Les services de l’Etat indiquent qu’à ce jour, 67 perquisitions administratives ont eu lieu en Essonne, sur la base de la loi sur l’état d’urgence. Pour le moment, celles-ci ne semblent pas conduire à des procédures judiciaires liées au terrorisme.

Ce vendredi, la préfecture du département a finalement donné quelques informations sur les répercussions de l’application de l’état d’urgence en Essonne. Outre la mise en place par arrêté d’une « zone de protection ou de sécurité » sur le Plateau de Saclay (lire notre article), en vue d’empêcher les rassemblements prévus des militants pro-climat à l’approche de la COP21, on en sait un peu plus sur les dispositions d’exception sur notre territoire.

Les services du préfet indiquent ainsi que « depuis l’instauration de l’état d’urgence jusqu’à ce jour, 67 perquisitions administratives se sont déroulées en Essonne », en précisant qu’elles ont concerné principalement des « domiciles privés et leurs annexes (garages, caves,…) ». Toutes les parties de l’Essonne sont concernées puisque la préfecture parle de perquisitions « aussi bien en zone de compétence police nationale que gendarmerie nationale ».

Si « aucune communication n’est possible pour l’heure » concernant les assignations à résidence ajoute la préfecture, « plusieurs procédures judiciaires » sont entamées suite à ces opérations. « La première semaine post attentats, il y a eu 5 ou 6 perquisitions par jour. Le rythme a quelque peu baissé la semaine dernière, passant à 3 ou 4 par jour », raconte le procureur de la République d’Evry, Eric Lallement. Selon lui, « ces perquisitions ont donné lieu à des procédures d’enquête sur quelques personnes qui détenaient soit des stupéfiants, soit des armes. Mais cela reste un nombre dérisoire sur le total », concède-t-il.

Jeudi matin dernier, par exemple, ce sont les locaux de l’ONG islamique Baraka City, situés à Courcouronnes, qui ont eu la visite d’agents de police, dans le cadre d’une perquisition administrative. Sur l’ordre de mission du préfet, on peut lire les motifs de l’opération : « il existe des raisons sérieuses de penser que se trouvent des personnes, des armes ou des objets liés à des activités terroristes » dans les locaux visités. Ce qui révolte le président de l’association Idriss Sihamedi, qualifiant cette perquisition de « mascarade. En plus ils ne sont restés que 20 minutes, ils sont venus sur ordre mais ils savaient qu’il n’y avait rien ici, on est victimes d’une folie politique ».

Cette perquisition « pour la forme » était en tout cas attendue par les bénévoles de l’ONG, qui se savent dans les radars des autorités. « On savait qu’ils viendraient nous rendre visite, d’ailleurs les agents ont été très gentils et tout s’est très bien passé » raconte un membre. Plus largement, les perquisitions menées en Essonne ne semblent pas avoir débouché sur énormémement de résultats. « Cela n’a pas donné grand-chose », reconnaît une source policière. Un responsable syndical précise : « il arrive que durant ces perquisition nous trouvions des choses qui n’ont rien à voir avec l’état d’urgence, mais qui méritent tout de même l’ouverture d’une enquête. A priori, les premiers résultats de ces opérations semblent aller dans ce sens ».

Les services de l’Etat ajoutent qu’ « un individu en situation irrégulière sur le territoire national a été interpellé au cours d’une de ces perquisitions et fait l’objet d’une procédure de reconduite à la frontière ». En résumé, a priori pas de potentiel terroriste arrêté en Essonne. Les opérations continuent pour leur part, alors que l’état d’urgence doit se poursuivre sauf changement jusqu’en février prochain.