Le mouvement de colère de la Maison de santé de Corbeil ne s’essouffle pas. Manque de moyens, promesses « non tenues », conditions de travail : ce lundi soir, une manifestation s’est tenue devant l’établissement pour réclamer plus de moyens et alerter l’opinion publique sur la situation de la MDS. Élus, personnels de santé et Corbeillois ont tenu à rappeler leur attachement à un service de santé de proximité.

Il est 18h30 ce lundi, et le trottoir devant la maison de santé de Corbeil commence à se remplir. Les banderoles réclamant plus de moyens et de meilleures conditions de travail sont toujours là. Dans la petite cour de l’établissement, une sono a été installée, ainsi qu’une petite table où s’empilent des pétitions. Les Corbeillois, qui ont déjà montré leur soutien la veille, au marché, continuent de défiler pour y ajouter leur signature. Une cinquantaine de personnes sont venues à ce rassemblement.

Béatrice, sage-femme à la Maison de santé des Allées, fait partie des professionnels de santé qui ont rejoint le mouvement social. Elle explique les raisons pour lesquelles elle manifeste ce jour-là : « On a une MDS toute neuve et il manque des subventions pour faire les travaux. Nous avons aussi de plus en plus de patients, qui viennent de plusieurs villes : Grigny, Viry… Et dans les populations que nous accueillons, beaucoup sont sous-argentées. Des difficultés en plus. »

Il y a donc plusieurs raisons qui ont provoqué la colère des professionnels de santé et des citoyens concernés de près ou de loin par le sort de la MDS. Un manque de moyens, d’abord. Les professionnels de santé, le fondateur de l’établissement Damien Nicolini et les élus essonniens déplorent le manque de près de 150 000 euros nécessaires à l’achèvement des travaux. Il y a aussi les conditions de travail difficiles dont les médecins et employés de la MDS font l’objet. Parmi les problèmes évoqués ce soir-là : près de 180 000 consultations par an pour 39 professionnels, le problème des remplacements des congés maternité et des indemnisations, « l’absence de toute aide à l’installation ».

« On a le sentiment de ne pas être écoutés par l’ARS et la CPAM », déplore Damien Nicolini. Ces derniers temps, il a multiplié les communiqués pour alerter sur la situation du monde de la santé en Essonne, mais aussi en France, fustigeant « les promesses non tenues » des uns et des autres. De la région, mais aussi du département et de la mairie de Corbeil, qui aurait évoqué il y a un an une aide de 150 000 euros « pour contrecarrer les décisions arbitraires du Conseil régional ».
« On est obligé de refuser des gens. On fait toujours plus d’heures, et beaucoup de choses faites ici ne sont pas rémunérées. »


« La santé n’a pas de couleur politique »

Ce soir-là, quelques élus sont venus se joindre au rassemblement. Parmi eux, Nicolas Dupont-Aignant, qui tient à rappeler « l’intérêt d’une maison de santé pour la santé de proximité, un service qui permettrait, s’il était mené à bien, de désengorger l’hôpital Sud-Francilien de Corbeil ». Robin Reda, jeune maire de Juvisy est venu lui aussi. Venu « en toute humilité, en tant que maire et en dehors de toute campagne », il déplore ce soir là « la désertification médicale » dont certaines villes de l’Essonne font l’objet. Un constat partagé par Bruno Piriou, élu d’opposition (PCF) à Corbeil. Au micro, il rappelle qu’« il y a un an, ça se bousculait pour couper le ruban de la MDS lors de l’inauguration. Ce soir, [les élus] ne sont pas là. » Karl Dirat, maire de Villabé, a fait lui aussi le déplacement. « La MDS doit continuer à fonctionner », plaide ce dernier.

Evoquant son handicap, une Corbeilloise conclut, devant les manifestants : « La santé est l’affaire de tous ».

« Des élus en campagne. D’habitude, ils ne viennent jamais par ici », ironise Azdin Ouis, conseiller municipal de la majorité corbeilloise en parlant des personnalités présentes. Avant d’expliquer que « Serge Dassault pourrait être reçu dès la semaine prochaine par le directeur général de l’ARS, pour évoquer le sujet de la MDS. »

Jointe par Essonne Info, l’ARS ne nous a pas encore confirmé cette information et n’a pas encore réagi aux revendications de la MDS.