Une enquête publique se déroule jusqu’au 28 novembre sur le Contrat de développement territorial dit de « Paris-Saclay – territoire sud ». Il s’agit à travers une feuille de route de donner une cohérence d’ensemble au projet urbain du cluster.

Il reste une poignée de jours pour participer à l’enquête publique du CDT – comprenez Contrat de développement territorial, et baptisé « Paris-Saclay – Territoire sud ». Quelques mois après un avis défavorable remis pour sa première mouture (lire notre article), ce document qui contient les grands axes de développement des quartiers Moulon et Polytechnique est remis en débat sous forme d’enquête complémentaire. Une réunion était organisée vendredi soir dernier au cinéma Jacques Tati d’Orsay par la commission d’enquête, qui met en place des consultations du dossier d’enquête en mairies ainsi qu’un registre électronique pour déposer des avis, ce jusqu’au 28 novembre prochain.

C’est que le sujet revient sur la table un an après une précédente enquête, qui avait débouché sur 676 contributions du public, des institutions et associations, et un avis général rendu au printemps dernier qui donnait le ton : le CDT « ne présente plus les éléments de pertinence globale, correspondant au contexte social, politique et économique actuel » concluait la commission d’enquête, s’interrogeant au passage sur « l’acceptabilité sociale du projet et sur l’impact sur l’environnement du nouveau programme, dont l’évaluation environnementale n’a pas été faite ».

L’Etat laissait alors entendre que le projet pouvait se poursuivre tout de même, le CDT étant secondaire du fait que « la Nation est à Saclay » selon les mots du préfet de région. Changement de discours à la rentrée septembre. En conférence de presse, le préfet de l’Essonne Bernard Schmeltz annonce la relance du CDT, « car c’est un document de visibilité ». Il pose alors la méthode qu’il souhaite voir appliquée sur cette enquête : « le CDT n’est pas indispensable mais très utile en tant qu’outil de pilotage remanié. On va relancer la concertation, qu’on ne nous reproche pas de ne pas discuter et concerter ».

Plus ou moins de logements selon les zones

Le dossier d’enquête présenté en cet automne a ainsi été modifié, par rapport à certaines remarques et arguments exprimés l’année dernière. Sur la question du logement, une nouvelle répartition est proposée quant aux constructions à venir sur les différents secteurs d’aménagement. Il y aura – 500 logements sur le quartier Polytechnique à Palaiseau (2000 au lieu de 2500 prévus initialement) et le programme urbain des Ulis (inclu dans le CDT) passe de 2000 à 1000 logements. Pendant ce temps, la ZAC Moulon passe de 2000 à 2250 (+250 logements), et Saclay Bourg verra la construction de 700 logements supplémentaires. 200 logements en plus des 1500 prévus au total sur le quartier Camille Claudel sont envisagés en cas de confirmation de la venue d’une gare.

Concernant justement le projet de transports, qui reste sensible pour les habitants du Plateau car le métro 18 doit relier en 2023–2024 Orly au Christ de Saclay par Massy, puis Versailles en 2030, une enquête spécifique se déroulera sur cette question au 1er semestre 2016. L’enfouissement du métro après Saclay et jusque dans le 78 y serait évoquée, comme voulu par plusieurs associations du territoire (lire notre article).

Les débats sont en tout cas plus vifs que jamais à l’occasion de la présentation de ce nouveau CDT, et les positionnements sont divers selon les acteurs du Plateau. « Qu’on soit d’accord ou pas, le CDT nous permet de ne pas rester spectateurs, ces dernières années les aménagements se sont faits de manière disparate, aujourd’hui nous avons besoin de ce cadre et de grandes orientations » juge ainsi le président (LR) de l’agglo et maire de Gif Michel Bournat. Pour sa part le maire de Palaiseau (LR) Grégoire de Lasteryrie est satisfait que « les remarques des maires aient été prises en compte » cette fois-ci, en citant par exemple la baisse du nombre de logements à construire sur sa commune.

Certains y voient aussi l’opportunité d’y inscrire de nouveaux projets. C’est le cas de David Ros, maire (PS) d’Orsay concernant le secteur de Corbeville : « cette zone à définir a été repérée comme secteur possible pour accueillir un village-pavillons de 25 hectares pour l’exposition universelle 2025, il pourra y avoir des études ». Autre son de cloche pour les militants associatifs du territoire, qui reprochent pour la plupart un CDT « quasi bouclé ». Selon Harm Smit du collectif Colos, le CDT « n’a pas tellement évolué. Il a pris en compte les désidératas des communes qui ont changé de couleur politique » lors des municipales de 2014, et ne devrait selon lui « pas être très différent du précédent, on ne peut plus y faire grand chose ».

Plus largement, le sous-dimenssionnement des liaisons de transport est l’argument des opposants à un aménagement trop important, « alors que tout est déjà congestionné, que les établissements arriveront en 2020 et le métro seulement en 2024 » note une responsable associative. Les contributions sur les registres restent en tout cas ouvertes, et chacun, collectif comme particulier, peut amener ses remarques et propositions. Un bilan sera ensuite effectué par la commission d’enquête, avant la remise d’un rapport et d’un nouvel avis d’ici 3 ou 4 mois.