Le 11 janvier dernier nous aimions croire que « Paris [est] la capitale du monde ». Ce qui n’en fait pas le centre du monde. Beyrout au Liban, Yola au Nigéria, Garissa au Kenya : nous avons pris la mesure ce vendredi 13 au soir, de ce qu’est de vivre avec une menace à la fois invisible et permanente.

Nous nous sommes demandé alors comment nous allions continuer à vivre normalement. Partout, ici comme ailleurs, dans son flot irrésistible et ininterrompu, la vie reprend son cours ce lundi. Nous n’oublierons pas les victimes. A midi, nous observerons une minute de silence, comme dans de nombreux lieux et foyers. Nous n’oublierons pas les victimes, mais nous ne vivrons pas dans l’inquiétude d’en devenir une.

Nous comprenons peut-être mieux aujourd’hui comment vivent ces peuples frappés régulièrement par la folie de quelques hommes. Mais pour les autres, ceux qui restent, c’est la vie obligatoire.

Devant le Bataclan, pour sa première intervention officielle vendredi soir, et alors que la France entière et au-delà écoute, lit, regarde les informations dans la sidération, Anne Hidalgo, Maire de Paris, dit « la douleur qui est la sienne et de tous les parisiens » et assure que « les Parisiens sauront se relever ». Les victimes sont parisiennes, les victimes sont franciliennes, sont françaises, étrangères aussi. Et tous nous sommes touchés et meurtris, et tous nous aurons à nous relever.

A nouveau dans son Histoire, Paris est plus grand que Paris.

Cette ère de l’hyper-communication nous apporte le pire et le meilleur. Ce vendredi ce fut pour le meilleur. Nous avons béni nos smartphones de nous permettre de prendre des nouvelles de nos proches instantanément, pour certains se mettre à l’abri car prévenus en temps réels, lancer des avis de recherche sur les réseaux sociaux, se réconforter avec les pensées venues du monde entier. Et aussi dire son deuil pour pouvoir le faire.

Nous ne tirerons pas dans le dos, nous ne tirerons pas sur des cibles désarmées. Nous voulons regarder en face cet ennemi qui chaque fois frappe et prend la fuite.

Face à l’inconcevable lâcheté de ces « enfants perdus de notre république » pour emprunter une formule d’Edwy Plenel, pour certains originaires de notre département, nous serons plus forts.

  • A écouter sans modération, cette belle chanson de Daniel Balavoine dont les paroles prennent un sens nouveau.
  • Daniel Balavoine – Tous les cris les SOS