Le conseil d’agglomération des Portes de l’Essonne statuera ce soir sur la demande d’adhésion de la commune d’Ablon-sur-Seine (94). La ville pourrait rejoindre Athis-Mons, Juvisy-sur-Orge et Paray-Vieille-Poste.

  • Photo : Mairie d’Ablon-sur-Seine dans le Val-de-Marne.

Ablon-sur-Seine (94) et ses 5 155 habitants deviendront-ils la quatrième entité de la Communauté d’Agglomération des Portes de l’Essonne ? Ce soir, à l’occasion d’un conseil communautaire exceptionnel, les élus des villes d’Athis-Mons, Juvisy-sur-Orge et Paray-Vieille-Poste, examineront la demande d’adhésion de la ville val-de-marnaise aux Portes de l’Essonne.

« L’élargissement des Portes de l’Essonne anticipe sur la réforme des périmètres intercommunaux »

« La démarche obéit à une logique de territoire et de projet » dans laquelle Ablon-sur-Seine et les Portes de l’Essonne « partagent la même vision d’un territoire à la charnière de la petite et de la grande couronne », écrit la Communauté d’Agglomération dans un communiqué. Joint par téléphone, le maire (PS) d’Ablon-sur-Seine, Jean-Louis Cohen, estime que sa commune est « isolée » et sans véritables ressources fiscales. Une adhésion aux Portes de l’Essonne lui permettrait de trouver « tous les outils de solidarité financière » en « espérant demain, pouvoir faire le lien entre le Val-de-Marne et les Portes de l’Essonne autour du pôle d’Orly et de Rungis ».

Pour la Communauté d’Agglomération des Portes de l’Essonne, comme pour la mairie d’Ablon-sur-Seine, cette décision d’adhésion « anticipe la réforme des périmètres intercommunaux » et s’inscrit dans un « territoire vécu » . « Une partie des habitants du nord d’Athis-Mons font leurs courses ou scolarisent leurs enfants à Ablon » précise le communiqué de l’agglomération.

« Je trouve cela dommage »

De son côté, le député-maire (UMP) de Villeneuve-le-Roi (94) regrette la décision de son voisin ablonnais. « C’est vraiment dommage et pour le moins étrange » nous confie Didier Gonzales, pour qui les deux communes font « partie du même canton, du même département et ont les mêmes problématiques ». Une décision qu’il juge pour le moins incompréhensible, vu que « nous avons la chance de ne pas être », contrairement aux communes de l’Essonne, « sous la pression d’un calendrier » quant à la question intercommunale. Villeneuve-le-Roi et Ablon-sur-Seine ne font parti pour le moment d’aucunes intercommunalités.

Pour Didier Gonzales, le choix d’Ablon-sur-Seine est dicté par des « affinités politiques », alors que « l’intercommunalité n’est pas que question de clivage » entre la gauche et la droite. « Les Portes de l’Essonne soutiennent le développement de la plateforme aérienne d’Orly, le maire d’Ablon-sur-Seine devra s’en expliquer » déclare de député du Val-de-Marne, pour qui les deux communes disposent de tous les inconvénients d’Orly, sans en avoir les avantages économiques et financiers. Un constat partagé également par Jean-Louis Cohen qui estime cependant faire le bon choix pour garantir les intérêts de sa commune. De son côté, le Conseiller général (MRC) du canton de Villeneuve-Ablon, Daniel Guérin, estime qu’il n’est pas souhaitable « de rester dans une situation de blocage. Ablon-sur-Seine a besoin de rentrer dans une agglomération ».

Le dossier sera dès demain entre les mains des préfets de l’Essonne et du Val-de-Marne, qui devront donner leur accord quant à l’entrée d’Ablon-sur-Seine au sein de la Communauté d’Agglomération des Portes de l’Essonne. La préfecture de l’Essonne fera savoir sa position dans les semaines à venir. En 2004, la ville de Wissous avait demandé son adhésion aux Portes de l’Essonne – Wissous faisant partie avec Antony (92), de la Communauté d’Agglomération des Hauts de Bièvres – « mais elle avait été refusée par la préfecture des Hauts-de-Seine », rappelle François Garcia, président des Portes de l’Essonne et maire (PS) d’Athis-Mons.