Ecoles, administrations, vie culturelle ou transports : les mesures de sécurité prises en Essonne après les attentats modifient le quotidien de nombreux habitants du département.

L’état d’urgence a été décrété à la suite des fusillades meurtrières survenues à Paris vendredi soir. En région parisienne plus qu’ailleurs, les autorités redoublent de vigilance et ont activé de nouvelles mesures de sécurité, à la suite du plan vigipirate déjà en oeuvre. A Orly, où les passagers et salariés sont habitués à la présence de militaires dans les aérogares, un renforcement de la sécurité a eu lieu, avec la présence de forces de l’ordre supplémentaires, et un regain de contrôles aux départs et arrivées par la police aux frontières.

Les manifestations sur la voie publique sont toujours interdites, avec une prolongation de la mesure jusqu’au 19 novembre, comme dans toute l’Ile-de-France, confirme un arrêté publié par le préfet. Les services de l’Etat enjoignent les communes à mettre en oeuvre des mesures de « protection des bâtiments publics » dont elles ont la charge et de mesurer les risques encourus pour chaque manifestation prévue.

Des projets culturels, notamment ceux impliquant des scolaires, sont remis en question partout dans le département. Certaines villes restreignent ainsi les accès aux écoles et crèches, à l’image d’Evry, tandis que d’autres mesures sont prises dans les collectivités, comme Yerres qui met en place un couvre-feu pour les mineurs de moins de 13 ans. La vie commerciale a également été bousculée ce week-end après l’annonce des attentats. Cela s’est ainsi ressenti dans les galeries et centres commerciaux, tel Évry 2, dont les lieux ne comptaient plus que Carrefour ou la Fnac encore ouverts après 18h. « On n’avait presque pas de clients, tout le monde a commencé à fermer l’après-midi » raconte une vendeuse d’une boutique de mode.

Accès restreint sur le campus de l’Ecole Polytechnique

Les mesures de contrôle d’accès se mettent en place peu à peu dans les administrations, où des agents sont appelés en renfort. Tout comme les lieux culturels qui poursuivent leur programmation, en faisant appel à des société de sécurité. Le monde de l’enseignement supérieur est aussi concerné. Sur différents campus du département, comme celui de l’université d’Evry, étudiants comme personnels doivent montrer une pièce d’identité pour entrer dans les bâtiments et les sacs sont regardés.

Sur le site de l’Ecole Polytechnique à Palaiseau, les accès sont restreints. Il faut désormais montrer patte blanche pour accéder au campus qui comporte outre « l’X », plusieurs écoles d’ingénieur comme l’Ensta. Une seule entrée, côté ouest est ouverte au public sur présentation d’un justificatif. Cette limitation d’accès entraîne ainsi des modifications de desserte car les lignes 91.06 et 91.10 ne traversent plus le site et sont détournées jusqu’à nouvel ordre (lire notre article).

De son côté, le CEA a renforcé son dispositif vigipirate pour son site de Saclay-Saint Aubin. Les accès sont contrôlés et prennent plus de temps qu’à l’accoutumée afin de garantir la sûreté des lieux. Un ensemble de mesures qui pourrait encore prendre de l’ampleur, avec la limitation des événements et la mise en place de contrôles de masse lors des rassemblements publics. Les transports pourraient aussi voir la présence plus nombreuse de policiers et militaires, comme dans les gares d’interconnexion de Massy ou Juvisy.