A l’issue du premier tour des élections Régionales, les listes de Valérie Pécresse virent en tête sur l’Ile-de-France, devançant celles de Claude Bartolone de 5 points (30,51% contre 25,19%). Les scores sont plus serrés en Essonne avec seulement 1000 voix d’écart. Le FN pointe en troisième position (18,41%, en Essonne 22%) et fera figure d’arbitre au second tour.

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Le scrutin des Régionales en Ile-de-France s’annonce plus serré que jamais. La candidate LR-UDI-Modem Valérie Pécresse sort en tête au premier tour au niveau régional, devant le candidat des socialistes Claude Bartolone. Le FN grimpe pour sa part à plus de 18%. Suivent les listes EELV d’Emmanuelle Cosse (8,03%), Celles du Front de gauche de Pierre Laurent (6,63%) puis Debout la France, avec Nicolas Dupont-Aignan (6,57%). En Essonne, les deux candidats arrivés en tête ne sont séparés que de 0,3 points, puisque la candidate de la droite réalise 86 839 voix, soit 23,88%, et le candidat PS 85 681 voix, soit 23,56%.

Le Front national obtient pour sa part un score supérieur en Essonne par rapport à l’ensemble de l’Ile-de-France, avec 22% des suffrages, et 79 991 électeurs. Ce qui le situe toutefois en deçà de ses scores aux élections départementales (81 082 voix et 22,71%). Il se place ainsi en tête dans pas moins de la moitié des communes essonniennes (lire notre article). Le parti frontiste augmente en tout cas considérablement ses voix par rapport à 2010 (32 169 voix, 9,68%). L’abstention atteint quant à elle 52,32% sur le département, soit une participation supérieure de 2 points par rapport au scrutin de 2010 (54,75% d’abstention au premier tour). Une abstention qui reste forte en représentant le plus gros contingent d’électeurs (lire notre reportage).

« Je suis assez satisfait du résultat de notre liste. Nous sommes en bonne position pour opérer le changement » se réjouit Grégoire de Lasteyrie, maire (LR) de Palaiseau et troisième de la liste de Valérie Pécresse en Essonne. A gauche, on note que le total des voix de gauche (PS avec écologistes et Front de gauche) est supérieur aux voix de droite, et on se montre confiant pour le second tour : « si toute la gauche se rassemble, nous pouvons conserver la Région » a déclaré le tête de liste PS 91 Carlos Da Silva. Avec un score de 8,03 (7,13% en Essonne), Europe Ecologie-Les Verts pourraient amener une réserve de voix pour Claude Bartolone. « Nos résultats sont en retrait par rapport à 2010, mais cela n’est pas comparable. C’était une année exceptionnelle » analyse François Damerval, le chef de file écologiste en Essonne.

Ils font le plein à domicile

Le PS devra aussi s’allier avec le Front de gauche, qui obtient 6,63% et 5,92% en Essonne. C’est à Grigny, ville dont le maire Philippe Rio est tête de liste en Essonne, que le FdG fait son meilleur score avec 30,07% des suffrages. « Il y aura indéniablement un avant et un après 13 novembre, ça sera long pour s’en remettre » juge l’édile, qui assure que sa liste fusionnera bien avec celle du PS : « les discussions ont commencé, elle aboutiront ». Candidat citoyen, l’adjoint au maire de Massy Dawari Horsfall fait pour sa part son meilleur score dans sa commune, s’adjugeant 457 voix, soit 3,8%. « On représentait une alternative avec peu de moyens, peu de visibilité, c’est quand même un bon résultat » confie-t-il.

De son côté, s’il n’est pas présent au second tour de ces élections régionales, le pari est presque rempli pour Nicolas Dupont-Aignan et ses troupes. Le maire de Yerres a réussi à obtenir 13,22% des voix au niveau départemental, devenant ainsi le quatrième parti de ces élections en Essonne juste derrière l’union de droite, le Parti socialiste ou encore le Front National. « Je trouve que c’est très bon résultat », résume-t-il. Tout particulièrement en Essonne. En effet, NDA y réalise ses meilleurs scores en dominant les débats dans sept communes. La majeure partie d’entre elles se situent à proximité du fief qu’il s’est constitué dans la vallée de l’Yerres. Outre sa commune de Yerres où il obtient 53,44%, le leader de Debout La France se place en première position à Brunoy, Quincy-sous-Sénart, Crosne, Vigneux ou encore Montgeron. Dans cette dernière, il réalise le double du score de la maire actuelle, Sophie Carillon, présente sur la liste aux côtés de Valérie Pécresse. Mieux encore, le candidat s’exporte dans le Sud-Essonne, du côté de Moigny-sur-Ecole. Ici, NDA réalise plus de 35% des voix dans la commune de Pascal Simonnot, numéro 3 sur la liste 91. « Vu le contexte particulier, nous sommes assez contents du résultat », ajoute Nicolas Dupont-Aignan.

Place au second tour

Avec son score honorable dépassant les 6% au niveau régional, NDA est au centre de nombreuses convoitises. Certains lui font déjà de l’appel du pied en vue du second tour. « J’appelle les électeurs de Nicolas Dupont-Aignan à voter Front National, car nous sommes les seuls qui proposons un projet alternatif », insiste Audrey Guibert, tête decliste 91 pour le FN. Du côté des Républicains, on préfère ratisser plus large. « J’appelle tous les Essonniens à s’unir derrière Valérie Pécresse pour apporter du changement à la Région », assure François Durovray, le Président du Conseil départemental. « Il risque d’y avoir une ‘droitisation’ du message de Pécresse pour récupérer l’électorat de NDA, lance François Damerval, tête de liste EELV. Une droitisation qui pourrait lui faire perdre les élections ».

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Des commentaires qui laissent pantois celui qui est encore le maire de Yerres. « Je ne suis pas à vendre et mes électeurs non plus », clame Nicolas Dupont-Aignan qui se réunit avec les cadres de son parti ce lundi 7 décembre pour évoquer la suite à donner à sa campagne. Le chef de file de DLF ne devrait pourtant pas donner de consignes de vote.

A droite, d’autres voix que celles collectées ce dimanche seront nécessaires pour remporter la région. Toutefois, l’équation est sensiblement la même pour la gauche. « Désormais, il faut l’union de toute la gauche et des écologistes pour y arriver », analyse François Damerval. Des propos que relaient Hella Kribi-Romdhane, deuxième sur la liste socialiste et vice-présidente sortante de la Région. « Ce sont des résultats globalement positifs. Avec une bonne dynamique de rassemblement, nous pouvons conserver la région ». « Pas sûr ! », affirme Grégoire de Lasteyrie, candidat sur la liste de Valérie Pécresse. « Ce n’est pas en faisant l’addition du premier tour qu’on obtient les résultats du second, indique ce dernier. La gauche unie, ce n’est que sur le bulletin. Une fusion des listes imposera pour certains de faire des concessions sur une partie de leur projet. Pour la Ligne 18 du Grand Paris Express, les socialistes sont pour, alors que les écologistes et le Front de Gauche sont opposés au projet ». « Le rassemblement implique quelques consensus, mais je n’ai aucun doute là-dessus, nous arriverons à nous entendre comme nous le faisons depuis plusieurs mandats déjà », rétorque Hella Kribi-Romdhane.