restreint et peu ouvert. Plusieurs films sont tournés au fil des années et présentés lors de festivals. Une véritable aubaine pour ces jeunes qui peuvent y découvrir beaucoup. « On leur montre l’ensemble du métier. Pas seulement tenir une caméra mais aussi être acteur, monteur, technicien… »

« Je Filme Mon Quartier »

C’est jeudi 10 décembre à 18h au Centre Sidney Béchet à Grigny que se tiendra une soirée pour présenter ces jeunes talents essonniens. Leurs films ont, d’ailleurs, fait le tour des festivals et ont été récompensés. Kahina Asnoun a été sélectionnée au niveau régional du festival « Paris Courts Devant » pour son film « Inès tu vas où? ».

En plus de la présentation de divers films, le public pourra découvrir un nouveau projet : « Je Filme Mon Quartier ». « C’est un nouveau dispositif qui va permettre à des jeunes de montrer leur vision de leur quartier, où ils vivent et la manière dont ils vivent au quotidien » explique Alicia Trouvé. « Il existe beaucoup de documentaires ou d’articles concernant la Grande Borne à Grigny, par exemple, et il est vrai que c’est parfois très stigmatisé. En développant ce nouveau projet, on donne l’occasion aux jeunes de donner leur propre vision ». De plus, ces ateliers sont ouverts à tous les habitants des quartiers, pas seulement aux  jeunes, ils s’adressent au public par le biais des acteurs locaux présents sur le territoire tels que les associations, les acteurs sociaux ou encore les agents de la collectivités.Les jeunes que l’association 1000 VISAGES suivent et aident peuvent apprendre beaucoup de ces expériences à travers la découverte du milieu cinématographique. « On leur donne des pistes, on les aide car ils n’ont pas le même milieu social et culturel que ceux du monde du cinéma » affirme Alicia Trouvé. Cette association donne une belle opportunité mais aussi de bons moyens à des jeunes pour entrer dans le cercle très fermé du cinéma.