Ce mardi, alors que la pluie, le froid, et la nuit sont tombés sur le terrain d’entraînement du RCME, les visages semblent marqués par l’effort. Au menu du jour, une séance d’une heure pour parfaire les stratégies offensives de l’équipe. Samedi, 18h, les rugbymen massicois accueilleront Valence d’Agen au Stade Jules Ladoumègue. Et si le club compte déjà sept victoires en autant de matchs, il était bien difficile d’entrevoir un tel rayon de soleil il y a encore quelques mois. Petit retour avec Stéphane Gonin, l’entraîneur des 3/4 , sur ce début de saison du RCME qu’il juge « encourageant mais pas suffisant »

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Essonne Info : Didier Faugeron est arrivé en fin de saison dernière pour tenter de sauver le club. L’objectif a été manqué. Comment arrive-t-on aussi rapidement à passer d’un objectif à l’autre ?

Stéphane Gonin : Effectivement, en fin de saison on n’a pas réussi à gagner ces quelques matchs qui nous auraient sauvés. Mais en fait on a rapidement basculé dans l’objectif que nous avait proposé le président. Il était clair. Il nous faisait confiance qu’on soit en Pro D2 ou en Fédérale 1. Donc pour nous, une fois redescendus, il était évident qu’il fallait rebâtir une équipe, retrouver des hommes en qui on pouvait avoir confiance pour pouvoir remonter dès cette année.

Il y a donc eu beaucoup de départs, pas mal d’arrivées. Comment s’est déroulé le réaménagement de l’équipe ?

En fait on a gardé un tiers des joueurs de l’an dernier. Des joueurs qui nous semblaient essentiels comme Christophe Dessassis, le capitaine. On a intégré ensuite un tiers des jeunes. Faisant partie du club depuis longtemps, c’était quelque chose qui était dans la logique pour moi. Didier (Faugeron) qui s’occupait des moins de 19 et des moins de 20 ans était aussi dans la logique de faire jouer des jeunes. Et ensuite on s’est renforcés avec un tiers de recrues. Avec des gens d’expérience comme Orquera qui est une plus-value importante tant au niveau du poste de numéro 10 qu’au niveau de son expérience en général. Mais aussi des jeunes joueurs venus de l’extérieur qui n’ont pas eu leur chance en Top 14 ou en Pro D2, qui ont tout de suite voulu relever le challenge dans ce club qui a de l’ambition. On a donc pu avoir des joueurs comme Geoffrey Sella, Baptiste Delage ou encore Benjamin Dumas. Tous ces joueurs qui sont aujourd’hui des titulaires en équipe une et qui reviennent avec un gros esprit de jeu puisqu’ils ne jouaient quasiment plus au rugby, ils ne faisaient que s’entraîner.

Dans cette équipe de Massy on a toujours eu cet esprit de groupe, de famille. Est-ce que malgré les nombreux changements on a toujours cet esprit là ?

Je pense que l’équipe vit encore mieux cette année que l’année dernière. C’est toujours plus facile de vivre dans la victoire que dans la défaite. En fin d’année dernière c’était un peu plus compliqué. Cependant cette année le championnat fait qu’on ne peut pas laisser de points en route. Donc c’est vrai que parfois c’est aussi compliqué dans la gestion du groupe, on a beaucoup de jeunes et au final, très peu de matchs. Tout le monde veut jouer, ce n’est pas si évident que ça de pouvoir faire tourner notre effectif, notamment derrière où on a un peu plus de monde.

« Pas de match référence »

Début de saison positif, 7 victoires en 7 matchs, que vous manque-t-il pour être pleinement satisfait ?

Ce n’est pas suffisant parce que le groupe est capable de mieux faire. Aujourd’hui on n’a pas un match référence offensivement et défensivement sur l’ensemble des 80 minutes. Donc aujourd’hui, c’est ce qu’on attend. En défense on a été très bien à Chalons, de même face à Soyaux Angoulême. Mais après il a manqué quelques ambitions sur le plan offensif qui font qu’aujourd’hui on est un petit peu frustrés de nos performances. On a laissé quelques bonus en route alors que l’équipe de Soyaux Angoulême, qui a une défaite, est juste dernière nous puisqu’elle a engrangé des bonus qui nous ont échappé.

Il faut prendre confiance au niveau de l’utilisation des ballons portés qui doivent être une force encore plus importante notamment à l’approche de l’hiver, ça va être encore plus déterminant. Donc il faut prendre confiance sur cet aspect là pour être plus à l’aise et ne pas à chaque fois être menacés par une équipe qui reste finalement toujours dans le match.

Vous dites qu’il n’y a pas encore de match vraiment référence, est-ce qu’il y a quand même une rencontre qui sort du lot par rapport aux autres ?

Oui à Chalons, ou même Angoulême. On est persuadés que si on avait marqués dans les vingt premières minutes les ballons portés, les pénal-touches qu’on a à cinq mètres, on aurait effectivement pu faire beaucoup mieux. Les priver du bonus défensif, et ensuite être plus ambitieux sur le nombre d’essais. Donc on va dire qu’on est rassurés défensivement. Après il nous manque de concrétiser quelques petites occasions pour faire encore plus la différence.

Vous êtes actuellement premier, à un point de Soyaux Angoulême. Le prochain match, c’est samedi face à Valence d’Agen. Comment abordez-vous ce match une semaine avant de vous rendre à Tyrosse pour le deuxième gros choc de ce championnat ?

Toutes les équipes qui viennent ici sont décomplexées. Elles savent que si elles nous battent, ou que si elles parviennent à prendre un point de bonus défensif, ça comptera double pour eux. Prendre des points contre les premiers qui sont encore invaincus c’est peut-être ce qui fera la différence pour eux, soit pour se maintenir, soit pour se qualifier. Et donc ce sont des équipes qu’il ne faut pas prendre à la légère puisque pendant 80 minutes elles vont chercher à jouer. Valence d’Agen c’est une équipe qui produit beaucoup de jeu, qui est intéressante, et qui n’est pas à la place à laquelle elle doit être. Donc il y a une grande méfiance contre toutes ces équipes qui ont peut-être moins d’ambitions sur le papier mais qui sont toutes aussi dangereuses. Il faut vraiment que face à Valence d’Agen on acquiert un capital confiance, qu’on soit persuadés de nos forces pour ensuite aller à Tyrosse et enfin faire ce match référence tant attendu.

Rester invaincu, c’est ça l’objectif ?

Finir invaincu signifierait qu’on est premier ou deuxième national, et oui c’est l’objectif. Cette année il y a six clubs qui sont éligibles pour la montée. Et les premier et deuxième seront qualifiés directement pour faire une demi-finale de montée avec un match aller-retour et le match retour à la maison. Dans la poule de Nevers, ils n’ont pas trop de concurrence donc Nevers devrait terminer à la première place. Et après il y a cette deuxième place qui est très importante parce que sinon le troisième va jouer le sixième en match de barrage, et le quatrième va jouer contre le cinquième. Et les vainqueurs joueront ensuite le premier et le deuxième national avec, du coup, le match retour à l’extérieur. Donc oui, c’est là tout l’intérêt de rester invaincu.